
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-283594)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet concerne les travaux pratiques réalisés dans le cadre des formations applicateur/concepteur sur « poissons sauvages ». Les objectifs pédagogiques de cet enseignement pratique sont : 1.Identifier les obligations réglementaires des procédures non invasives : les étudiants devront réfléchir à la nécessité d’une DAP 2.Réaliser une capture de poissons de rivière avec un dispositif de pêche électrique en respectant les bonnes pratiques 3.Réaliser un marquage externe simple et un prélèvement simple sur un poisson sédaté 4.Repérer les signes d’une anesthésie efficace et ceux d’une anesthésie trop profonde 4.Réaliser une euthanasie par surdosage anesthésique 5.Identifier les critères d’observation pour caractériser le bon rétablissement d’un poisson après une procédure expérimentale sous anesthésie légère.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les travaux pratiques offriront aux participants une mise en situation réelle en milieu naturel, indispensable pour l’apprentissage des bonnes pratiques expérimentales. Ils permettront d’acquérir des compétences concrètes telles que : l’observation et l’identification des signes de stress chez les poissons, la gestion d’une anesthésie légère et du réveil, la réalisation d’une euthanasie conforme aux principes éthiques, par surdosage anesthésique. Au-delà de ces aspects techniques, le TP abordera également des notions transversales essentielles : préparation et organisation d’une « paillasse expérimentale » en milieu naturel, préparation de solutions anesthésiante et euthanasiant, gestion des médicaments, respect des règles d’hygiène, de sécurité et de gestion des risques, gestion responsable des déchets, en particulier ceux liés aux médicaments, prise en charge et élimination appropriée des cadavres. De façon plus large, la formation concepteur/applicateur – module spécifique “poissons sauvages” représente une opportunité inédite : c’est le premier module national dédié à la faune aquatique sauvage, alors que jusqu’à présent les formations portaient uniquement sur les poissons d’aquarium (ex. zebrafish). Or, ces dernières ne permettent pas d’aborder des thématiques centrales telles que la capture, la contention et l’adaptation des procédures face au stress spécifique des espèces sauvages. En pratique, cette formation sera proposée en moyenne une fois par an, avec environ 12 participants par session. À l’horizon de 5 ans, ce sont donc près de 60 scientifiques qui auront été formés, sensibilisés aux principes des 3R, au bien-être animal et à l’amélioration continue des procédures expérimentales. Cette montée en compétence contribuera directement au développement de pratiques plus responsables et rigoureuses dans le cadre des programmes de pêche scientifique en eau douce et en milieu marin.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les poissons pêchés subiront plusieurs interventions qui seront prises en charge dans le raffinement de la procédure : capture par pêche électrique entraînant une paralysie courte (30 secondes), captivité dans des bacs d’eau de rivière (1h maximum), anesthésie légère par immersion (30min maximum), injection sous cutanée sous anesthésie.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les poissons pêchés subiront plusieurs nuisances qui seront prises en charge dans le raffinement de la procédure : paralysie lors de la pêche électrique, stress de contention dans des bacs d’eau de rivière.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les individus, en tant qu’espèces exotiques envahissantes, seront euthanasiés à la fin de la procédure conformément à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Un premier niveau de formation est assuré sans recours à des animaux vivants : TP sur poissons morts issus de la pêche commerciale pour l’apprentissage du geste technique de marquage., TD sur les signes de stress, douleur et détresse à partir de supports visuels (photos, vidéos). Cependant, certains objectifs pédagogiques concernent des actes ne pouvant être réalisés sur modèles inertes (capture, anesthésie, observation des stades anesthésiques, bonnes pratiques d’euthanasie). L’utilisation de poissons vivants est donc indispensable pour un apprentissage réaliste, permettant aux participants d’acquérir les compétences nécessaires sous la supervision d’encadrants. Le public concerné étant composé de pêcheurs déjà expérimentés, la mise en situation sur poissons vivants est essentielle pour corriger les pratiques issues de la pêche commerciale et les adapter aux exigences de bien-être animal et de la réglementation.
2. Réduction
L’utilisation a été limitée à un individu par stagiaire, soit le nombre minimal permettant de réaliser l’ensemble des gestes pédagogiques (capture, diagnose, anesthésie, marquage, observation et euthanasie), tout en garantissant la qualité de l’apprentissage. D’autre part, toujours dans un objectif de réduction, nous avons choisi de réaliser la procédure dans un bras de rivière qui héberge quasi exclusivement des poissons exotiques. Ceux-ci sont concernés par un programme de lutte relatif à la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes. Ainsi, le TP vise à utiliser des individus déjà visé dans une procédure de lutte.
3. Raffinement
La procédure a été conçue de manière à minimiser le stress et l’inconfort des poissons tout au long du TP : • Sélection des espèces : seules des espèces exotiques sont utilisées, afin d’éviter tout impact sur les populations indigènes. Les individus indigènes éventuellement capturés accidentellement (anguilles) sont immédiatement relâchés. • Capture : la pêche électrique est effectuée à l’aide de dispositifs régulièrement contrôlés et utilisés sous la supervision d’opérateurs formés, afin de limiter la durée de manipulation et de réduire au minimum le risque de blessures. • Anesthésie : l’immersion dans une solution de lidocaïne à faible concentration est employée uniquement pour la contention. Le protocole vise une anesthésie légère, suffisante pour immobiliser l’animal, réduisant ainsi le stress sans recourir à une analgésie profonde, inutile pour ce type de geste. • Ecouvillon cutanée : cet acte, choisi comme exemple pédagogique, est non invasif et encore peu utilisé en expérimentation sur poissons. Il illustre l’intérêt de méthodes non létales permettant de collecter des données à faible contrainte : analyse du mucus (indicateurs de stress, statut immunitaire, qualité de l’eau), étude du microbiote cutané ou détection de pathogènes externes (protozoaires, mycoses, bactéries). • Marquage « spaghettis » : habituellement réalisé sans analgésie (injection sous-cutanée), il est ici associé à une anesthésie générale afin de sécuriser l’apprentissage technique. Cette précaution supplémentaire vise à compenser l’imprécision possible des gestes de participants en cours de formation. • Encadrement : la supervision est assurée par des formateurs expérimentés, avec un ratio de 1 encadrant pour 4 stagiaires, garantissant des gestes rapides, précis et reproductibles. • Surveillance post-manipulation : après manipulation, chaque individu est placé dans un seau de stabulation et observé pendant environ 10 minutes, afin de confirmer sa récupération complète et l’absence de signes persistants de détresse. Ainsi, le protocole privilégie en permanence des méthodes permettant de réduire la douleur, la détresse et la souffrance potentielles, tout en garantissant la qualité pédagogique du TP.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces (Poissons laveur de vitre Ancistrus temmincki, Poisson Porte-épée Xiphophorus hellerii, Poisson guppy Poecilia reticulata ou Poisson Nigro Archocentrus nigrofasciata) ont été choisies en raison de leur statut d’espèces exotiques faisant l’objet d’actions de lutte par ailleurs. Nous veillerons à sélectionner des individus d’une taille minimale de 4 cm, afin de faciliter la réalisation du marquage. Le stade de développement n’est pas déterminant ; c’est principalement la taille qui constitue le critère de choix.