Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

42 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’âge de deux mois, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une biopsie d’oreille entre douze et quinze jours, puis une injection quotidienne pendant cinq jours, le porteur indiquant que le produit injecté peut provoquer une inflammation et que les points d’injection sont changés d’un jour sur l’autre. À deux mois, elles sont profondément anesthésiées pour une perfusion intracardiaque, tuées, puis leur cerveau est prélevé et leur corps disséqué pour repérer les effets secondaires aux sites d’injection. Comparer trois voies d’administration afin de retenir la moins traumatisante est présenté comme un raffinement, et le porteur écrit que l’usage d’animaux vivants y est « incontournable ».

NTS-FR-315474v1
Types de recherche
· Biologie du développement · Oncologie · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Raffinement, Méthodes d'injection, Souris génétiquement modifiées
Souris : 42

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les lignées de souris génétiquement modifiées constituent des modèles précieux pour comprendre le fonctionnement du cerveau chez les mammifères. Dans certaines de ces lignées, il est possible de choisir le stade de développement à partir duquel une modification génétique sera exprimée dans le cerveau. Ces modèles inductibles sont très utiles, par exemple pour modéliser des pathologies qui surviennent chez l’adulte, alors que le cerveau n’a pas eu de problème particulier au cours du développement. En pratique, l’induction de l’expression d’une mutation à un moment donné est souvent réalisée par injection d’un produit dans le ventre des souris. Plusieurs études ont montré que cette voie d’administration pouvait occasionner des dommages dans l’abdomen des souris. Récemment, plusieurs équipes ont testé l’administration de la même molécule par la voie sous-cutanée, a priori moins invasive. Des résultats très probants ont été obtenus pour induire l’expression de modifications génétiques dans divers organes tels que le foie, le rein et l’intestin. De plus, une équipe a également rapporté l’efficacité de l’administration de la même molécule par voie orale (ingestion spontanée par la souris d’un liquide présenté goutte à goutte). Dans un objectif de raffinement de nos pratiques expérimentales, nous souhaiterions tester les voies orale et sous-cutanée sur nos modèles. Cependant, il n’est pas démontré si ces voies administration sont efficaces pour induire l’expression de modifications génétiques spécifiquement dans le cerveau. Le cerveau est un organe très protégé de la circulation sanguine. Cette protection est utile contre les agressions (maladies notamment), mais elle pose souvent problème quand il s’agit de faire entrer des médicaments dans le cerveau. De fait, l’induction de l’expression de modifications génétiques à partir d’un moment choisi est beaucoup moins efficace dans le cerveau que dans les autres organes. Pour cette raison, il est primordial de vérifier que le choix de la voie sous-cutanée ou de la voie orale ne réduira pas l’efficacité de l’induction. Notre projet est donc de tester l’efficacité de ces deux voies d’administration pour induire l’expression d’une modification génétique dans le cerveau chez la souris.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice principal attendu concerne le raffinement des méthodes expérimentales : si les injections sous-cutanées ou l’administration par voie orale s’avèrent aussi efficaces et moins traumatisantes que les injections dans l’abdomen pour induire l’expression de mutations conditionnelles dans le cerveau, la méthode la moins traumatisante sera adoptée immédiatement par notre équipe. Les résultats seront divulgués à toute la communauté scientifique utilisant des modèles de souris génétiquement modifiées pour étudier le cerveau.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une biopsie d’oreille sera réalisée entre 12 et 15 jours d’âge dans le but de réaliser des analyses génétiques. Entre 21 et 25 jours d’âge, certaines souris recevront une injection chaque jour (durée de chaque injection < 10 secondes). A l'âge de deux mois, les souris seront profondément anesthésiées (par injection de médicaments, < 20 secondes), après injection d'un analgésique (< 20 secondes). Une procédure chirurgicale sera employée (durée < 10 minutes) pour injecter dans le coeur un produit qui permet d'assurer une bonne conservation de la structure du cerveau, pour la réalisation d'analyses histologiques. Ces souris seront mises à mort sous anesthésie après la procédure chirurgicale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La biopsie d’oreille induit une douleur temporaire. La contention des animaux pour l’administration des traitements entraîne un stress temporaire. Les injections répétées quotidiennement pendant 5 jours induisent une douleur temporaire au point d’injection. De plus, le produit injecté est susceptible d’induire une inflammation.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Il est nécessaire de mettre à mort les souris de ce projet, car nous devrons prélever le cerveau pour pouvoir évaluer l’efficacité de l’induction de l’expression de la modification génétique souhaitée. De plus, les corps des souris ayant reçu des injections seront disséqués pour évaluer les effets secondaires potentiels au niveau des sites d’injection (sous la peau et dans l’abdomen).

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif de cette étude étant de comparer l’impact sur la souris de trois méthodes d’injection, il n’est pas envisageable d’utiliser une méthode alternative. L’utilisation d’animaux vivants est incontournable pour répondre à la question.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux nécessaire a été déterminé en fonction de notre connaissance du modèle, en tenant compte de la probabilité de transmission d’un transgène d’une génération à la suivante, ainsi que du risque de perte de matériel biologique pendant l’expérience (mort inexpliquée d’un animal avant la fin de l’expérience ou problème lors des analyses post mortem). De plus, nous avons choisi la lignée de souris de manière à ce qu’une partie du matériel biologique collecté dans ce projet puisse être utilisé pour compléter une étude en cours dans le cadre d’un projet précédemment autorisé. Cette mutualisation des animaux permettra de réduire le nombre total d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris seront observées et pesées régulièrement pendant toute la durée de l’étude. En cas d’approche d’un point limite par l’un des animaux, la surveillance sera réalisée quotidiennement. La formulation du produit injecté aux souris a été récemment améliorée pour éviter tout dommage sur les souris. Afin de limiter la douleur, les points d’injection seront changés d’un jour sur l’autre, pour la série de 5 injections quotidiennes. A la fin de l’étude, les souris recevront un antalgique et seront profondément anesthésiées pour éviter toute douleur liée à la perfusion intracardiaque du produit permettant une bonne conservation du cerveau.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’objectif du projet étant de comparer l’impact sur la souris de trois méthodes d’injection d’un produit, il ne serait pas pertinent de réaliser cette étude sur une autre espèce. Les souris seront incluses dans ce protocole dès l’âge de 7 jours, car il sera nécessaire de connaître leur génotype précocément. Le produit permettant d’induire l’expression d’une modification génétique sera administré pendant la 4ème semaine d’âge et les souris seront mises à mort à l’âge de 2 mois, lorsque le cerveau aura acquis ses caractéristiques adultes, car les travaux que nous menons actuellement portent sur le développement du cerveau après la 3ème semaine de vie.