
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-171264)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La dermatite atopique, aussi appelée eczéma atopique, est une maladie chronique inflammatoire de la peau. Elle se développe préférentiellement chez le nourrisson et l’enfant, mais peut persister et apparaître parfois chez l’adolescent et l’adulte. Elle est caractérisée par une sècheresse cutanée associée à des lésions de type eczéma (rougeurs et démangeaisons, vésicules, suintement et croûtes) qui évoluent par poussées. Environ 1 enfant sur 10 est touché par cette maladie. Cette pathologie est souvent associée à des allergies alimentaires, des rhinites allergiques, des crises d’asthme. Les complications les plus fréquentes des dermatites atopiques peuvent être associées à des retards de croissance et des complications ophtalmologiques (kérato-conjonctivites fréquentes, cataracte, décollement rétinien). Comme de nombreuses maladies chroniques, la dermatite atopique peut avoir un retentissement psychologique important, source de troubles du sommeil, d’irritabilité voire de syndrome dépressif. Un traitement de fond vise à lutter contre la sécheresse cutanée et à restaurer la fonction de barrière de la peau. Il passe par l’application quotidienne d’émollients (crèmes hydratantes). Lors d’une poussée, les soins visent à réduire l’inflammation et les démangeaisons, pour soulager le patient et éviter une surinfection. L’application d’un dermocorticoïde, d’un immunomodulateur, d’une solution antiseptique, avec éventuellement des antihistaminiques en comprimé en complément, aident le patient à traverser la crise. Plus récemment, des biothérapies ont vu le jour, à base d’anticorps monoclonaux. A ce jour il n’existe aucun traitement curatif, ce projet a pour but d’étudier de nouvelles molécules thérapeutiques dans un modèle murin de dermatite atopique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le traitement de la dermatite atopique est symptomatique. Il ne vise pas à faire disparaître définitivement la maladie, mais à traiter les symptômes lors des poussées et à prévenir les récurrences par une prise en charge au long cours. Ce projet a pour but de tester de nouveaux médicaments à visée anti-inflammatoire permettant de diminuer ou d’inhiber le développement de la maladie, qui pourront être proposés en essais cliniques à court terme. Au long terme, ce projet permettra de proposer de nouvelles thérapies et améliorer la qualité de vie des patients atteints.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Prélèvements de sang : maximum 2 prélèvements (1 fois par semaine maximum, 30 secondes/souris) sur animaux vigiles et un prélèvement de sang en terminal sous anesthésie gazeuse (30 secondes/souris). Administrations de composés : maximum 28 administrations (2x/semaine à 2x/jour selon la voie d’administration; 30 secondes/souris)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce modèle induit des douleurs inflammatoires généralisées à l’animal liées au développement de la pathologie. La douleur pourra générer une perte de poids et être quantifiée par des scores attribués quotidiennement (pesée quotidienne). L’administration de traitement par injections répétées pourra provoquer de petits hématomes au niveau du site de la piqûre. La contention de l’animal ainsi que la piqure de l’aiguille pour l’injection des traitements entraînent une douleur légère, de courte durée (quelques secondes) et le produit injecté va permettre, selon l’efficacité des molécules, de réduire les douleurs inflammatoires.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort de tous les animaux à la fin de la procédure expérimentale afin de prélever des tissus biologiques permettant de réaliser des analyses pour vérifier l’efficacité des candidats médicament sur la maladie
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet permets de continuer nos études pharmacologiques sur le modèle de dermatite atopique chez la souris afin de pouvoir tester in vivo l’efficacité de nouvelles thérapies dans le cadre d’une monothérapie/combinaison thérapeutique. Les méthodes substitutives à l’expérimentation animale ne peuvent être utilisées ici puisque nous testons des molécules candidat médicament, test nécessaire avant l’initiation d’une phase clinique. Les molécules sont testées en amont sur des explants de peau et des lignées cellulaires, mais il n’y a pas, à notre connaissance, de modèle expérimental in vitro ni de modélisation informatique permettant de mimer toutes les interactions cellulaires et moléculaires observées dans un organisme entier. Le remplacement complet des animaux de laboratoire avant le passage des candidats médicaments en phase clinique n’est donc pas encore possible, bien que des modélisations tridimensionnelles in vitro des systèmes nerveux et immunitaire de la peau soit en cours de développement actuellement.
2. Réduction
Les nouvelles thérapies sont en premier lieu testées et validées sur des lignées cellulaires afin de sélectionner les doses à appliquer in vivo pour l’étude d’efficacité. Le nombre d’animaux utilisé sera réduit au minimum nécessaire pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement significatifs évitant ainsi de refaire plusieurs fois les mêmes expérimentations. Par conséquent, 10 animaux/groupe seront necessaires. Les tests statistiques utilisés permettront soit de comparer 2 groupes indépendants entre eux en prenant en compte 1 variable ou bien de comparer 2 groupes indépendants entres eux en prenant en compte 2 variables.
3. Raffinement
L’inducteur de la maldie est responsable d’une perte d’eau épidermique chez les souris recevant la molécule, des croquettes humides ou du gel de réhydratationl seront ajoutés dans les cages pour augmenter l’accès à la nourriture et pallier à la légère déshydratation et perte de poids (5% maximum d’après les études précédentes). Un suivi et scoring quotidien seront effectués. Un antalgique pourra être utilisé si nécessaire sur avis vétérinaire. Des points limites suffisamment prédictifs et spécifiques au projet seront appliqués.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont des animaux pour lesquels les outils génétiques, les anticorps spécifiques permettant la caractérisation des réponses immunitaires au niveau cellulaire/moléculaire sont les plus développés. De plus leur génome possède 99% de similitude avec le génome humain, ne présente aucun gène manquant/supplémentaire pouvant modifier l’intensité de l’inflammation obtenue. Ces souris sont mondialement utilisées, permettant une continuité et un moyen de comparaison unique. Notre modèle a été initialement mis au point et développé à partir de données de la littérature. Ce projet est un renouvellement, le modèle est maintenant parfaitement maitrisé, et nous a permis de réaliser des études avec succès lors du précédent projet. Les animaux sont utilisés au stade adulte (8-12 semaines) afin de disposer d’un organisme avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature (développement thymique achevé).