
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/04/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-185247)
Chaque souris est contenue treize fois, reçoit une injection de cellules leucémiques, subit six prélèvements sanguins, cinq injections dans l’abdomen et dix gavages consécutifs. 1 472 souris vont être utilisées ainsi, toutes tuées à l’issue, dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, pour tester des molécules censées reprogrammer les macrophages contre la leucémie aiguë myéloïde. Le porteur décrit des douleurs modérées liées aux prises de sang et aux injections répétées, un inconfort au gavage avec irritation possible de l’œsophage, et une perte de poids après l’injection des cellules cancéreuses. Les calculs qu’il présente portent sur des groupes de huit à dix souris répétés trois fois, sans que le total de 1 472 animaux soit rapporté à ces effectifs.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) touchent environ 3 personnes sur 100 000 chaque année en France. Malgré les traitements comme la chimiothérapie et les greffes de cellules souches, et même si 50 à 80 % des patients entrent en rémission, des cellules cancéreuses restent souvent présentes et peuvent provoquer des rechutes plus tard. Récemment, des chercheurs ont découvert que certains types de cellules immunitaires appelées macrophages jouent un rôle important dans la progression des LAM. Selon l’environnement autour des tumeurs, ces macrophages peuvent être de deux types principaux : 1. Les macrophages M1, qui sont anti-tumorales et combattent les tumeurs. 2. Les macrophages M2, qui sont pro-tumoraux et peuvent aider les tumeurs à se développer. Les macrophages peuvent changer de fonction en réponse à leur environnement, ce qui ouvre des possibilités pour de nouvelles thérapies. Étant donné l’importance des macrophages pro-tumoraux dans la leucémie, nous souhaitons tester dans ce projet plusieurs approches pharmacologiques pour reprogrammer les macrophages en macrophages anti-tumoraux dans des souris leucémiques et ainsi améliorer le traitement de référence. Ainsi, l’ensemble des résultats obtenus nous permettra de proposer de nouvelles stratégies thérapeutiques dans le contexte de la leucémie aigue myéloide et par conséquent améliorer la survie des patients atteints de leucémies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Grâce à ce modèle in vivo de leucémie, nous pourrons 1/ déterminer l’importance des cellules immunitaires, et notamment des macrophages, dans la physiopathologie de la leucémie aigue myéloide mais également 2/ développer de nouvelles approches thérapeutiques ciblant les cellules immunitaires afin de les réactiver dans le but d’améliorer la prise en charge de la leucémie chez l’homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
1- Contentions répétées des souris (13 fois, 30 secondes / Souris) 2- Injection de cellules leucémique chez la souris (1 fois, 20 sec /souris) 4- Prélèvements sanguins avant traitement (J0 et J10) puis tous les 5 jours durant la durée du traitements (20 jours), soit 6 prélèvements/souris (30 sec / souris) 5- Injections intrapéritonéales répétées (5 injections/souris sur 5 jours, 30 sec/souris) 6- gavages répétés (10 gavages/souris sur 10 jours, 1 min /souris)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
1/Stress légers liés à la préhension et la contention des animaux, 2/Perte de poids suite à l’injection des cellules cancéreuses et aux différents traitements, 3/Stress et douleurs modérées liées aux prélèvements sanguins répétés, 4/Stress et douleurs modérées liées aux injesctions intrapéritonéales répétées avec possibilité d’inflammations locales, 3/Inconfort et douleurs modérées liées aux gavage répétés avec possibilité d’irritation de l’œsophage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Toutes les souris seront mises à mort afin de réaliser l’ensemble des analyses biologiques et biochimiques nécessaires à l’obtention des résultats
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les seuls modèles à notre disposition à ce jour sont des lignées cellulaires leucémiques de patients ou de souris isolées à partir d’animaux malades. Néanmoins, Il a été montré que les propriétés tumorales, sécrétrices et fonctionnelles de ces lignées diffèrent in vitro et in vivo d’où la nécessité d’induire la leucémie chez l’animal pour son étude. Ainsi et après avoir caractérisé et testé in vitro les meilleurs traitements ayant des effets capable de reprogrammer les macrophages en système in vitro, il est maintenant nécessaire de réaliser des expériences chez le rongeur afin d‘avoir une approche plus physiologique. Nous pourrons ainsi déterminer si ces molécules peuvent améliorer les effets de la chimiothérapie dans un modèle murin de leucémie. Nous étudierons aussi le rôle de l’environnement tissulaire (interaction cellulaire, interaction cellule-microenvironnement et surtout réponse du système immunitaire) dans la réponse à ces drogues. Le passage chez l‘animal est une étape cruciale pour le développement potentiel de ces molécules chez l‘Homme afin de proposer une alternative à l’échec thérapeutique des traitements actuels.
2. Réduction
Nous avons décidé de réaliser deux procédures dans le but de réduire le nombre d’animaux. Ainsi, la première procédure permettra d’établir la meilleure dose à utiliser de nos traitements d’intérêt sur un nombre minimal de souris et établira la preuve de concept d’efficacité de nos molécules à potentialiser les effets de la chimiothérapie de réference. L’objectif de cette procédure est donc de démontrer un effet notable de nos molécules sur la réduction de la masse tumorale en combinaison avec le traitement de référence . L’utilisation d’un logiciel de statistique recommande des groupes de 8 souris chacun afin d’établir cette preuve de concept. La seconde procédure établira statistiquement l’intérêt de moduler la polarisation des macrophages afin d’améliorer le traitement de référence . Afin d’établir le nombre de souris à utiliser, nous avons utilisé un logiciel pour faire des prévisions statistiques. Ainsi, ce logiciel recommande des groupes de 10 souris chacun et de répéter au moins 3 fois l’expérience. Nous avons donc décidé de constituer des groupes de 10 souris et de répéter l’expérience trois fois de manière indépendante. Si les résultats s’avèrent statistiquement significatifs dès la deuxième expérience, nous stopperons l’expérimentation et nous ne ferons pas la 3ème expérience.
3. Raffinement
Les souris seront maintenues dans un milieu enrichi (igloo et matériel de nidification). Des points limites précoces et adaptés notamment appuyés sur la mesure de marqueurs sanguins qui permettent de suivre précocement de la progression de la pathologie et de limiter la gravité des procédures seront mis en place. Si les efficacités de nos molécules sont démontrées avant les 20 jours de traitements, les procédures de traitements et de prélèvements seront arrêtées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous souhaitons évaluer la capacité de molécules capables de réactiver le système immunitaire dans le but d’améliorer les traitements actuels de la leucémie aigue myeloïde. Dans cet objectif, le modèle murin est le plus à même de reproduire un système immunitaire complexe. L’injection des cellules leucémiques s’effectuera à l’âge de 6 semaines, âge correspondant à l’âge optimal de prise tumorale.