
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-332238)
384 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Génétiquement modifiées pour reproduire la leucodystrophie métachromatique, une maladie neurodégénérative infantile, elles reçoivent par chirurgie un implant sous-cutané de cellules encapsulées et jusqu’à six prélèvements sanguins mensuels, puis sont euthanasiées pour analyses post-mortem. L’étude évalue une enzymothérapie visant les patients déjà symptomatiques, pour lesquels il n’existe à ce jour aucun traitement. Le porteur affirme qu’il n’existe pas de modèle in vitro et que la souris est la « seule espèce » pour laquelle un modèle de cette maladie a été créé.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La leucodystrophie métachromatique (MLD) est une maladie neurodégénérative héréditaire conduisant à une perte de myéline (isolation de la gaine nerveuse) qui s’accompagne de signes cliniques très sévères cognitifs et moteurs chez le jeune enfant avec une aggravation très rapide et un décès des patients. De nos jours la majorité des patients atteints de MLD sont diagnostiqués lorsque leurs symptômes sont déjà bien installés (patients symptomatiques). Les traitements actuels, présentent de bons résultats pour les enfants traités en présymptomatique mais restent inefficaces une fois les symptômes présents. L’enjeu pour cette maladie est donc de trouver des traitements pouvant agir sur les patients symptomatiques et notamment sur l’inflammation cérébrale, une composante majeure de la maladie. Nous proposons d’évaluer l’efficacité d’une nouvelle thérapie pour le traitement de la pathologie via une sécrétion continue de la protéine (mode d’administration confidentiel) dans le modèle murin de la maldie déjà bien caractérisé.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
À l’heure actuelle il n’existe aucun traitement pour les patients atteints de MLD ayant des symptômes déjà bien installés (patients symptomatiques). Ce projet a pour but d’identifier une nouvelle voie thérapeutique chez les patients déjà symptomatiques pour la LDM.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– prelevement sanguin une fois par mois soit 6 au maximum, durée d’environ 5min sous anesthésie – une chirurgie d’implantation une fois à 6 mois avec une procédure par animal d’une durée maximale de 20min sous anesthésie et analgésie – euthanasie à la fin du projet
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le principal effet indésirable concerne le stress que pourrait engendrer les prises de sang mensuelles sur l’animal. Enfin, l’implant de ce projet a une taille minimale comparé à notre étude précédente avec des implants rectangulaires de 25mmx12mmx13mm d’épaisseur, qui était déjà bien tolérés. Il y a de plus un risque anesthésique et un risque de douleur post chirurgical.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
En fin de procédure tous les animaux seront euthanasiés, car les prélèvements et analyses (histologique et biochimique) sont nécessaires post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
À l’heure actuelle il n’existe pas de modèle In vitro ou de système cellulaire pour étudier les symptômes et marqueurs moléculaires associés à la Leucodystrophie métachromatique (MLD). Nous avons donc besoin de modèles animaux pour reproduire et étudier cette maladie et surtout évaluer l’effet thérapeutique de l’implantation en sous cutanée des cellules encapsulées permettant une sécrétion continue d’arylsulfatase A. Le modèle de choix pour étudier la MLD est la souris car seule espèce pour laquelle un modèle de MLD a été créé.
2. Réduction
Nous limitons au maximum le nombre d’animaux par groupe de façon à obtenir des résultats fiables. Compte tenu de la littérature et des effets attendus, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire. De ce fait un nombre de 12 souris par groupe a été choisi, ce qui va nous permettre de limiter la variabilité inter-animale et inter-groupe, et de réaliser des tests statistiques fiables. Un nombre total maximal de 384 souris (comprenant 2 répétions des expériences par groupe) sera nécessaire pour ce projet.
3. Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures ont été mises en œuvre afin de permettre une interprétation fiable des résultats dans le respect du bien-être animal en limitant au maximum la douleur et le stress (anesthésie pour les prises de sang, manipulation en amont de la procédure pour une habituation au manipulateur, prise de poids mensuelle). Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. En cours de procédure une attention particulière est donnée à nos animaux afin de garantir leur bien-être grâce à une surveillance quotidienne (points limites) et de soins adaptés. Enfin, en terme de raffinement nous avons réduit la taille de notre dispositif. Les animaux seront hébergés dans des conditions standard avec mise à disposition d’enrichissement
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons besoin d’un modèle animal pour reproduire et étudier la MLD et surtout pour évaluer l’effet thérapeutique de la sécrétion en continu d’ARSA par des cellules encapsulées. Le modèle de choix pour étudier la MLD est la souris car seule espèce pour laquelle un modèle de MLD a été créé. Nous prévoyons de conduire notre étude sur un modèle murin déjà connu de MLD déficient pour l’enzyme ARSA, le modèle murin de la pathologie, génétiquement modifié est très proche de ce que l’on retrouve chez les patients. Les souris développent tardivement à partir de 15-18 mois, un phénotype ataxique et moteur. Ce phénotype tardif n’est pas dommageable, sachant que nos souris seront euthanasiées à 12 mois soit avant l’apparition des anomalies motrices. Les animaux entreront en procédure à 5mois et 2 semaines (acclimatation à la zone A1 de l’animalerie, et habituation au manipulateur) avec un début du traitement à 6 mois, âge auquel débutent des premiers symptômes chez la souris (souris symptomatiques). La fin de la procédure aura lieu lorsque les souris auront 8 ou 12 mois selon la durée du traitement et selon les différents groupes.