
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/10/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-215461)
Une prothèse en dérivé plastique est implantée dans le diaphragme d’agneaux nouveau-nés, sous anesthésie générale, avec une prise de sang pendant l’opération puis deux autres à J2 et J10. 30 agneaux sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, et le protocole mobilise des brebis gestantes qui ne figurent pas dans le décompte. Le RNT annonce une évaluation à dix jours et à trois mois, décrit une IRM réalisée à trois mois après la mise à mort, puis situe cette mise à mort dix jours après l’opération. Tous sont tués pour prélever la prothèse et les tissus qui l’entourent, afin de juger de son intégration avant un éventuel essai chez l’enfant.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
1/Evaluation de la réaction de l’hote à la prothèse in situ chez le gros animal (agneau) à 10 jours et 3 mois. Une équipe de recherche a mis au point une prothèse diaphragmatique adaptée aux populations pédiatriques atteinte de hernie diaphragmatiques : une membrane en dérivé de plastique très résistante. Celle-ci a déjà réalisé les tests biologiques in vitro pour l’évaluation de la toxicité, de la réponse inflammatoire et de colonisation cellulaire. Notre objectif est l’évaluation in vivo de l’implantation de la prothèse diaphragmatique sur des agneaux sains. Des analyses microscopiques des explants seront réalisées pour décrire l’intégration de la prothèse dans l’hôte. Cette expérience nous permettra d’analyser la tolérance clinique, la sécurité de l’implantation, l’inflammation de la prothèse lors de l’implantation. A notre connaissance, c’est actuellement la seule étude en cours pour étudier l’implantation de cette nouvelle prothèse en dérivé de plastique très résistante.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Développement d’une prothèse en dérivé de plastique très résistante actuellement non existante sur le marché potentiellement plus adaptée à la croissance de l’enfant. Amélioration de la prise en charge de la hernie diaphragmatique de forme grave.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Chaque agneau sera soumis à une chirurgie sous anesthésie générale pour la pose de la prothèse avec une prise de sang. Puis chaque agneau aura deux prises de sang (J2 et J10) après l’opération. Le bilan sera réalisé sous contention avec pose d’un patch anesthésique, une échographie sera réalisée sur le même temps. Tous les animaux à 3 mois, après une technique de mise à mort, auront une IRM.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’effet indésirable attendu sera la douleur modérée pendant et suite à la chirurgie de l’agneau, dont la prise en charge de la douleur est optimisée par un protocole anti douleur
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les agneaux seront gardés en vie à la suite de la procédure 1 qui est une opération sous anesthésie générale afin de poser la prothèse, puis tous les agneaux seont mis à mort en fin de procédure 2 (soit 10 jours après l’opération) afin de faire des prélèvements pour analyser l’impact de la prothèse.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’implantation de cette nouvelle prothèse nécessite une étape préclinique dans le modèle expérimental chez le gros animal le plus utilisé dans cette pathologie rare, à savoir l’agneau, avant la mise en œuvre d’essais thérapeutiques chez l’homme, il n’y a donc pas de mesures de remplacement possible dans le cadre de ce projet de recherche.
2. Réduction
Les agneaux seront leur propre témoin ce qui limitera le nombre d’animaux nécessaires pour le protocole. Les jumeaux seront utilisés comme groupe témoin en comparant la prothèse en dérivé de plastique très résistante à la prothèse de référence/sans mise en place de plaque.
3. Raffinement
Chaque brebis arrive une semaine avant son terme afin de s’acclimater à son nouvel environnement. Les brebis sont livrées au minimum par 2 afin de réduire le stress du transport. Les brebis sont hébergées à plusieurs en permanence dans les box et aucune brebis ne sera seule hébergée afin de réduire le stress lié à la solitude. La chirurgie sera effectuée sous anesthésie générale avec une sédation avant et pendant l’opération afin d’avoir une prise en charge optimale de l’animal. Les animaux bénéficieront également de protocoles antalgiques adaptés tout au long de leur prise en charge opératoire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle animal doit avoir des caractéristiques morphologiques et physiologiques proches du modèle humain. C’est le cas de la brebis, qui est un mammifère avec une gestation de singleton ; jumeaux ou triplet. Le poids de l’agneau sont proches de ceux du fœtus humain. Sa taille est suffisante pour permettre la pose de cathéters vasculaires, une chirurgie en période néonatale. Des études sur plusieurs jours sont possibles chez l’agneau chroniquement instrumenté, ce qui permet de limiter le nombre d’animaux par projet. Enfin, plusieurs modèles d’agneau instrumenté ont déjà été décrits dans la littérature et nous permettent de justifier la pertinence de notre choix. Notre protocole de recherche porte sur la réparation de la hernie diaphragmatique en période néonatale donc nos animaux utilisés est l’agneau nouveau-né. Il est donc nécessaire d’utiliser des brebis gestantes. Notre expérimentation aura au terme soit vers J 145. Cet âge est nécessaire pour que le nouveau-né soit suffisamment gros pour la chirurgie, pour la pose de cathéters vasculaires (3000-3500 g) et pour limiter les risques de perte per opératoire.