Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

432 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. Elles sont infectées par le virus de la vaccine par voie intranasale, dont une partie pour établir la dose létale, puis traitées par des injections deux fois par jour, avec perte de poids, détresse respiratoire et léthargie possibles. La mise à mort est justifiée par des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Le porteur affirme qu’aucune méthode alternative ne rend compte d’une infection multiviscérale et présente le projet comme une préparation contre une réémergence de la variole.

NTS-FR-336627v1
Types de recherche
· Maladies animales · Maladies infectieuses · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Virus, Traitement, Poxvirus, Biodefense
Souris : 432

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif du projet est d’établir la preuve d’efficacité thérapeutique in vivo de molécules ciblant de nombreux virus et notamment les « Poxvirus ». Les Poxvirus sont des virus qui infectent les hommes et les animaux et sont responsables dans l’histoire d’épidémies très graves comme le virus de la variole ayant un taux de mortalité aux alentours des 30%. Bien qu’éradiqué, le virus est maintenu dans deux centres de recherche (aux Etats-Unis et en Russie) et une reconstruction du virus par génie génétique est possible. Une réapparition accidentelle ou une réintroduction volontaire du virus pourrait engendrer une pandémie avec un taux de mortalité estimé de 15 à 90%. D’autres poxvirus circulent, comme le monkeypox et le camelpox, et sont préoccupants. Il n’existe à l’heure actuelle qu’une seule molécule anti-poxvirus approuvée, mais les poxvirus développent rapidement des résistances contre celle-ci. Il est donc nécessaire de disposer de plusieurs antiviraux efficaces. Nous avons développé des molécules capables de bloquer la formation du virus et ainsi bloquer sa dissémination dans l’organisme. Les performances in vitro des molécules et les résultats préliminaires obtenus nous confortent et apportent un rationnel suffisant pour la poursuite des développements.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet permettra d’établir l’efficacité de molécules d’intérêt contre une infection par un poxvirus. Ces résultats ouvriront la voie à une création de société pour assurer le développement pharmaceutique de ces molécules. Ce développement impliquera le test chez une seconde espèce animale, la poursuite des développements notamment une optimisation de la formulation et des études toxicologiques. En cas de succès, à plus long terme, le bénéfice final sera de pouvoir proposer des molécules thérapeutiques antivariolique et anti-poxvirus pour le traitement des émergences virales et assurer des stocks nationaux de préparation contre une réémergence de la variole d’origine accidentelle ou provoquée. Comme le montre la crise COVID, la vaccination d’une population importante est très complexe, longue, et requiert d’avoir en parallèle à disposition des médicaments antiviraux pour faire face aux premières phases de l’épidémie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Procédure 1a : détermination de la DL90 (dose létale 90%) du poxvirus ; les animaux seront anesthésiés une fois par injection intrapéritonéale puis infectés une fois par instillation intranasale. Procédure 1b : évaluation de l’innocuité du traitement sur 10 jours ; les animaux recevront 2 fois par jour pendant maximum 10 jours une injection au niveau du flanc d’une des molécules à différentes doses. Procédure 2a : évaluation de l’efficacité anti VACV-WR de la molécule ; les animaux seront anesthésiés une fois par injection intrapéritonéale puis infectés une fois par instillation intranasale et recevront 2 fois par jour pendant maximum 12 jours une injection des molécules au niveau du flanc. Un suivi précis des animaux sera alors réalisé. Les animaux en fin de procédure seront mis à mort après sédation préalable . Procédure 2b : Analyse des titres viraux dans les poumons à J+4 post-infection ; les animaux seront anesthésiés une fois puis infectés une fois par instillation intranasale. Les animaux recevront 2 fois par jour pendant maximum 6 jours une injection de la molécule au niveau du flanc. Les animaux en fin de procédure seront mis à mort après sédation préalable.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables suivants peuvent être observés jusqu’à atteinte des points limites préalablement définis : perte de poids rapide ou progressive de 20 %, difficultés respiratoires, réduction de la mobilité, nécrose tissulaire au point d’injection, léthargie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Expérience 1a : Les souris n’ayant pas été mis à mort au cours de la détermination de la DL90 du virus de la vaccine le seront à la fin de la procédure pour des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Expérience 1b : Les souris utilisées pour l’évaluation de l’innocuité du traitement sur 10 jours seront mis à mort à la fin de la procédure pour des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Expérience 2a : Les souris n’ayant pas été euthanasiées au cours de l’essai d’efficacité antivirale de la molécule seront mis à mort à la fin de la procédure pour des raisons de biosécurité empêchant leur sortie de l’installation. Expérience 2b : Les souris utilisées pour l’analyse des titres viraux à J+4 post-infection dans les poumons seront mis à mort pour dissection.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe aucune méthode alternative permettant d’évaluer les effets bénéfiques d’une molécule luttant contre une infection avec du virus de la vaccine. Les méthodes in vitro et ex vivo ne rendent pas compte de la complexité d’une infection multiviscérale.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous avons calculé le nombre d’animaux de façon à obtenir des données statistiquement fiables avec le moins d’animaux possible. Seule la molécule la plus efficace in vitro est testée in vivo, et avec le minimum de conditions de concentrations et de plannings de traitement nécessaires au retour scientifique permettant d’évaluer le potentiel antiviral de la molécule testée. Le nombre d’animaux par groupe est suffisant pour mettre en évidence des différences de survie par la méthode de Kaplan-Meier et de charge virale par le test de Mann-Whitney.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en groupes sociaux sur litière et avec un enrichissement (abri et matériel de nidification) afin de réduire le stress. Les souris sont hébergées en groupes avec un enrichissement du milieu (maison en carton, coton). Les procédures d’instillation du virus sont réalisées sur animal anesthésié et lors de l’anesthésie les animaux sont placés sur un tapis chauffant pour éviter l’hypothermie. Les animaux sont quotidiennement suivis par l’expérimentateur et en cas de signes de souffrance persistante l’expérience sera stoppée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un bon modèle d’étude pour évaluer l’efficacité de molécules antivirales contre le virus de la vaccine, avec notamment une réplication importante du virus dans les voies respiratoires. La littérature sur ce modèle est suffisamment riche pour permettre une comparaison de l’efficacité de la molécule. Souris Balb/c âgées de 4 à 6 semaines : il s’agit de la souche la plus utilisée pour les infections par du virus de la vaccine et l’âge est bien adapté car les souris âgées de 4 à 6 semaines ont déjà un système immunitaire fonctionnel.