Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Nous travaillons sur le syndrome de West, une forme rare et grave d’épilepsie chez les nourrissons qui persistent chez l’enfant. Cette maladie provoque des crises d’épilepsies importantes et un retard du développement. Dans certains cas, elle est causée par une anomalie génétique. Les traitements actuels ne sont souvent pas suffisants. Chez les enfants concernés, il existe une copie du gène qui fonctionne normalement et une copie défectueuse. Une seule copie saine suffit. Nous cherchons donc à bloquer uniquement la copie défectueuse, tout en laissant la copie normale assurer sa fonction. Pour cela, nous développons des molécules-outils capables de reconnaître précisément le gène anormal et de l’empêcher d’agir. Avant d’envisager un traitement chez l’enfant, nous testons ces molécules chez des souris porteuses de la même anomalie, afin de vérifier qu’elles sont efficaces et sûres. Notre objectif est de proposer, à terme, une nouvelle solution pour les enfants atteints de cette maladie

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’objectif principal de notre projet est d’identifier une ou plusieurs molécules thérapeutiques en vue d’un traitement chez des patients atteints du syndrome de West avec cette anomalie génétique. Les bénéfices attendus incluent la sélection des molécules, ainsi que la détermination de la voie d’administration optimale, avec pour objectif à long terme d’apporter des bénéfices similaires aux patients traités.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Chaque animal ne reçoit qu’un seul type d’injection (dans le sang ou le cerveaux) avec une seule molécule, pour voir si elle est efficace. Les injections dans le sang sont rapides (moins d’une minute) et peuvent être répétées toutes les semaines, jusqu’à 6 mois. Les injections dans le cerveau nécessitent une chirurgie qui dure entre 30 minutes et 1 heure. Elles peuvent aussi être répétées (sans nécessité de chirurgie grace à un catheter, injection de 5 minutes) toutes les semaines, pendant un maximum de 6 mois. Les souris pourront être gardées jusqu’à 6 mois après la dernière injection. Les animaux pourront également être soumis à des prélèvements sanguins (durée du prelevement : 2 minutes, une goutte de sang par prelevement 2 fois par jour maximum, sur 48h maximum).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les injections peuvent induire une douleur modérée sur de courte période. La chirurgie peut entrainer une douleur post opératoire modérée et de courte durée. Elles peuvent également entraîner un risque de faible perte de poids et de risque d’infection.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

En fin de projet, tous les animaux seront mis à mort afin d’analyser, au niveau des organes, les effets des molécules injectées.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La recherche en bioinformatique de candidats et les analyses réalisées sur modèles cellulaires permettent d’effectuer une premiere selection des molécules. Cependant, aucun modèle cellulaire ne peut remplacer complètement un organisme vivant. Il est donc indispensable de mener ces études dans un modèle animal, afin d’évaluer l’efficacité de la molécule chez l’animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Seules nos molécules ayant été validées in vitro sont testées in vivo. Le nombre d’animaux a été réduit au strict minimum nécessaire pour obtenir des résultats représentatifs et fiables. Nous avons utilisé un outil informatique pour calculer le nombre d’animaux nécessaires. Dès qu’une molécule efficace est identifiée, les injections seront arrêtées.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La fréquence des injections pourra être réduite si les résultats initiaux indiquent une efficacité suffisante de la molécule. De la nourriture en gelée sera mise à disposition dans les cages des individus fragiles ou ayant subi une procédure, afin de faciliter leur prise alimentaire. De plus, toutes les interventions douloureuses seront précédées de l’administration d’un antidouleur et se feront sous anésthésie. Un suivi, accompagné d’une grille d’évaluation, sera assuré tout au long de la procédure et des mesures seront prises afin d’éviter toute souffrance inutile (utilisation de points limites ou critère d’arrêt précoce).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’utilisation de souris portant la mutation humaine nous permettra d’évaluer la capacité de nos molécules à diminuer spécifiquement l’expression du gène muté à l’échelle d’un organisme entier. La souris étant l’un des modèles les plus utilisés et les mieux documentés en recherche préclinique, ce modèle est particulièrement pertinent pour ce type d’étude. Les études seront réalisées sur les souris juste après le sevrage, afin de transposer avec l’âge des patients atteints de cette pathologie.