Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La fibrose pulmonaire (et plus particulièrement la fibrose pulmonaire idiopathique, FPI) est considérée comme un problème de santé publique. Il s’agit d’une maladie chronique, progressive, et souvent diagnostiquée tardivement. La fibrose pulmonaire est une maladie complexe et souvent mortelle, caractérisée par une cicatrisation progressive du tissu pulmonaire. Il n’existe pas de guérison aujourd’hui, mais plusieurs options thérapeutiques ralentissent la progression de la pathologie. Malgré les avancées de la recherche, les mécanismes exacts de cette maladie ne sont pas encore entièrement élucidés, et les traitements actuels sont limités. Les modèles murins de fibrose pulmonaire sont indispensables pour (i) comprendre les mécanismes pathogéniques, (ii) identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, (iii) évaluer l’efficacité de nouvelles thérapies et (iv) étudier l’évolution de la maladie: La gestion de l’inflammation est cruciale pour prévenir les complications et améliorer la qualité de vie des patients.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Bénéfices à court terme (0-2 ans): Le projet devrait permettre une meilleure compréhension des mécanismes de l’inflammation dans la fibrose pulmonaire. On s’attend à identifier de nouvelles voies moléculaires impliquées dans le processus de cicatrisation anormale. Cela pourrait conduire à la découverte de biomarqueurs. Bénéfices à moyen terme (2-5 ans): Valider des cibles thérapeutiques identifiées à court terme, et de nouveaux candidats médicaments. De plus, le projet pourrait contribuer au développement de protocoles thérapeutiques combinés, associant des traitements anti-inflammatoires à des thérapies déjà existantes, pour une efficacité accrue. Bénéfices à long terme (5 ans et plus): l’impact le plus significatif serait la mise sur le marché de nouveaux traitements curatifs ou du moins plus efficaces que ceux actuellement disponibles. Ces avancées thérapeutiques amélioreraient considérablement la qualité et l’espérance de vie des patients atteints de fibrose pulmonaire idiopathique. Le projet pourrait également ouvrir la voie à une médecine plus personnalisée, où les traitements seraient adaptés au profil inflammatoire spécifique de chaque patient, optimisant ainsi les résultats. Enfin, ces découvertes pourraient servir de base pour la recherche sur d’autres maladies pulmonaires ou fibrotiques.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux expérimenteront une administration unique d’agent inducteur de fibrose en intranasal (30 sec). Les animaux seront traités au maximum une fois par jour pendant 4 semaines par le candidat médicament (intrapéritonéal 10 sec, intranasal 15 sec, sous-cutané 15 sec, gavage 20 sec). Un prélèvement sanguin (20 sec) de 100 μl par semaine pendant 4 semaines consécutives. Les prélèvements sanguins se feront dans le sinus rétro-orbitaire sur animaux anesthésiés, alternativement sur l’œil gauche puis droit.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’agent inducteur de fibrose provoque une lésion pulmonaire qui va évoluer vers une fibrose. Cela peut causer des difficultés respiratoires, une toux, et un inconfort général pour la souris. Les traitements administrés peuvent également causer de l’inconfort ou de la douleur. Les injections peuvent être douloureuses au point d’injection, et le gavage (per os) peut être stressant. La perte de poids est un indicateur clé de la dégradation de l’état de santé de l’animal et est une nuisance en soi, reflétant la maladie et le stress métabolique. Le suivi quotidien du poids est une mesure de l’impact de la fibrose. Les prélèvements sanguins hebdomadaires par ponction rétro-orbitaire, même sous anesthésie, sont invasifs. Cette technique peut potentiellement causer des lésions oculaires, des saignements et un stress post-procédural pour l’animal. L’administration d’un analgésique est nécessaire pour atténuer la douleur.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort en fin de procédure afin de réaliser des prélèvements de sang et d’organes à des fins analytiques, avec pour objectif de quantifier les effets protecteurs des molécules administrées pendant l’étude.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il existe plusieurs alternatives non animales dans la recherche sur les maladies inflammatoires, mais elles ne peuvent pas remplacer totalement les tests sur les animaux utilisés dans ce projet. 1. Modèles in vitro : Les cultures cellulaires humaines ou animales permettent d’étudier des interactions cellulaires et des réponses inflammatoires. Cependant, elles ne peuvent pas reproduire la complexité d’un organisme entier, notamment les interactions multicellulaires complexes et la réponse immunitaire systémique. 2. Modèles ex vivo : Les tissus humains ou animaux (biopsies, organes) permettent d’étudier des processus biologiques en conditions plus réalistes, mais il manque des interactions entre plusieurs systèmes organiques, essentiels pour comprendre les maladies inflammatoires. 3. Modèles organoïdes et organes sur puce : Ces systèmes imitent des organes comme les poumons ou les reins pour étudier les réponses biologiques. Cependant, ils ne peuvent pas reproduire la réponse systémique d’un organisme complet. 4. Modélisation informatique : Les simulations informatiques peuvent modéliser certaines interactions immunitaires, mais elles ne peuvent pas simuler toutes les réactions biologiques complexes d’un organisme vivant. Ces alternatives ne peuvent pas complètement remplacer les animaux, pour les raisons suivantes : • Complexité biologique : Les modèles non animaux ne peuvent pas reproduire la complexité d’un organisme vivant complet, limitant leur capacité à simuler des réponses biologiques globales. • Interactions systémiques : Les maladies inflammatoires nécessitent l’étude des interactions complexes entre les systèmes biologiques, ce qui ne peut être simulé sans un modèle vivant.

2. Réduction

3R / Réduction :

De façon systématique des analyses statistiques sont effectuées pour déterminer le nombre optimal d’animaux afin de produire des résultats robustes pour chaque point de mesure. Une étude rétrospective sera effectuée à la fin de chaque expérience pour déterminer les possibilités de diminution du nombre d’animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Dans les expérimentations sur les maladies inflammatoires, la fréquence de surveillance des animaux est essentielle pour garantir leur bien-être. Les signes de détérioration de l’état de santé, tels que perte de poids, modifications de la mobilité, ou respiration laborieuse, sont particulièrement surveillés. Après l’administration de l’inducteur d’inflammation, une surveillance rapprochée (toutes les 2 à 4 heures) est mise en place. Si des signes de stress apparaissent, nous ajusterons l’environnement pour améliorer le bien-être des souris et notamment stimuler leurs sens et leurs comportements naturels. Nous augmenterons l’enrichissement physique par l’apport de cachettes (boîtes, tunnels) et de matériaux pour la construction de nids (papier déchiqueté, fibres) ainsi que l’enrichissement sensoriel par la modification régulière de la disposition de leur cage et des éléments à l’intérieur de la cage pour offrir de la nouveauté. L’introduction de nouveaux enrichissements se fera progressivement pour éviter un stress supplémentaire. Des critères d’arrêt stricts sont définis pour éviter la souffrance excessive des animaux. Par exemple, une perte de poids de plus de 20%, l’apparition de signes cliniques tels qu’une respiration difficile, ou une perte de réponse à un stimulus, ou une lésion irréversible oculaire conduiront à l’interruption immédiate de l’expérience. L’objectif est de garantir que l’état de l’animal est constamment suivi et que des soins vétérinaires sont fournis dès que nécessaire. La prévention du stress est intégrée au protocole expérimental par l’utilisation d’une anesthésie gazeuse et administration d’analgésique au préalable des gestes douloureux à chaque fois que cela sera nécessaire.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle privilégié pour le modèle de fibrose pulmonaire idiopathique car elle permet de reproduire en seulement 21 jours les mécanismes clés de la fibrose humaine, notamment l’activation du TGF-beta et l’accumulation excessive de collagène. Sa proximité génétique et physiologique avec l’humain offre une base solide pour étudier les lésions alvéolaires et les remaniements tissulaires caractéristiques de la pathologie Les souris seront âgées de 6 à 8 semaines car nous souhaitons utiliser des animaux adultes.