
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 21/09/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-334015)
320 chèvres, 80 moutons et 600 bovins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis maintenus dans leur élevage d’origine. Ils subissent des prélèvements de sang, des grattages de peau, des prélèvements de fèces et des retraits de tiques, sous contention de quelques minutes, pour cartographier des pathogènes et mesurer la résistance des parasites aux traitements en élevage de ruminants. Le porteur annonce des retombées pour la « viabilité et la rentabilité des élevages » et une utilisation plus raisonnée des produits chimiques. Il indique qu’il n’est « pas possible de proposer une alternative » à l’utilisation d’animaux non-humains pour ce type d’enquête.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet « Etude des dangers sanitaires et des résistances aux traitements chimiques en élevages de ruminants » vise par le biais d’enquêtes et de prélèvements sur des petits et gros ruminants d’élevages : 1. à cartographier les pathogènes à impact sanitaire ou économique majeur dans les élevages de gros et petits ruminants et d’étudier les facteurs de risque associés à une prévalence élevée des pathogènes en élevage; 2. à étudier la résistance des deux espèces de tiques répertoriées aux traitements acaricides utilisés dans les élevages et à étudier l’infestation des animaux d’élevage par ces deux espèces de tique en fonction des pratiques d’élevage 3. à étudier la résistance des parasites présents dans le tractus gastro-intestinal des ruminants aux traitements anthelminthiques utilisés dans les élevages
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
En permettant d’obtenir des informations sanitaires actualisées et différenciées par territoire, ce projet aura un impact direct et positif sur la viabilité et la rentabilité des élevages. Il permettra une sélection par les éleveurs, sur des bases scientifiques et éprouvées, des méthodes de lutte les plus adaptées à leur situation épidémiologique et à leur système d’élevage. Il devrait ainsi permettre une utilisation plus raisonnée des produits chimiques (acaricides, anthelminthiqes,…) au sein des filières ruminants. Il permettra un choix éclairé et une meilleure information des éleveurs et des associations/coopératives agricoles afin d’éviter des résistances irréversibles aux traitements chimiques de certaines maladies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux d’élevage vigiles seront soumis à des prélèvements non ou peu invasifs (sang, grattages cutanés, fèces, tiques), à raison de 2 séances maximum de prélèvements (2 séances pour les échantillons de féces uniquement dans le cadre de l’étude des résistances des parasites gastro-intestinaux aux anthelminthiques) et le plus souvent d’une séance unique (prélèvements de sang, grattages cutanés, détiquage). La procédure expérimentale sur chaque animal sera aussi limitée en temps que possible (moins de 5 minutes de contention dont 2 minutes maximum pour la réalisation des prélèvements de sang et 2 minutes maximum pour les prélèvements de tiques).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Seules des nuisances légères (douleur légère associée au prélèvement, stress associée à la contention des animaux) sur une courte période sont attendues dans ce projet.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux prélevés seront maintenus dans leur élevage d’origine, à l’issue de la phase d’enquête.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le projet déposé cherchant à caractériser des paramètres sanitaires et des résistances aux traitements en élevages de ruminants, il n’est pas possible de proposer une alternative à l’utilisation d’animaux dans les procédures expérimentales retenues.
2. Réduction
Afin d’assurer une bonne représentativité des résultats d’enquête obtenus par rapport à la population générale de ruminants d’élevage , un échantillonnage aléatoire des élevages de ruminants sera réalisé. En s’appuyant sur les derniers recensements de ruminants disponibles et des prévalences moyennes pour les pathogènes recherchés, nous avons choisi d’échantillonner 600 bovins et 400 petits ruminants. Nous limiterons l’effectif des animaux manipulés et échantillonnés, les différents prélèvements seront en effet réalisés sur les mêmes animaux pour étudier les dangers sanitaires et les résistances aux traitements chimiques en élevages de ruminants.
3. Raffinement
Les animaux sujets d’étude pour ce projet sont des animaux d’élevage; les mesures de contention seront adaptées aux conditions d’élevage et sont prévues pour assurer le confort des animaux (alimentation et abreuvement des animaux pendant ou après prélèvement).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les espèces animales choisies (bovins, ovins, caprins) sont pertinentes au regard des objectifs poursuivis dans ce projet, à savoir d’évaluer la prévalence de pathogènes ainsi que la résistance aux molécules chimiques utilisées dans les élevages de ruminants. Des animaux de plus de 3 mois (résistance aux molécules antiparasitaires), voire de plus de 6 mois (autres thématiques) seront utilisés. Les jeunes animaux sont fortement parasités, avec des espèces de parasites gastro-intestinaux qui peuvent différer de ceux retrouvés sur des animaux adultes; l’utilisation d’animaux de plus de 3 mois permettra d’assurer une meilleure représentativité des parasites gastro-intestinaux en élevages. Sur les autres procédures expérimentales , des animaux de plus de 6 mois seront choisis, car plus fortement infestés par les tiques et parce que des animaux de plus de 6 mois ne seront plus sous immunité maternelle, l’immunité maternelle pouvant gêner l’interprétation des résultats sérologiques obtenus.