
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-161572)
2880 souris vont etre utilisees, toutes tuees a l’issue, dans des procedures classees legeres. Chaque animal recoit une ou deux injections d’agents stimulant les lymphocytes B et T, puis des composes par gavage et par voie intraveineuse, intraperitoneale ou sous-cutanee, avec des prelevements sanguins, avant d’etre tue. Le porteur affirme que les animaux ne developperont ni signe clinique visible ni effet indesirable notoire, la gravite tenant aux manipulations et a la mise a mort. Il qualifie le recours aux modeles animaux d' »indispensable » et s’appuie sur des modeles routiniers, sans detailler les composes testes.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
On dénombre environ 80 maladies immuno-inflammatoires tels que le psoriasis, le sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus et les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. On estime que 5 à 8% de la population mondiale est touchée par une maladie auto-immune, caractérisée par une réponse inadaptée du système immunitaire qui se retourne contre les propres tissus du patient. La physiopathologie des maladies immuno-inflammatoires est complexe car elles impliquent de nombreux facteurs et cellules, dont les lymphocytes (B et T), globules blancs dont le rôle est la défense immunitaire de l’organisme. La synthèse des anticorps par les lymphocytes B répond à la stimulation par 2 types d’antigènes (Ag) : les Ag thymo-dépendants ou les Ag thymo-indépendants (en fonction de l’interaction ou non avec les lymphocytes T). Les anticorps sont également impliqués dans la physiopathologie des maladies auto-immunes. Des traitements permettent de contrôler les symptômes de la maladie, de contrôler ou d’inhiber l’auto-immunité. Ces derniers doivent généralement être pris de façon chronique car ils ne permettent pas de guérir la maladie. De plus, ils ne sont pas spécifiques des cellules effectrices de l’auto-immunité et interfèrent avec certaines fonctions générales du système immunitaire. Récemment développées, les biothérapies offrent une meilleure maîtrise des symptômes et des risques de lésions car elles sont plus spécifiques des acteurs clés impliqués dans le processus pathologique concerné. Notre programme de recherche vise à découvrir des molécules qui agissent via des mécanismes d’action innovants et qui peuvent ainsi représenter des options thérapeutiques pour tous les patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif ultime est de pouvoir supprimer spécifiquement le mécanisme à l’origine d’une maladie auto-immune, sans impacter le bon fonctionnement du système immunitaire. Ces nouvelles molécules fourniront aux patients des thérapies anti-inflammatoires et immunomodulatrices ciblées qui pourront grandement améliorer leur qualité de vie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans ce projet les animaux recevront 1 ou 2 injections par voie i.p. d’agents biologiques stimulant les lymphocytes B et T. Les composés seront administrés par gavage, i.v., i.p. et s.c.. Des prélèvements sanguins seront également effectués pour suivre l’apparition des anticorps/types cellulaires et la pharmacocinétique des composés testés.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux ne développeront pas de signes cliniques visibles n’y d’effet indésirable notoire..
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux inclus dans les procédures recevront une sédation préalable par inhalation d’isoflurane et seront mis à mort avec la méthode adaptées à l’espèce. Le réalisateur s’assurera de la mort effective de l’animal avant l’élimination du cadavre
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de modèles animaux est indispensable pour comprendre les mécanismes pathogéniques, identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, tester l’efficacité et la toxicité de thérapies anti-inflammatoires et immunomodulatrices innovantes. L’ensemble de nos molécules ont préalablement été testées et validées in vitro.
2. Réduction
Nous utilisons des modèles établis dans la littérature que nous utilisons en routine dans notre établissement utilisateur depuis 5 ans. Une analyse statistique rétrospective a permis de calculer le nombre nécessaire et suffisant d’animaux par groupe pour obtenir pour chaque paramètre étudié une puissance de 80% et alpha=0.05. Les paramètres mesurés seront gardés ou exclus selon qu’ils suivent une distribution normale et présentent une variabilité acceptable. L’analyse statistique concerne des séries indépendantes, supérieures à 2 groupes. L’analyse de variance (ANOVA) sera suivie d’un test paramétrique ou non paramétrique en fonction de la configuration de l’étude, permettant des comparaisons multiples (e.g. Dunnett). Afin de générer des résultats reproductibles et de limiter la variabilité intergroupe au seul effet du paramètre testé, nous veillerons à travailler sur des groupes les plus homogènes possibles au moment de leur inclusion dans l’étude.
3. Raffinement
Afin de réduire le stress, une acclimatation d’au moins 5 jours sera réalisée avant l’entrée en étude et leur environnement sera enrichi avec des aspens, igloos, et feuilles de cellulose à déchirer ou du sizzle-dry. Afin de pallier l’inconfort lié aux procédures, un programme d’anesthésie sera envisagé par inhalation d’isoflurane. De la buprénorphine à 0,01-0,2 mg/kg/8h en sous cutanée sera utilisée en cas de signes de douleur. Afin de limiter au maximum la souffrance et l’angoisse infligées aux animaux, une surveillance journalière et des points limites précoces et spécifiques aux modèles ont été établis conduisant à l’arrêt temporaire des traitements ou au sacrifice anticipé de l’animal
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les différents modèles seront mis au point, sur la base de la littérature existante et en s’appuyant sur de la bibliographie solide et des modèles déjà bien documentés afin d’éviter l’utilisation d’un nombre excessif d’animaux pour les mises au point. L’expertise du fournisseur sera le cas échéant prise en compte lors de la mise au point des modèles. En accord avec la littérature pour les différents modèles, les animaux seront utilisés au stade adulte afin d’évaluer les composés à visée anti-inflammatoire, sur un système immunitaire mature