
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-306198)
3 366 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Des souriceaux et leurs mères sont placés en hyperoxie à 75 % d’oxygène pendant cinq jours pour induire une rétinopathie proche de celle du prématuré, les mères étant tuées dès le retour à l’air ambiant qu’elles supportent mal. Le porteur indique viser des cibles thérapeutiques contre une cause de cécité infantile, retombées formulées au conditionnel. Il affirme que cette néovascularisation rétinienne ne peut pas être modélisée in vitro.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La rétinopathie du prématuré (ROP) est la principale cause de cécité chez l’enfant. La ROP est une maladie multiphasique liée à la maturation incomplète des vaisseaux sanguins de la rétine. En effet, la physiopathologie de la ROP se caractérise par deux phases. La phase 1 est associée à l’interruption du développement vasculaire de la rétine, ce qui entraîne des zones rétiniennes non vascularisées et une ischémie consécutive. La seconde phase de la maladie est le déclenchement d’une angiogenèse proliférative et aberrante qui est la conséquence indirecte de l’ischémie rétinienne. Bien que les traitements déjà mis en place contre la ROP semblent être efficaces, il est encore nécessaire d’identifier de nouveaux mécanismes de régulation du développement vasculaire rétinien pour réduire l’incidence de cette maladie. Récemment, notre équipe de recherche a montré qu’un déficit rétinien en certains lipides particuliers, les plasmalogènes, est associé à un phénotype de type ROP. Les plasmalogènes sont des phospholipides membranaires abondants dans les cellules rétiniennes. Ils sont considérés comme des réservoirs d’acides gras polyinsaturés (AGPI). Ces AGPI entrent potentiellement dans « le système endocannabinoïde ». De manière très intéressante, deux études ont démontré que le blocage de deux récepteurs aux cannabinoïdes appelés CB1R et CB2R réduit la sévérité de la ROP chez la souris. Dans ce contexte, nous proposons de caractériser les mécanismes par lesquels les endocannabinoïdes issus des plasmalogènes régulent le développement vasculaire rétinien et sous-tendent le développement de la ROP. Ces données permettront de définir dans un second temps des cibles thérapeutiques potentielles de prévention de la ROP.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La ROP est une maladie neurovasculaire dévastatrice de la rétine qui peut entraîner des déficits visuels, voire la cécité des nouveau-nés. La néovascularisation anarchique et aberrante est la principale caractéristique de cette maladie. Malgré les progrès réalisés dans la prise en charge clinique des naissances extrêmement prématurées, la ROP reste la principale cause de cécité infantile dans le monde. Notre projet élucidera non seulement les mécanismes par lesquels les plasmalogènes et le système endocannabinoïde participent à la physiopathologie de la ROP, mais aidera également à mieux comprendre les mécanismes fondamentaux liés aux lipides qui déterminent l’angiogenèse et le développement vasculaire de la rétine. Ces résultats de recherche fondamentale contribueront à améliorer les connaissances mais également les théories et hypothèses liées aux complications vasculaires dans de multiples tissus et organes. Aussi, la mise en évidence de nouveaux mécanismes physiologiques participant au déclenchement de la ROP qui seraient des cibles thérapeutiques et donc, permettrait le développement de stratégies thérapeutiques pour cette pathologie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Placement en hyperoxie (75% oxygène) pendant 5 jours, avant retour en normoxie (20% oxygène)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle d’OIR pourrait induire un stress physique et une détresse respiratoire chez les femelles (mères) lors du retour en normoxie. Cela pourrait engendrer une malnutrition ainsi qu’un stress thermique chez les souriceaux. Par conséquent, nous utiliserons des mères adoptantes de la souche Swiss, qui sont connues comme étant d’excellentes mères adoptives à la fin de la procédure 1.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront euthanasiés.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La néovascularisation rétinienne caractéristique de la rétinopathie du prématuré est un phénomène complexe qui implique des interactions entre plusieurs types cellulaires et des interactions moléculaires complexes. Un tel système ne peut pas être modélisé in vitro.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Dans cette étude, et puisque le genre n’aura pas d’impact sur les données recueillies, nous avons décidé d’utiliser les 2 sexes de souriceaux sans distinction. Par ailleurs, nous avons limité au maximum le nombre d’animaux nécessaire pour avoir une puissance statistique suffisante pour obtenir des résultats statistiquement interprétables. En effet, dans le cadre de ce projet, les échantillons de rétine issus de nos animaux serviront à 5 types d’expériences : analyse protéomique, RNAseq, RNAscope, dosage couplé d’endocannabinoïdes et plasmalogènes, et immunohistochimie). Pour ces expérimentations, nous poolerons les 2 rétines et limiterons le nombre de souris à n=8 (qui est le n minimum pour réaliser ces expériences) à l’exception de la partie immunohistochimie qui est une analyse qualitative et non pas quantitative, où nous n’utiliserons que 6 souris par expérience. Pour les analyses quantitatives, nous savons que la distribution des données générées ne seront pas normales avec des effectifs de 8 par groupe. Pour cette raison, et afin de ne pas augmenter le nombre d’animaux par groupe pour disposer d’une distribution normale, nous utiliserons les tests non-paramétriques de Mann-Whitney pour les comparaisons groupe à groupe et un test de kruskall-Wallis pour les comparaisons multi-groupe.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle d’OIR pourrait induire un stress physique et une détresse respiratoire chez les femelles (mères) lors du retour en normoxie (air ambiant). Cela pourrait engendrer une malnutrition ainsi qu’un stress thermique chez les souriceaux. Par conséquent, nous utiliserons des mères adoptantes de la souche Swiss, qui sont connues comme étant d’excellentes mères adoptives à la fin de la procédure 1. Par ailleurs, les animaux sont hébergés par 2 pendant l’accouplement et par portée pendant la gestation/lactation dans des cages qui comporteront un enrichissement consistant en plusieurs cotons et un dôme pour que les animaux puissent procéder à la nidification. Tous les animaux de l’étude seront suivis par un personnel compétent selon les modalités qui sont en cours de mise en place par la structure chargée du Bien-Être Animal du laboratoire. Ce suivi se fera à trois niveaux sur les animaux adultes : i) une observation quotidienne des conditions d’hébergement (environnement de la cage : enrichissement, environnement de la pièce : température, hygrométrie, bruit, lumière), ii) un examen clinique hebdomadaire de chaque animal (vérification de la posture, du masque, du pelage, et de l’état corporel en général), et iii) un suivi spécifique déterminé par les procédures expérimentales (voir plus bas). Tout animal adulte présentant une absence d’activité (absence d’interaction sociale, d’exploration, de fabrication de nid) sera tout particulièrement surveillé. Ces observations ne seront pas réalisables sur des souriceaux nouveau-nés. Suite à l’hyperoxie, le retour en condition de normoxie est mal supporté par les mères et peut induire une détresse respiratoire. Afin d’éviter cela, nous euthanasions les mères dès leur retour en normoxie.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’étude des mécanismes physiopathologiques conduisant à la néovascularisation rétinienne sur la souris a été validée par de nombreuses publications. En effet, le modèle de rétinopathie induite par l’oxygène (OIR) est un modèle de ROP bien établi chez la souris. La souris est un petit animal facilement manipulable et qui comporte de nombreuses similitudes physiologiques avec l’homme. Cependant, une des principales différences entre l’homme et la souris est la mise en place des vaisseaux rétinien. En effet, celle-ci se met en place après la naissance chez la souris et avant la naissance chez l’homme. Cette différence majeure est un avantage et nous conforte dans l’utilisation de ce modèle animal puisqu’elle nous permet un accès plus facile à l’étude du développement vasculaire dans le cas de la ROP. Nous utiliserons d’une part des animaux adultes en âge de se reproduire (6 semaines d’âge) et d’autre part des portées de nouveau-nés aux périodes critiques du développement vasculaire rétinien, c’est-à-dire à 7, 12, 15, 17 et 21 jours d’âge.