
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-248246)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Aujourd’hui, environ 8 millions de personnes sont atteintes de la drépanocytose dans le monde. Cette maladie se caractérise par une malformation du globule rouge, et l’empêche de remplir correctement sa fonction : transporter l’oxygène pour répondre aux besoins de l’organisme. En plus du défaut de transport de l’oxygène, cette malformation des globules rouges entraine leur agrégation ce qui diminue leur durée de vie (anémie hémolytique) et provoque des crises dites vaso-occlusives, récurrentes et douloureuses. Le caractère imprévisible des crises vaso-occlusives et les dommages tissulaires multifocaux liés au manque d’oxygène rendent difficile l’établissement d’un traitement efficace et applicable à l’ensemble de la population drépanocytaire. Il est donc nécessaire de continuer de développer des médicaments ciblant mieux les mécanismes d’action de la pathologie. La complexité de cette maladie nécessite de pouvoir faire la preuve de concept d’efficacité dans un organisme intégré vivant comme l’animal. Ce projet a pour objectif d’étudier l’effet de nouvelles molécules sur la physiopathologie de la drépanocytose dans un modèle murin transgénique développant la maladie. Nous estimons réaliser 2 études par an pour ce projet.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques améliorant la prise en charge des patients atteints de drépanocytose. Il permettra également d’affiner la connaissance des mécanismes étiologiques de la maladie pour mieux y répondre.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux pourront être soumis à des injections uniques ou répétées du composé client selon différents modes d’administration (un seul mode d’administration par animal) incluant la voie orale, intrapéritonéale, sous-cutanée, intravasculaire, intradermique. Ces injections sont réalisées en maximum 2 minutes. Le nombre d’injections quotidien sera inférieur ou égal à 2 par jour selon le mode d’administration et la durée de traitement sera propre à chaque étude. Les animaux pourraient recevoir le composé client par inhalation (nébulisation). Dans ce cas, ils sont placés dans une cage prévue à cet effet, vigiles, pendant une durée d’une heure maximum. Les animaux peuvent être soumis à des prélèvement sanguins uniques ou répétés respectant les volumes et les fréquences de prélèvements éthiques. Les animaux peuvent être soumis à une récolte des urines ou de fèces, nécessitant l’isolement de l’animal pendant une durée maximum d’une heure par 24h (fractionnable, par exemple 6×10 minutes). Les animaux peuvent être soumis à une mesure de température corporelle nécessitant l’introduction d’une sonde de température rectale pendant quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La principale nuisance attendue dans ce projet provient de la maladie spontanément développée par la souris : des crises vaso-occlusives, une anémie, une demie-vie des globules rouges réduite, une atteinte au niveau du foie et des reins et un grossissement de la rate relié à une augmentation de la production des globules rouges. À cela peuvent s’ajouter les nuisances causées par : – L’introduction d’une aiguille lors de l’injection d’un composé peut provoquer une douleur légère et passagère à la souris au site d’injection. – La réalisation d’un prélèvement sanguin (sous anesthésie et analgésique local) peut provoquer une douleur légère et passagère à la souris au moment du prélèvement. – Un isolement de courte durée (1h maximum par 24h) pour la récolte d’urine et de fèces ou bien lors de l’administration d’un composé par voie aérienne peut provoquer un stress à l’animal durant ce temps où il se retrouve sans congénères. – L’introduction de courte durée (quelques secondes) d’une sonde de température rectale peut provoquer un inconfort pour l’animal durant la prise de température.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux de la procédure seront mis à mort à l’issue de la procédure afin de pouvoir réaliser les prélèvements d’organes d’intérêt et les analyses permettant d’objectiver l’efficacité de la molécule administrée.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Lorsque ce sera possible, les composés de nos clients seront évalués sur culture cellulaire ou organe isolé en remplacement ou en complément des tests animaux afin de remplacer les animaux impliqués dans ce protocole. Cependant, le remplacement complet de l’expérimentation animale par des essais in vitro n’est pas envisageable pour une étude portant sur la drépanocytose. Les modèles in vitro ne permettent pas de réunir toute la complexité des interactions moléculaires et cellulaires de la physiopathologie d’un animal entier, comme celles de la circulation sanguine ou les défauts de production de globules rouges. De plus, les étapes de validation d’une molécule thérapeutique nécessitent qu’elle soit testée chez l’animal avant de pouvoir passer à l’étape de validation suivante : l’Homme.
2. Réduction
Le nombre minimum d’animaux est défini en tenant compte de la variabilité interindividuelle, qui nécessite d’être contrecarrée par la taille de nos groupes d’animaux. Le nombre de souris est défini de manière à pouvoir mettre en évidence des différences statistiques. La souris n’étant pas une lignée consanguine, nous estimons nécessaire de former des groupes de 12 animaux maximum pour pouvoir dégager des effets biologiques fiables. Le nombre de souris nécessaires a été défini ainsi pour pallier la diminution de la robustesse statistique lors de comparaisons multiples, en particulier sur des protocoles de plus courte durée. Nous avons également estimé cette nécessité sur la base d’estimations statistiques.
3. Raffinement
Les expérimentateurs et les animaliers sont formés aux différentes manipulations garantissant le bien-être animal. Le suivi des compétences est reporté de manière individuelle sur un livret de compétences mis à jour régulièrement. Les souris seront hébergées selon les conditions de la directive 2010/63/UE. Chaque fois que cela sera nécessaire, une analgésie et/ou une anesthésie seront administrées aux animaux. Leur environnement sera enrichi de manière systématique avec un igloo, des buchettes et des carrés de coton, et quelle que soit la durée du protocole, afin de leur permettre de se distraire et de réaliser un peu d’activité physique. Les animaux seront vus quotidiennement. En cas de signe de mal-être, un suivi renforcé sera mis en place : l’animal sera pesé et des soins adaptés à son cas seront mis en œuvre. L’atteinte d’un point limite critique conduira à l’euthanasie de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’utilisation de la souris se justifie par la facilité empirique avec laquelle on peut constituer des lignées transgéniques restituant largement les caractéristiques des pathologies que l’on souhaite modéliser, ici la drépanocytose. Le choix de l’âge des animaux sera laissé au sponsor de l’étude. Selon la connaissance qu’il a de son composé, il sera le plus à même de décider quel stade de développement est le plus pertinent pour son étude. Par expérience, les études se déroulent principalement à l’âge adulte chez des souris âgées de 6 semaines minimum. Ponctuellement, des stades de développement plus précoces peuvent être nécessaires. Le cas échéant, les animaux auront 3 semaines au minimum.