
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/11/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-340890)
Mettre à jour les tables nutritionnelles qui servent à formuler les aliments de plusieurs millions de porcs chaque année : 1 260 cochons vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Ils sont pesés au début et à la fin de chaque essai, puis enfermés seuls dans une case de 1 m² pendant les quatre jours de collecte des fèces, à trois stades de croissance, de 10 à 60 kg. Le porteur reconnaît que cet isolement stresse un animal sociable, que la réduction d’espace limite ses mouvements jusqu’à provoquer de l’ennui, et que les matières premières testées peuvent causer des diarrhées. Aucun cochon n’est tué dans le projet, tous repartant en case collective pour « continuer leur phase d’élevage classique », et le porteur qualifie ce travail d' »indispensable » pour mieux valoriser les matières premières.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet consiste à mesurer la valeur nutritionnelle des matières premières destinées à l’alimentation des porcs. Les tables nutritionnelles utilisées pour formuler les aliments nécessitent d’être régulièrement mises à jour car les matières premières évoluent en fonction des années ou encore de leur origine. Le maintien à niveau de ces tables nutritionnelles à jour permet de formuler précisément des aliments qui répondent au mieux aux besoins nutritionnels des porcs. Si une matière première est mal évaluée nutritionnellement, elle sera mal valorisée par l’animal : il faudra plus d’aliment pour le nourrir, les rejets dans les fèces seront plus importants, ce qui augmente l’impact sur l’environnement (nitrates par exemple). L’animal peut même être malade car il digère mal ce qu’on lui donne à manger. Ainsi, nous optimisons les aliments qui nourrissent plusieurs millions de porcs chaque année en France et dans le monde. Ce projet fait suite à un projet de 5 ans déjà avisé en 2014 et 2019.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet est indispensable pour mesurer des digestibilités et ainsi évaluer les matières premières : cela permettra ensuite de compléter des tables de valeurs qui permettent de formuler les aliments des porcs d’élevage (aliments qui correspondront mieux aux besoins de l’animal). Ce projet permet de maîtriser les consommations individuelles et de réaliser une collecte de fèces de bonne qualité (non souillés).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les porcs sont peu sollicités, il n’y a pas de prélèvements ou de procédures chirurgicales de réalisés sur animaux. Les animaux sont manipulés uniquement au début et à la fin de chaque essai pour être pesés. Les animaliers passent plusieurs fois par jour pendant les périodes de mesures, notamment pour collecter les fèces sur les plateaux sous les caillebotis, ce qui ne nécessite pas de contact avec les animaux.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
En fonction des matières premières testées, les nuisances attendues peuvent être des modifications de consistance de fèces (voir des diarrhées). La nuisance liée à l’isolement peut être un stress car le porc est un animal sociable. Les nuisances liées à la réduction de surface peuvent être des mouvements limités ce qui peut causer un ennui ou une segmentation de l’espace plus difficile pour l’animal. Une baisse de consommation de l’aliment peut également être observée.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les porcs sont ensuite élevés dans des cases en groupe après l’essai pour continuer leur phase d’élevage classique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les évaluations de ces matières premières à partir d’analyses chimiques restent problématiques et les techniques in vitro utilisant des préparations enzymatiques sont encore délicates à mettre en œuvre. De plus, elles demeurent imprécises quand on cumule l’incertitude des modèles de prédiction à celle associée à la variabilité analytique. L’objectif de ce projet est d’évaluer des matières premières pour les utiliser dans l’alimentation animale (notamment en porcs), c’est pourquoi il est nécessaire de faire appel à des porcs. Nous utilisons des porcs à 3 âges différents car le système digestif évolue avec l’âge et que les aliments commercialisés dans les élevages sont différents selon le stade de l’animal (aliments 1er âge, 2ème âge, croissance). Ces mesures sont réalisées sur des animaux en croissance ce qui est le plus représentatif des animaux présents dans les élevages.
2. Réduction
La méthodologie utilisée détermine l’énergie digestible des matières premières sur des porcs de 3 âges différents (1er âge, 2ème âge, croissance). Grâce à la méthode par marqueur indigestible, nous ne sommes plus obligés, comme avant, de récolter la totalité des fèces. La contention des animaux est donc moins limitante et la durée de récolte est réduite à 4 jours par âge (vs 7 jours avec la méthode avant). La méthode ne nécessite plus de mise à jeun comme l’ancienne méthode. Pour le dispositif appliqué en phase croissance, les mêmes animaux sont utilisés pour tester 1 aliment sur 2 séries différentes, chaque série étant espacée par une période de « repos ». Quand les essais se succèdent, les animaux sont réutilisés pour limiter le nombre. Les essais 1er et 2ème âge durent chacun 3 semaines avec 6 répétitions par groupe (1 répétition = 1 case de 2 animaux), les essais croissance durent 31 jours avec 12 répétitions par groupe (1 répétition = 1 case de 1 animal). Dans chaque essai, 7 matières premières sont testées (1 témoin et 6 matières premières). Ce nombre de porcs a été calculé afin de pouvoir observer des différences significatives (pour une valeur de probabilité de 5%, soit une chance sur 20 que notre hypothèse soit fausse) sur la digestibilité entre les groupes. Ce nombre a été déterminé par un test statistique de puissance de notre dispositif expérimental (avec calcul de la ppds = plus petite différence significative que le dispositif permet de détecter entre les groupes).
3. Raffinement
Pour enrichir le milieu, une chaîne est installée dans chaque case. Cet enrichissement efficace permet aux porcs de mâchouiller ce matériau (sans l’ingérer, pour ne pas avoir de biais dans nos essais de digestibilité). Le module (=case) est configurable en deux versions grâce à des cloisons amovibles. Pendant les périodes d’adaptation, le module est en 1 seul espace de 3.2m² avec deux porcs. Le module est divisé en deux cases individuelles de 1m² uniquement pendant la phase de collecte (4 jours). Une fois les mesures terminées, les porcs sont ensuite replacés dans notre élevage dans des cases en groupe comme en élevage conventionnel. Les porcs sont peu sollicités, il n’y a pas de prélèvements sur animaux ou de procédures chirurgicales de réalisés. Pour limiter le stress et que les porcs s’adaptent à l’environnement, il y a d’abord une première phase d’adaptation sans manipulation, ni mesure, où les animaux sont placés à 4 /module pour les essais 1er âge et 2ème âge, à 2 modules pour les essais croissance. Les animaux sont manipulés uniquement au début et à la fin de chaque essai pour être pesés. Les animaliers passent plusieurs fois par jour pendant les périodes de mesures, notamment pour collecter les fèces sur les plateaux sous les caillebotis, ce qui ne nécessite pas de contact avec les animaux. La méthode indigestible par marqueur ne nécessite plus de mise à jeun des porcs. Des points limites sont mis en place pour s’assurer du bien-être des animaux dans le cadre de ce projet. En présence d’un seul signe clinique notable, un protocole de soins établi par le vétérinaire sanitaire est appliqué. Les signes cliniques sont notamment en lien avec la consistance des déjections, la présence de boiterie, de lésions, d’amaigrissement, de gonflements etc.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Il s’agit de l’espèce cible. Porcs en 1er âge (environ 10 kg), 2ème âge (environ 20 kg) et croissance (jusqu’à 60 kg) afin d’obtenir des mesures correspondants aux besoins des animaux d’élevage à différents stades.