
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2022-10-31 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-336627)
432 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles sont infectées par le virus de la vaccine par voie intranasale, dont une partie pour établir la dose létale, puis traitées par des injections deux fois par jour, avec perte de poids, détresse respiratoire et léthargie possibles. La mise à mort est justifiée par des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Le porteur affirme qu’aucune méthode alternative ne rend compte d’une infection multiviscérale et présente le projet comme une préparation contre une réémergence de la variole.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Dans quel but fait-on ça ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif du projet est d’établir la preuve d’efficacité thérapeutique in vivo de molécules ciblant de nombreux virus et notamment les « Poxvirus ». Les Poxvirus sont des virus qui infectent les hommes et les animaux et sont responsables dans l’histoire d’épidémies très graves comme le virus de la variole ayant un taux de mortalité aux alentours des 30%. Bien qu’éradiqué, le virus est maintenu dans deux centres de recherche (aux Etats-Unis et en Russie) et une reconstruction du virus par génie génétique est possible. Une réapparition accidentelle ou une réintroduction volontaire du virus pourrait engendrer une pandémie avec un taux de mortalité estimé de 15 à 90%. D’autres poxvirus circulent, comme le monkeypox et le camelpox, et sont préoccupants. Il n’existe à l’heure actuelle qu’une seule molécule anti-poxvirus approuvée, mais les poxvirus développent rapidement des résistances contre celle-ci. Il est donc nécessaire de disposer de plusieurs antiviraux efficaces. Nous avons développé des molécules capables de bloquer la formation du virus et ainsi bloquer sa dissémination dans l’organisme. Les performances in vitro des molécules et les résultats préliminaires obtenus nous confortent et apportent un rationnel suffisant pour la poursuite des développements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le projet permettra d’établir l’efficacité de molécules d’intérêt contre une infection par un poxvirus. Ces résultats ouvriront la voie à une création de société pour assurer le développement pharmaceutique de ces molécules. Ce développement impliquera le test chez une seconde espèce animale, la poursuite des développements notamment une optimisation de la formulation et des études toxicologiques. En cas de succès, à plus long terme, le bénéfice final sera de pouvoir proposer des molécules thérapeutiques antivariolique et anti-poxvirus pour le traitement des émergences virales et assurer des stocks nationaux de préparation contre une réémergence de la variole d’origine accidentelle ou provoquée. Comme le montre la crise COVID, la vaccination d’une population importante est très complexe, longue, et requiert d’avoir en parallèle à disposition des médicaments antiviraux pour faire face aux premières phases de l’épidémie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Un examen publié en 2018 a établi que les résumés allemands et britanniques décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Le droit d'accès aux documents · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Procédure 1a : détermination de la DL90 (dose létale 90%) du poxvirus ; les animaux seront anesthésiés une fois par injection intrapéritonéale puis infectés une fois par instillation intranasale. Procédure 1b : évaluation de l’innocuité du traitement sur 10 jours ; les animaux recevront 2 fois par jour pendant maximum 10 jours une injection au niveau du flanc d’une des molécules à différentes doses. Procédure 2a : évaluation de l’efficacité anti VACV-WR de la molécule ; les animaux seront anesthésiés une fois par injection intrapéritonéale puis infectés une fois par instillation intranasale et recevront 2 fois par jour pendant maximum 12 jours une injection des molécules au niveau du flanc. Un suivi précis des animaux sera alors réalisé. Les animaux en fin de procédure seront mis à mort après sédation préalable . Procédure 2b : Analyse des titres viraux dans les poumons à J+4 post-infection ; les animaux seront anesthésiés une fois puis infectés une fois par instillation intranasale. Les animaux recevront 2 fois par jour pendant maximum 6 jours une injection de la molécule au niveau du flanc. Les animaux en fin de procédure seront mis à mort après sédation préalable.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Un nouvel examen, publié en 2024, a mesuré que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces mesures portent sur l'Allemagne et le Royaume-Uni. L'examen de 2018 classait la France parmi les pays les moins bons pour l'identification, l'accessibilité et la qualité de ses résumés, sans les noter rubrique par rubrique (Taylor et al., 2018). Les résumés français suivent aujourd'hui le modèle européen commun.
Les animaux souffrent-ils ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les effets indésirables suivants peuvent être observés jusqu’à atteinte des points limites préalablement définis : perte de poids rapide ou progressive de 20 %, difficultés respiratoires, réduction de la mobilité, nécrose tissulaire au point d’injection, léthargie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Expérience 1a : Les souris n’ayant pas été mis à mort au cours de la détermination de la DL90 du virus de la vaccine le seront à la fin de la procédure pour des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Expérience 1b : Les souris utilisées pour l’évaluation de l’innocuité du traitement sur 10 jours seront mis à mort à la fin de la procédure pour des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Expérience 2a : Les souris n’ayant pas été euthanasiées au cours de l’essai d’efficacité antivirale de la molécule seront mis à mort à la fin de la procédure pour des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Expérience 2b : Les souris utilisées pour l’analyse des titres viraux à J+4 post-infection dans les poumons seront mis à mort pour dissection.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe aucune méthode alternative permettant d’évaluer les effets bénéfiques d’une molécule luttant contre une infection avec du virus de la vaccine. Les méthodes in vitro et ex vivo ne rendent pas compte de la complexité d’une infection multiviscérale.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous avons calculé le nombre d’animaux de façon à obtenir des données statistiquement fiables avec le moins d’animaux possible. Seule la molécule la plus efficace in vitro est testée in vivo, et avec le minimum de conditions de concentrations et de plannings de traitement nécessaires au retour scientifique permettant d’évaluer le potentiel antiviral de la molécule testée. Le nombre d’animaux par groupe est suffisant pour mettre en évidence des différences de survie par la méthode de Kaplan-Meier et de charge virale par le test de Mann-Whitney.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
La réglementation est-elle « très stricte » ? · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront hébergés en groupes sociaux sur litière et avec un enrichissement (abri et matériel de nidification) afin de réduire le stress. Les souris sont hébergées en groupes avec un enrichissement du milieu (maison en carton, coton). Les procédures d’instillation du virus sont réalisées sur animal anesthésié et lors de l’anesthésie les animaux sont placés sur un tapis chauffant pour éviter l’hypothermie. Les animaux sont quotidiennement suivis par l’expérimentateur et en cas de signes de souffrance persistante l’expérience sera stoppée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Spécisme et expérimentation animale · Comment lire un résumé non technique
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un bon modèle d’étude pour évaluer l’efficacité de molécules antivirales contre le virus de la vaccine, avec notamment une réplication importante du virus dans les voies respiratoires. La littérature sur ce modèle est suffisamment riche pour permettre une comparaison de l’efficacité de la molécule. Souris Balb/c âgées de 4 à 6 semaines : il s’agit de la souche la plus utilisée pour les infections par du virus de la vaccine et l’âge est bien adapté car les souris âgées de 4 à 6 semaines ont déjà un système immunitaire fonctionnel.