Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

114 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance qualifié de léger à sévère. Le modèle reproduit une myopathie centronucléaire liée au gène MTM1, les mâles atteints présentant perte de poids, scoliose, atrophie et faiblesse musculaires et une survie ne dépassant pas huit semaines. Les souris reçoivent des injections intrapéritonéales quotidiennes pendant quinze jours, subissent des tests moteurs hebdomadaires puis une mesure de force sous anesthésie sans réveil suivie du prélèvement des organes, pour évaluer une molécule inhibitrice de kinase, le SB216763. Le porteur affirme que le modèle murin est « privilégié » faute de méthode évaluant la contractilité musculaire sur « organisme entier », et renvoie tout bénéfice clinique à d’éventuels essais ultérieurs.

NTS-FR-252333v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
myopathie congénitale, fonction musculaire, maladie liée à l'X, inhibiteur de kinase
Souris : 114

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les myopathies centronucléaires sont des maladies génétiques rares qui affectent notamment la fonction des muscles squelettiques. A ce jour aucune thérapie n’est disponible pour les patients atteints de ces maladies qui impactent grandement leur survie ou qui sont handicapantes au quotidien. Une hyperactivation de dynamine 2 (DNM2) est retrouvée dans ces myopathies. L’activité de cette protéine pourrait être corrigée par l’administration d’une molécule inhibitrice de kinase. Ce projet vise donc à caractériser les effets d’une administration de cette molécule (SB216763) sur la fonction musculaire chez un modèle murin reproduisant une forme de myopathie centronucléaire liée au gène MTM1. Le but de ce projet est d’évaluer le potentiel thérapeutique du SB216763 pour le traitement de cette forme de myopathie centronucléaire.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet a pour but de fournir des informations relatives aux effets d’une molécule pharmacologique inhibitrice de kinase. Dans le cas d’effets bénéfiques, ce projet permettra d’envisager des essais cliniques pour une application dans les myopathies centronucléaires liées à l’X, touchant uniquement les mâles. Nos résultats nous permettrons également d’envisager des essais précliniques de cette molécule dans d’autres modèles murins de myopathies centronucléaires. Enfin, cette preuve de concept thérapeutique présente un intérêt pour un éventail plus large de maladies musculaires dues à une hyperactivation de DNM2.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’identification des animaux sera réalisée par poinçonnage des oreilles à partir de 14 jours après la naissance. La biopsie servira pour la procédure de génotypage. Les souris recevront des injections intrapéritonéales quotidiennes durant 15 jours (de 4 à 6 semaines) afin de leur administrer soit la molécule d’intérêt soit le placebo. Des tests de comportement peu invasifs, qui permettront d’évaluer les performances et capacités motrices de l’animal, seront réalisés une fois par semaine chez l’animal vigile à partir de 3 semaines pendant 5 semaines (i.e. jusqu’à l’âge de 8 semaines). Chaque test sera réalisé 3 fois par jour avec un temps de repos minimal de 10 minutes entre chaque essai. Chaque essai durera entre 10 secondes et 5 minutes selon le test comportemental. L’activité locomotrice spontanée et la posture debout de l’animal seront acquises pendant 48h au maximum, période au cours de laquelle les animaux seront hébergés individuellement. La production de force sera mesurée sur une durée maximale de 30 minutes chez l’animal anesthésié par inhalation d’un mélange gazeux ou par injection intrapéritonéale d’un anesthésique et d’un anti-douleur dont l’administration ne durera pas plus de 5 secondes. Les animaux seront ensuite mis à mort après prélèvement de leurs organes sous anesthésie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les souris mutantes présentent une perte de poids à partir de 3 semaines après la naissance, une scoliose et une cyphose, une atrophie musculaire, une faiblesse musculaire et une durée de vie réduite par rapport à des animaux contrôles (les animaux ne survivent pas plus de 8 semaines). Les mâles uniquement sont affectés car la mutation est présente sur le chromosome X. Nuisances causées par le traitement : les souris MTM1 KO et sauvages recevront une injection intrapéritonéale 1 fois par jour pendant 15 jours. Nuisances causés par les tests : mesure de force in situ : l’animal sera maintenu sous anesthésie générale réalisée par injection intrapéritonéale d’anesthésique et d’analgésique. Ce dernier test est sans réveil. A l’issue de ce test l’animal sera euthanasié.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux utilisés pour les tests seront euthanasiés après prélèvement des organes nécessaires pour les analyses histologiques et moléculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans ce projet qui consiste à évaluer les effets sur le muscle d’un agent pharmacologique, le modèle murin est privilégié car l’utilisation d’un modèle cellulaire ne permet pas d’évaluer la contractilité du muscle et la toxicité sur un organisme entier. D’autre part, il n’existe pas de méthode alternative qui permette d’évaluer sur l’organisme entier et dans des conditions in vivo les effets d’une molécule. L’évaluation des effets d’un agent pharmacologique in vivo est un prérequis indispensable avant toute application clinique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Pour la partie accouplement, le nombre de géniteurs sera réduit en créant des cages d’accouplements avec deux femelles pour un mâle et en faisant plusieurs portées par femelle. Pour la partie expérimentale, les tests comportementaux peu invasifs offrent la possibilité de réaliser un suivi longitudinal en répétant les expérimentations sur les mêmes animaux au cours du temps. Ce point est essentiel car il permet de réduire de manière drastique le nombre d’animaux. D’autre part, les analyses moléculaires et histologiques seront réalisées uniquement en fin de traitement, ce qui permet non seulement de collecter les différents tissus sur ces mêmes animaux mais également de s’affranchir de générer une cohorte pour chaque point du suivi longitudinal. Ce point est important car il est à l’origine de la réduction du nombre d’animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les nouveau-nés seront hébergés avec leurs parents jusqu’au sevrage. L’analyse de la capacité à se retourner et à se mouvoir, la couleur de la peau, la présence d’une poche de lait seront évalués chez le nouveau-né tous les 2 à 3 jours. A partir du sevrage, les animaux seront hébergés en groupe. Les animaux seront observés quotidiennement et pesés 2 à 3 fois par semaine. Dès lors qu’une perte de poids sera notée, les animaux seront pesés quotidiennement. Si des difficultés de locomotion apparaissent, la nourriture sera placée dans la cage. Les tests comportementaux seront peu invasifs et permettront un suivi longitudinal. Afin de diminuer le stress lié à ces tests, une session de familiarisation sera effectuée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle murin utilisé est modèle transgénique non disponible sur le marché qui reproduit les caractéristiques principales de la maladie étudiée. Le modèle développe des symptômes de myopathie dès 3 semaines après la naissance. La majorité des animaux meurent avant l’âge de 8 semaines, nécessitant la mise à mort entre 5 et 8 semaines du fait de la perte de poids et de la faiblesse musculaire sévère. Les tests comportementaux seront réalisés une fois par semaine sur des animaux âgés de 3 semaines sur une période de 5 semaines (donc jusqu’à l’âge de 8 semaines).