
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-279998)
Modéliser la distribution et l’élimination de mélanges de PFAS dans l’organisme, pour choisir quels prélèvements pratiquer chez des travailleurs exposés : 60 rats vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués à l’issue pour prélever leurs organes. Ils reçoivent une dose orale unique par gavage, sont tondus deux fois, subissent dix prélèvements sanguins sous anesthésie locale et passent 72 heures consécutives en cage à métabolisme, puis cinq séjours de 24 heures répartis sur les 60 jours du protocole. Le porteur désigne la cage à métabolisme comme la plus grande source d’inconfort après exposition, et écrit ne pas attendre que la quantité de PFAS administrée ait une « incidence majeure sur le bien-être des animaux ». Le rat est retenu parce que la ligne directrice 417 de l’OCDE le préconise, le porteur indiquant qu’il est « utilisé de manière quasi exclusive dans les études toxicologiques ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les composés perfluoroalkylés et polyfluoralkylés, connus sous le nom de PFAS (ou encore « polluants éternels »), représentent une famille de composés chimiques regroupant plusieurs milliers de molécules produits par l’activité humaine. En raison des multiples liaisons carbone-fluor qui les caractérisent, les PFAS sont très stables et dotés de propriétés physico-chimiques intéressantes pour de nombreuses applications. Ils sont largement utilisés dans l’industrie pour leurs propriétés imperméables, antiadhésives et de résistance à la chaleur. À ce jour, plus de 200 applications ont été recensées pour environ 1 700 composés (fartage, cosmétiques, textiles, ustensiles de cuisine, semi-conducteurs, plastiques, batteries, dispositifs médicaux, peintures, emballages, mousse anti-incendie, pesticides, encres…). Leur persistance dans l’environnement suscite des inquiétudes quant à leur impact potentiel sur la santé humaine et les écosystèmes, ce qui fait des PFAS une préoccupation majeure en termes de pollution chimique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’étude vise à modéliser la distribution et l’élimination dans l’organisme (toxicocinétique) de mélanges de PFAS pour optimiser les stratégies de prélèvement en milieu professionnel et identifier les matrices biologiques les plus pertinentes. Elle cherche également à repérer des métabolites (exogènes et endogènes) pouvant servir de marqueurs biologiques d’exposition ou d’effets précoces liés aux poly-expositions.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront une seule fois par voie orale les produits chimiques étudiés ou le véhicule (huile végétale). Ils seront tondus 2 fois (avant l’administration orale et à la fin de l’expérimentation) afin de récupérer leurs poils. Cette opération sera réalisée par 2 opérateurs et n’excèdera pas 2 min. L’administration orale par gavage des substances se fera chez l’animal vigile et demandera une contention inférieure à 1 min. Les animaux seront placés en cage à métabolisme permettant le recueil de l’urine pendant 72 h au début de l’expérimentation et pendant 5 périodes de 24 h réparties sur la durée du projet (60 jours). Dix prélèvements de sang seront réalisés sous anesthésie locale, chaque prélèvement nécessitant une contention de l’animal de quelques minutes. En fin d’expérimentation, les animaux seront mis à mort pour prélèvement d’organes et d’échantillons biologiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration par voie orale ainsi que les prélèvements sanguins à la veine de la queue entrainent un stress physique mineur de courte durée. Le placement en cage à métabolisme (maximum 72 h consécutives) constituera la plus grande source d’inconfort post-exposition. Il n’est pas attendu que la quantité de produits administrée ait une incidence majeure sur le bien-être des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux inclus dans ce projet seront mis à mort en fin d’expérimentation afin de prélever différents organes et échantillons biologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
À ce jour, en l’absence de connaissances suffisantes, il est nécessaire d’utiliser des animaux de laboratoire pour étudier la biodistribution et l’excrétion de mélanges de PFAS. L’étude vise à modéliser la toxicocinétique de mélanges de PFAS pour optimiser les stratégies de prélèvement en milieu professionnel et identifier les matrices biologiques les plus pertinentes. Elle cherche également à repérer des métabolites (exogènes et endogènes) pouvant servir de biomarqueurs d’exposition ou d’effets précoces liés aux poly-expositions.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés est réduit au minimum nécessaire pour pouvoir interpréter les résultats obtenus. En l’absence de données de toxicocinétique pour la majorité des substances testées, des animaux des 2 sexes seront utilisés. En se basant sur la ligne directrice 417 de l’OCDE relative à la conduite des études de toxicocinétique, un minimum 4 animaux de même sexe doivent être utilisés.
3. Raffinement
Après une semaine d’acclimatation à l’animalerie, une technique de manipulation positive dite de « tickling » sera mise en place. Cette méthode consiste à reproduire, par des stimulations tactiles douces et répétées, les comportements de jeux sociaux entre jeunes rats. L’efficacité du tickling sera contrôlée par l’émission de vocalisation sonores mesurables associées à des états émotionnels positifs. Il sera ensuite pratiqué avant chaque manipulation des animaux pendant toute la durée du projet. Les animaux seront habitués progressivement à la préhension/contention avant le début des expérimentations afin de limiter le stress lié à ces manipulations. Tout au long de la procédure, les animaux seront placés en groupe et de manière hebdomadaire dans une aire de jeu comportant différents enrichissements (tunnels, abris, éléments d’exploration). Cet environnement favorisant les interactions sociales, stimule l’activité exploratoire naturelle et contribue à réduire le stress lié à l’hébergement et aux manipulations expérimentales, améliorant ainsi le bien-être général des animaux. La semaine précédant l’administration orale, les animaux seront habitués en introduisant la canule de gavage vide dans l’œsophage. Les animaux seront surveillés quotidiennement par du personnel formé, une attention toute particulière sera portée au moment du gavage et des prélèvements sanguins.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Actuellement, peu de données toxicocinétiques sont disponibles pour les PFAS. Dans ce cas, le rat est l’espèce préconisée par la ligne directrice 417 de l’OCDE car utilisé de manière quasi exclusive dans les études toxicologiques. Des rats femelles et mâles âgés de 12 à 14 semaines au moment de l’administration orale seront utilisés, ce qui correspond à un stade adulte de développement.