
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-328435)
Génétiquement modifiées et élevées pour fournir des lignées modèles de déficience intellectuelle et d’autisme, 1 500 souris subissent le prélèvement de deux millimètres de l’extrémité de la queue, sur animal vigile sous contention, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L’opération dure cinq secondes et se pratique entre le treizième et le vingt-huitième jour de vie, âge où la queue est peu ossifiée, ce qui permet de s’en tenir à une contention sans anesthésie. Le porteur indique avoir écarté trois méthodes non invasives, dont le prélèvement de poils, parce que « le souffle sous la hotte de change fait voler les poils hors des tubes ». Le sort de chaque souris dépend ensuite du génotypage : celles qui portent le génotype recherché rejoignent un projet expérimental ou l’élevage, les autres sont tuées.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les animaux génétiquement modifiés constituent des modèles puissants pour étudier la fonction des gènes et comprendre leur rôle dans le cadre de projets scientifiques au bénéfice de la santé humaine et animale ou de l’environnement. Dans le cadre des projets scientifiques utilisant des animaux à fins scientifiques (soumis indépendamment à cette demande d’autorisation de projet), des modèles animaux génétiquement modifiés sont développés et élevés. Dans ce but, il est important d’avoir un élevage adapté et des animaux dont les caractéristiques génétiques sont bien déterminées pour constituer les lots expérimentaux et maintenir une production régulière et adaptée aux besoins. Il est donc nécessaire de caractériser les animaux génétiquement modifiés afin de sélectionner les animaux d’intérêt pour les procédures expérimentales de projets autorisés et ceux nécessaires au maintien des lignées. Nous avons testé des prélèvements par 3 méthodes non invasives à partir de follicules pileux, de fèces, ou via un écouvillonnage bucal. Elles ne sont pour l’instant pas adaptées à nos conditions de diagnostics et manquent de fiabilité: 1) l’écouvillonnage bucal donne des résultats de très faible intensité et parfois même ne mettant pas en évidence une mutation, 2) le prélèvement de poils donne des intensités faible et il y a aussi une forte probabilité d’erreur due au souffle sous la hotte de change qui fait voler les poils hors des tubes, 3) l’utilisation d’encoche à l’oreille ne permet pas un marquage fiable d’un nombre important d’animaux sur les moyens et longs termes. Dans tous les cas, cela peut amener à des erreurs qui compromettraient les résultats obtenus et conduiraient à la nécessité de répéter des prélèvements sur les mêmes animaux ou à en utiliser un plus grand nombre, ce qui est en contradiction avec les principes de raffinement et de réduction. L’objectif de ce projet est une procédure de prélèvement par biopsie utilisée au sein de notre équipe pour le génotypage (technique permettant de relever les différences génétiques entre les animaux d’une même fratrie) identification des animaux qui sera associée à une identification par pose d’une bague auriculaire. Les animaux produits seront utilisés sur des projets concernant l’étude l’étude des maladies neurodéveloppementales présentant déficiences intellectuelle (DI) et/ou troubles du spectre autistique (TSA) comme dans le Syndrome de l’X fragile.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permet de sélectionner les animaux ayant un gène d’intérêt afin d’optimiser la gestion de l’élevage et de fournir les animaux nécessaires aux projets de l’équipe.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Prélèvement de 2mm de l’extrémité de la queue (durée maximale 5 secondes) réalisé une seule fois sur chaque animal vigile sous contention.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances engendrées sont le stress léger inhérent à la préhension et à la contention des animaux, la douleur légère lors du prélèvement sur la queue. Un saignement peut aussi apparaître et dans de très rares cas un rejet par la mère.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont gardés en vie à l’issue de cette unique procédure sauf ceux dont le génotypage ne correspond pas à nos besoins. Leur devenir dépendra du résultat du genotypage et/ou de leur sexe parmi les cas suivants : a) Utilisé dans une procédure expérimentale d’un projet autorisé, b) Utilisé pour le maintien de la lignée, si génotypage donnant les génotypes attendues, c) Mise à mort avec ou sans prélèvements post mortem pour les animaux au génotype non recherché .
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
A ce jour, les techniques de prélèvements de tissus non invasives que nous avons testées n’ont pas données des résultats exploitables. Ce projet est nécessaire pour la production et la mise à disposition d’animaux modèles génétiquement modifiés pour les différents projets de l’équipe.
2. Réduction
L’enjeu et l’objectif majeur d’une réduction consistent à optimiser les élevages pour limiter la production du nombre d’animaux au strict nécessaire à leur utilisation dans les projets scientifiques ou pour le maintien des lignées. Dans cette perspective plusieurs stratégies sont mises en œuvre : – seules les lignées en cours d’utilisation dans des projets sont maintenues, les autres sont conservées congelées, – les lignées génétiquement modifiées sont maintenues sur des fonds génétiques homogènes de référence, – les schémas d’accouplement sont adaptés pour limiter au maximum la génération d’animaux au génotype (constitution génétique) non pertinent ou la nécessité d’avoir à génotyper et donc d’avoir à effectuer des prélèvements sur les animaux (utilisation de parents homozygotes, c’est-à-dire ayant des gènes identiques, si phénotype non dommageable, c’est-à-dire que l’ensemble des caractères observables d’un individu n’a pas de conséquence sur l’animal) – des réunions mensuelles avec les utilisateurs permettent d’anticiper les besoins à venir
3. Raffinement
La méthode utilisée est éprouvée, précise, rapide et standardisée permettant de minimiser les nuisances causées aux animaux par leur manipulation et par le prélèvement lui-même. Une liste de points limites et d’actions correctives est utilisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un mammifère qui présente de nombreuses similitudes biologiques, structurales et fonctionnelles avec l’être humain qui permettent de répondre à de nombreuses questions scientifiques en biologie, avec un degré élevé d’extrapolation à d’autres espèce (dont l’être humain) ou systèmes biologiques. De nombreux outils moléculaires et génétiques ont été développés avec les rongeurs, et en particulier chez la souris, qui permettent de mieux comprendre les mécanismes de nombreuses pathologies (ex: autisme). Les prélèvements de l’extrémité de la queue peuvent être réalisés entre P13 (animaux agés de 13 jours) et P28 (animaux agés de 28 jours), à des âges auxquels la zone est peu ossifiée et peu vascularisée, ce qui rend le prélèvement réalisable sans anesthésie avec des risques hémorragiques extrêmement réduits.