Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Comprendre pourquoi un médicament commercialisé depuis 2012 provoque des cancers de la peau : 1 008 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dont 816 dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère. Des molécules chimiques sont appliquées sur leur dos deux fois par semaine de la quatrième à la quarantième semaine pour faire pousser des tumeurs cutanées, d’autres reçoivent des cellules cancéreuses injectées dans la veine de la queue ou sous la peau. Le porteur décrit des tumeurs de volume important, ulcérées et infectées, une perte de poids, un arrêt du toilettage, ainsi que des lésions digestives liées aux gavages répétés. Il qualifie l’application des molécules cancérigènes de procédure « rapide et indolore » ne nécessitant pas d’anesthésie.

NTS-FR-268072v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Maladie du sang, Cancer de la peau, Immunothérapie
Souris : 1008

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les néoplasies myéloprolifératives (NMP) sont des maladies caractérisées par une production excessive de cellules du sang due à des anomalies génétiques entraînant la prolifération des cellules du sang. Depuis 2012, ces pathologies peuvent être traitées par un médicament qui bloque cette voie moléculaire. Ce traitement améliore les symptômes des patients de manière importante mais son utilisation à long terme présente un risque de cancer secondaire. En effet, il a été montré que ce médicament était responsable du développement de carcinomes cutanés épidermoïdes (CCE, type de cancer de la peau) à la fois chez les patients et aussi dans un modèle de souris. Le mécanisme de survenue de ces cancers est dû à l’activation d’une autre voie moléculaire de prolifération cutanée. De manière originale, ce traitement est à la fois capable d’induire des cancers cutanés mais aussi, à l’opposé, d’augmenter l’efficacité des traitements qui cible le système immunitaire (moyen de défense contre les infections et les cancers). Ainsi, les objectifs du projet actuel sont : 1) De mieux comprendre le mécanisme cancéreux responsable des CCE à ce traitement pour proposer des traitements préventifs et curatifs à l’ensemble des patients traités. 2) D’évaluer si les effets anti-tumoraux de ce traitement observé dans les CCE peuvent être étendus à d’autres types de cancer.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

A l’heure actuelle, le médicament que nous étudions est utilisé pour traiter majoritairement les patients atteints de NMP mais aussi comme traitement d’autres maladies. Ainsi, mieux comprendre les mécanismes responsables de l’induction de CCE sous ce traitement pourrait être bénéfique pour l’ensemble de ces patients et pourrait déboucher sur la mise en place d’essais cliniques et aboutir à la publication de nouvelles recommandations préventives et curatives dans les CCE induits par ce traitement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’induction de la maladie sera faite par injection des cellules cancéreuses dans la veine de la queue (cancer du sang) ou sous la peau (mélanome). Cela sera fait sur souris éveillée et dure moins de 5 min. Pour induire les CCE, nous utiliserons le modèle déjà bien décrit dans la littérature scientifique. Les souris seront traitées avec des molécules chimiques (application à l’aide d’une pipette sur la peau du dos à jour 0 et jour 18 pour l’une des molécules et deux fois par semaine de la semaine 4 à la semaine 40 pour l’autre molécule) afin d’induire des lésions pré-cancéreuses et des tumeurs cutanées. Cette procédure est rapide (< 2 min par souris) et indolore ; elle ne nécessite pas d’anesthésie. Pour le modèle de cancer du sang, des prélèvements sanguins seront effectués sur souris éveillées au niveau de la veine de la joue (durée : 2 min). Une fois les différentes maladies induites, les traitements seront administrés par gavage oral ou par injection dans l’abdomen. Le gavage oral s’effectuera à l‘aide de sonde en plastique sur souris éveillées (1 min par souris). Les injections dans l’abdomen s’effectueront également sur souris éveillées (< 1 min par souris). Le suivi du développement des tumeurs de la peau (CCE ou mélanome) sera réalisé par mesure de la taille à l’aide d’une règle spéciale (pied à coulisse) sur souris éveillée (durée : 1 min).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Pour les modèles de cancer de la peau induit par application de molécules chimiques ou par injection de cellules cancéreuses, les effets indésirables pouvant être observés sont une perte de poids, une diminution de l’activité de base de l’animal (alimentation, locomotion, toilettage) et une tumeur de volume important, ulcérée, infectée. Pour le modèle murin de cancer du sang en dehors des complications citées précédemment liées à la CCE, les effets indésirables pouvant être observés sont des risques de formation de caillots de sang et/ou de saignements et le développement du cancer. L’administration des traitements (gavage, injection dans l’abdomen.) peuvent induire un stress (contension) et des lésions (tube digestif, au niveau de l’abdomen) en raison de leur répétition dans le temps.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux inclus dans ce projet seront euthanasiés à l’issu de chaque procédure. Les tumeurs et différents organes du système de défense de l’organisme (rate, moelle osseuse) seront prélevés pour analyse.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les modèles de culture en trois dimensions permettant de mimer à la fois les tumeurs solides et les cancers hématologiques in vitro (sans utilisation d’animaux) ne permettent pas de récapituler toute la complexité des interactions entre les différents types de cellules (normales, cancéreuses) observées aux cours du développement de ces pathologies. Ils ne permettent notamment pas d’explorer l’effet des thérapies (distribution dans l’organisme), c’est pourquoi nous aurons recours à des modèles animaux déjà validés dans la littérature scientifique pour valider nos hypothèses.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés dans ce projet a été déterminé afin d’obtenir des résultats statistiquement significatifs avec le nombre de souris minimum. Nous avons pour cela utilisé des logiciels de calcul statistique.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Toutes les expériences et manipulations des animaux seront effectuées dans le respect du bien-être animal. En particulier, les animaux sont hébergés dans une structure adaptée avec un enrichissement des cages (papier kraft pour la fabrication de nid et buchette de bois à ronger). La période d’acclimatation avant manipulation sera respectée. Le suivi des animaux sera évalué de manière visuelle de façon quotidienne et une évaluation clinique à l’aide d’une grille de score prenant en compte l’apparence générale de l’animal, son comportement, ses lésions et la taille/progression de la tumeur sera faite deux fois par semaine. En cas de signe de souffrance, un anti-douleur sera administré et une nouvelle évaluation clinique sera faite le lendemain Si les symptômes persistent, les animaux seront alors immédiatement euthanasiés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle de choix dans ce projet, car de nombreuses publications scientifiques ont décrit le protocole expérimentale pour le CCE. De plus les pathologies développées sont très proches de celles observées chez l’Homme et les traitements utilisés chez les patients produisent les mêmes effets sur la souris. Nous utiliserons des souris d’âge adulte car les maladies induites dans le cadre de ce projet se développent chez l’Homme adulte.