Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour obtenir le marquage CE d’un dispositif de traction endoscopique, 21 porcs charcutiers de 30 à 50 kg vont être utilisés, douze opérés sous anesthésie et tués avant tout réveil, neuf dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacun subit une endoscopie de quatre à huit heures avec dissection de la paroi digestive, des perforations étant attendues dans 5 à 10 % des cas, puis est tué pour l’examen des sites traités. Le porteur indique qu’un premier prototype a déjà servi à cinquante dissections chez 49 patients, et que les autorités sanitaires imposent malgré tout des études sur animaux non-humains pour valider le design final. Le suivi repose sur une grille d’évaluation de la douleur et une vidéosurveillance continue, des points limites étant prévus pour « soustraire l’animal à la souffrance ».

NTS-FR-339788v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée · Troubles gastrointestinaux ·
Mots-clés
Cancers digestifs, Dissection endoscopique
Cochons : 21

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet vise à évaluer la sécurité et la performance d’un nouveau dispositif utilisé en endoscopie, développé pour faciliter le traitement des tumeurs gastrointestinales peu accessibles, réduire le temps opératoire et les complications. Le présent projet se déroule en deux parties. Une première partie évaluera la sécurité et la performance du dispositif au cours de la phase opératoire. Il s’agit d’une étude réglementaire qui devrait être suffisante pour valider le dispositif. Cependant, si les instances réglementaires le jugent nécessaire, une seconde étude pourrait être menée pour évaluer les conséquences post-opératoires (4 semaines) de l’utilisation du dispositif, notamment en termes de cicatrisation des tissues traités.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

En facilitant la dissection des tumeurs, les patients, notamment ceux qui ont des tumeurs difficiles d’accès, seront mieux traités. Ils verront les risques de récidive, liés à une résection partielle des tumeurs, et les risques de complications per-opératoires, réduits. De plus, le temps d’anesthésie serait réduit grâce à une réduction du temps opératoire.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Endoscopie pour prélèvement de tissus sur animal anesthésie d’une durée de 4 à 8 heures.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances pour les animaux sont liées à l’induction de l’anesthésie : stress à la contention, injection intramusculaire (douleur transitoire au niveau du site d’injection). Le réveil de l’anesthésie peut s’accompagner de nausées, désorientation, hypothermie, irritation trachéale.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort afin de pouvoir réaliser des prélèvements et examiner de façon macroscopique et/ou histologique les sites traités, pour corroborer les observations endoscopiques..

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

De premiers tests ont été effectuées sur des colons de vache et ont permis de définir un premier prototype du dispositif, fabriqué à l’aide de fils chirurgicaux marqués CE. Ce premier prototype a ensuite été testé chez 49 patients pour effectuer 50 ESD (Grimaldi et al., 2024). Cette étude multicentrique a permis de mettre en évidence la sécurité et la performance du dispositif prototype et de valider le design final, qui n’est pas composé de fils chirurgicaux marqués CE. Le sponsor a donc l’obligation réglementaire, émanant des autorités de contrôles sanitaire (ANSM, FDA) de réaliser des études non cliniques sur animaux pour prouver la sécurité du dispositif et obtenir le marquage CE, afin qu’il puisse être utilisé chez les patients.

2. Réduction

3R / Réduction :

Afin de réduire le nombre d’animaux par procédure, le nombre de dissections a été déterminé de sortes à l’optimiser, en tenant compte de l’incidence des perforations attendues (entre 5 et 10%), de la taille des dissections (5cm de diamètre), des contraintes anatomiques de place (espacement entre chaque dissection) et physiologiques de l’animal, ainsi que de la durée générale de la procédure.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les procédures se font sous anesthésie générale par voie endoscopique, avec couverture antalgique. L’endoscopie est une procédure mini-invasive qui consiste à utiliser les orifices naturels (bouche, anus) pour accéder au tractus gastrointestinal. Un gastroentérologue endoscopiste formé à la procédure et à l’utilisation du dispositif réalise les gestes spécifiques liés au déploiement et utilisation de celui-ci. Une grille d’évaluation de la douleur est établie avec la conduite à tenir en cas de complications. Une vidéosurveillance 24h/24 permet un suivi visuel des comportements en animalerie et une intervention rapide du vétérinaire en cas d’anomalie. Des points limites sont définis pour soustraire l’animal à la souffrance. Les porcs sont maintenus en groupe social dans un environnement contrôlé en température et hygrométrie. Ils reçoivent une alimentation adaptée à leurs besoins, de l’eau à volonté, des jouets et dispositifs favorisant leurs comportements naturels comme le fouissage et mâchouillement. Un temps d’acclimatation avec douche tiède, promenade et distribution de récompenses permet l’habituation des animaux à l’homme et aux manipulations. Une équipe compétente composée de zootechniciens, vétérinaire et médecins assure au quotidien l’entretien, la surveillance et les soins des animaux. La Structure en charge du bien-être animal accompagne la mise en œuvre des procédures. Avec le vétérinaire désigné, elle conseille les responsables du projet dans l’amélioration de leurs pratiques en faveur du bien-être des animaux et de l’application des 3R.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Parmi les différentes espèces animales, le porc est souvent l’espèce de choix pour les études impliquant de la chirurgie en raison de sa grande taille et de ses similitudes anatomiques et physiologiques avec l’homme. Pour ce projet, le porc, espèce monogastrique, est un bon modèle de l’anatomie viscérale. L’accès au tractus digestif haut ou bas se fait avec le même type d’endoscope que chez les patients. Cette espèce est de plus communément acceptée par les agences de régulation et la communauté scientifique pour les études sur les dispositifs médicaux. Un porc charcutier de 3 à 4 mois, qui pèse entre 30 et 50 Kg, nous permet d’avoir un modèle digestif pertinent pour réaliser des interventions endoscopiques dans les mêmes conditions que chez le patient (taille des instruments, volumes des segments digestifs, voies d’abord, ergonomie, orientation…).