Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’objectif principal du projet est de générer de nouveaux anticorps thérapeutiques en médecine vétérinaires pour les animaux de compagnie. En effet, les anticorps thérapeutiques représentent une avancée majeure en santé humaine depuis plusieurs dizaines d’années et commencent à être de plus en plus utilisés en médecine vétérinaire. Ils permettent une approche ciblée pour des maladies complexes, ils vont agir sur des cibles moléculaires très précises, limitant ainsi les effets secondaires. Le projet vise à développer de nouveaux traitements répondant à des besoins médicaux non satisfaits, à l’aide d’anticorps thérapeutiques qui cibleront des voies de signalisation bien définies afin de limiter les effets secondaires. Un objectif secondaire sera de générer des anticorps et serums polyclonaux pour des réactifs de laboratoire afin de réaliser des analyses pour une meilleure compréhension des indications ciblées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La finalité de ce projet est de développer des traitements vétérinaires innovants, qui présenteront une meilleure efficacité thérapeutique associé à un risque minimal d’effets secondaires. Ces nouveaux traitements permettront d’améliorer significativement la qualité de vie et longévité des animaux de compagnie en leur offrant des solutions mieux adaptées à leur besoins cliniques. Par ailleurs, les analyses réalisées avec des réactifs générés lors de ce projet contribueront à une meilleure compréhension des mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans les pathologies ciblées.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux auront tous les actes suivants : Si animaux immunisés après les 4 premiéres injections : – Injection sous cutanée en 4 points : 4 injections animaux vigiles. Pour chaque injection temps inférieur à 1 minute – Prise de sang intermédiaire soit en submendibulaire soit à la veine de la queue : 1 animaux vigiles. Pour chaque prélévement temps inférieur à 1 minute – Injection intraperitonéale ou veine de la queue : 1 injection animaux vigiles. Pour chaque injection temps inférieur à 1 minute – Prise de sang terminale sur animaux anesthésiés en intracardiaque. Pour chaque prélévement temps inférieur à 1 minute – – Euthanasie sur animaux anesthésiés par dislocation des cervicales Si animaux immunisés ne présentant pas de réponse après 4 injections : – Injection sous cutanée en 4 points : 9 injections animaux vigiles. Pour chaque injection temps inférieur à 1 minute – Prise de sang intermédiaire soit en submendibulaire soit à la veine de la queue : 2 prélèvements sur animaux vigiles. Pour chaque prélévement temps inférieur à 1 minute – Injection intraperitonéale ou veine de la queue : 1 injection possible animaux vigiles. Pour chaque injection temps inférieur à 1 minute – Prise de sang terminale possible sur animaux anesthésiés en intracardiaque. Pour chaque prélèvement temps inférieur à 1 minute – Euthanasie sur animaux anesthésiés par dislocation des cervicales

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’administration d’un produit et les prélèvements sanguins peuvent occasionner un stress et une douleur chez l’animal. En fonction de l’adjuvant utilisé une possible apparition de nodules caséeux aux points d’injections sans perte de mobilité de l’animal peuvent apparaitre. Si ces nodules devaient entrainer une perte de mobilité et/ou un éclatement avec nécrose une euthanasie sera réalisée. En cas d’éclatement des nodules sans nécrose des soins locaux seront mis en place selon les recommandations du vétérinaire désigné. Une perte de poids pourrait être observée en cas de boost répétés. Une apathie de moins de 24 heures pourrait être observé en fonction de l’antigène.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux font l’objet d’un prélévement sanguin terminal et sont euthanasiés en fin d’étude. De plus des prélèvements post-mortem sont nécessaires. Dans des cas exceptionnels en cours d’étude si des animaux atteignent des points limites ils seront euthanasiés

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’immunisation d’animaux vivants et notamment de souris est une étape nécessaire car elle permet de générer une réponse anticorps hautement spécifiques et fonctionnels. L’immunisation permet de déclencher une réponse immunitaire complète dans un contexte physiologique. Le schéma d’immunisation s’appuie sur la répétition d’injection de l’antigène ce qui favorise la sélection naturelle des lymphocytes B produisant des anticorps de plus en plus spécifiques. Cette sélection est orchestrée par la système immunitaire dans les centres germinatifs des organes lymphoïdes tels les ganglions ou la rate grâce à des hypermutations somatiques et la maturation d’affinité. Actuellement, ces mécanismes ne peuvent pas être totalement reproduits in vitro. La spécificité et l’affinité sont des critères cruciaux, notamment pour les applications thérapeutiques car elles conditionneront l’efficacité du traitement tout en minimisant les effets secondaires. Bien que des alternatives comme le phage display ou les bibliothèques synthétiques soient disponibles et utiles dans certains contextes, elles présentent des limitations importantes. La diversité des bibliothèques synthétiques, bien que vaste, reste artificielle et ne reflète pas la complexité et diversité du système immunitaire naturel. De plus, les anticorps issus d’animaux immunisés présentent une stabilité et une capacité de reconnaissance des conformations natives des antigènes, souvent supérieures à celles obtenues par des méthodes in vitro. L’utilisation de ces méthodes alternatives sera envisagée lorsque les anticorps recherchés ne nécessitent pas une haute affinité ou une reconnaissance dans un environnement physiologique complexe.

2. Réduction

3R / Réduction :

Il a été défini que 5 souris par groupe étaient nécessaires afin de pouvoir être sûr d’avoir au moins 4 souris qui répondent à l’immunisation. Une diminution du nombre de souris par groupe entrainerait un risque d’invalidation d’une étude. Différentes souches de souris étant testées à chaque étude en cas d’absence de réponses sur 3 études avec le même antigène une souche pourra être abandonnée (réduisant ainsi le nombre d’animaux par études). Dans le cadre d’évaluation de nouvelles souches de souris il sera possible très occasionnellement de faire une étude avec plus de 5 animaux par groupe. En fonction de leur réponse le nombre d’animaux par groupe pourra être réduit à 3 animaux

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Pour chaque protocole une période d’acclimatation systématique des animaux est prévue dans le but de limiter leur stress et de stabiliser leur état physiologique. Le personnel est compétent pour identifier les cas pour lesquels l’animal n’est plus dans sa zone de confort. Des points limites spécifiques sont mis en place et appliqués. Les conditions d’hébergement mis en place sont là pour maximiser leur confort et leur bien-être. Tous les animaux sont hébergés en groupe. Une pesée hebdomadaire sera réalisée afin de surveiller la perte de poids possible. Après chaque vaccination et après la prise de sang intermédiaire il est envisagé de mettre un complément alimentaire/hydrique pour le bien-être des animaux et en cas de difficultés à récupérer après un acte technique. Ensuite dans chaque cage sera mis en place un enrichissement spécifique des souris qui pourront être des nids, des igloos, etc… Les animaux seront sous la responsabilité du vétérinaire désigné qui pourra intervenir à tout moment en cas de soin à réaliser.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle murin permet d’avoir une réponse spécifique à un antigène d’une autre espèce. Il permet donc de ne pas avoir recours à l’espèce cible et de produire une grande diversité d’anticorps. Ce modèle animal permet aussi une facilité de manipulations. La production d’anticorps monoclonaux chez la souris est un modèle de référence largement reconnu dans la bibliographie. La procédure est réalisée sur des animaux sevrés (dès 21 jours). Les caractéristiques de ces animaux sont bien connues car communément utilisés à partir de cet âge (bibliographie, données fornisseurs agréés)