
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/07/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-248785)
Tués au bout de quatre-vingt-quatre jours pour prélever une grande quantité de sang et en extraire des anticorps, 36 lapins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun reçoit une puce sous-cutanée, quatre injections d’un candidat vaccin contre Klebsiella pneumoniae dans la cuisse, puis quatre prises de sang à l’oreille, cinq minutes de contention par prélèvement, sur animal vigile et sans anesthésie. Le porteur attend une inflammation au site d’injection, une hausse de la température corporelle et des hématomes. Ce protocole est mené pour un commanditaire qui réalise lui-même les dosages d’anticorps de manière confidentielle, si bien que le porteur écrit ne pas connaître les tests statistiques qui fondent les douze animaux par groupe.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
S’appuyant sur les données communiquées par 87 pays en 2020, un nouveau rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) met en évidence des niveaux élevés de résistance des bactéries aux antibiotiques (supérieurs à 50 %), en particulier chez des bactéries fréquemment retrouvées en milieu hospitalier, comme Klebsiella pneumoniae et Acinetobacter baumannii, responsables de septicémie (infection généralisée). Le traitement de ces infections requiert obligatoirement l’utilisation d’antibiotiques de dernière ligne, tels que les carbapénèmes. Cependant, 8% (jusqu’à 50% dans certains pays) des souches de Klebsiella pneumoniae responsables d’infections sanguines sont résistantes à ces mêmes carbapénèmes, ce qui augmente notoirement le risque de décès imputables à ces infections. D’autres alternatives, en particulier vaccinales, sont actuellement à l’étude. Un candidat vaccin à usage humain, basé sur des cellules d’Acinetobacter baumannii inactivées (bactéries inoffensives dont tous les facteurs de virulence ont été retirés) et génétiquement modifiées pour exprimer des protéines de surface de Klebsiella pneumoniae, a déjà montré une protection significative dans un modèle de septicémie à Klebsiella pneumoniae chez la souris. Des études préliminaires ont déjà été menées chez le lapin. L’objectif est de poursuivre l’étude de ce vaccin chez le lapin en testant un nouveau protocole de vaccination (plus d’immunisation, sur une durée plus longue avec des volumes injectés plus importants) dans le but de déterminer quel schéma vaccinal est capable d’entrainer la plus grande production d’anticorps spécifiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le nouveau schéma vaccinal devrait entrainer une meilleure réponse immunitaire. A terme, l’idée est de pouvoir favoriser la vaccination de populations à risque, en l’absence de traitement antibiotiques efficaces.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux vont être soumis à différentes interventions : – Pose d’un puce de relevé de température 3 secondes – 4 injections sur animal vigile 3 secondes par injection – 4 prélèvements sanguins sur animal vigile 5 minutes de maintien en cage de contention par prélèvement – 1 anesthésie générale suivie d’un prélèvement sanguin terminal (2 minutes) qui se terminera par une injection d’un euthanasiant (3 secondes) pour assurer la mise à mort.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux vont être soumis à différents actes pouvant induire individuellement un stress ou une douleur légère : – Mise en place d’une puce de température – 4 injections de vaccin dans la cuisse : peuvent induire une légère inflammation et une gêne au site d’injection ainsi qu’une augmentation de la température corporelle. – 4 prélèvements sanguins à l’oreille sur animal vigile en cage de contention : le prélèvement peut entrainer la formation d’un hématome. – 1 anesthésie générale directement suivi d’un prélèvement sanguin terminal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les 36 animaux de l’étude seront mis à mort à l’issue des 84 jours d’expérience ou plus précocement s’ils montrent des signes de souffrance. Leur mise à mort est justifiée par la nécessité de récupérer suffisamment d’anticorps pour les analyses complémentaires ce qui implique le prélèvement d’une grande quantité de sang.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La production d’anticorps est un mécanisme complexe basé sur l’interaction entre plusieurs types de cellules immunitaires. La première étape indispensable à cette production est l’immunisation chez l’animal. Il n’est pas encore possible aujourd’hui de se passer du modèle animal pour l’étude de la production d’anticorps suite à une vaccination.
2. Réduction
Le nombre de 12 animaux par groupe a été défini en fonction de la variabilité de la quantité d’anticorps déjà observée lors de précédentes études par le commanditaire de l’étude. Ce dernier réalisant ses propres dosages d’anticorps et ses propres analyses de manière confidentielle, nous n’avons pas d’information sur les tests statistiques utilisés.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans un environnement adapté et enrichi (jouets). Ils seront suivis 2 fois par semaine pendant toute la phase d’immunisation. Un suivi accru sera réalisé durant les 6h suivant les administrations des traitements et la fréquence de surveillance sera augmentée en cas d’observation de signes cliniques anormaux. Le suivi de la température sera effectué grâce à une puce placée en sous cutané ce qui évitera l’utilisation d’un thermomètre rectal souvent stressante pour l’animal. L’administration des traitements n’est pas censée entrainer d’effet indésirable. Cependant des critères d’interruption de l’étude, supportés par une grille de score de douleur, ont été mis en place dans le cas où un animal montrerait des signes de souffrance. Grace à des séances d’habituation à la contention et à la manipulation, les injections et prélèvements seront réalisés sur animaux vigiles et ne nécessiteront pas d’anesthésie ou d’analgésie particulière dans la plus part des cas (comme chez l’homme). Si malgré tout, un animal est particulièrement stressé ou agité lors du prélèvement sanguin, un tranquillisant pourra lui être administré.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le lapin est un modèle de choix pour la production d’anticorps polyclonaux. En effet sa taille moyenne implique un volume sanguin important et donc un plus grand potentiel de récupération d’anticorps que pour la souris par exemple. Également, l’efficacité du candidat vaccin sera ultérieurement testé dans un modèle d’infection chez le lapin. Des lapins mâles et femelles de 3-4 mois seront utilisés de façon à avoir une maturité immunitaire suffisante.