
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/01/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-354557)
Toutes tuées pour que leur tissu musculaire passe en analyse histologique, 70 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Une toxine leur est injectée dans la patte arrière pour provoquer une lésion du muscle, avec jusqu’à trois injections sous-cutanées et deux injections intramusculaires, puis huit jours d’isolement en cage individuelle dont quatre-vingt-seize heures en cage à roue d’activité. Le protocole prévoit jusqu’à quatre évaluations de la sensibilité mécanique, dont la mesure sert justement à estimer la douleur que la lésion provoque. L’objet du projet est de comparer deux antalgiques pour raffiner ce modèle de blessure, et le porteur conclut que « l’expérimentation animale est indispensable » pour y parvenir.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le muscle squelettique peut se réparer complètement après une blessure grâce au processus de régénération musculaire. Ce processus, habituellement efficace, peut être compromis dans certaines conditions (maladies métaboliques, vieillissement, myopathies). Le modèle standard de blessure musculaire est celui de l’injection d’une toxine dans la patte arrière de l’animal. Ce modèle est très courant et très standardisé. La lésion musculaire induit une douleur qui n’est pas quantifiable en analysant le comportement de l’animal. En vue de raffiner le protocole, l’étude vise à analyser l’effet de deux antalgiques sur l’activité motrice des animaux, indicative de la douleur, à la suite de l’induction de la lésion.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette étude permettra de définir le meilleur protocole pour raffiner le modèle expérimental. Il s’agit d’une part de valider l’impact de la blessure sur l’activité et la nociception des animaux, d’analyser l’impact des analgésiques sur cette activité (les analyses seront réalisées en aveugle) et d’autre part de s’assurer que la prise d’antalgique n’impacte pas le processus de régénération musculaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront installées dans des cages individuelles équipées de roues d’activité pendant 96h puis maintenues en cages individuelles jusqu’à la fin du protocole expérimental (soit une durée totale de 8 jours). Les souris subiront des injections de faible volume en sous cutané (3 au maximum) et en intramusculaire (2 au maximum). La durée de ces injections est d’environ 10-20 secondes (contention totale 30-40 secondes). Les souris seront soumises à une évaluation de la sensibilité mécanique (4 maximum, durée maximale du test: 15-20 minutes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Des nuisances et effets indésirables modérés sont attendus du fait d’un cumul d’actes (injections intramusculaire, injections sous-cutanées, anesthésies, blessure musculaire), qui induisent du stress et une douleur et de l’isolement des animaux pendant 8 jours.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux sont mis à mort en vue de récupérer le tissu musculaire pour des analyses histologiques et cellulaires
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’analyse de la régénération musculaire peut être en partie étudiée in vitro. Cependant, la coordination des processus biologiques qui la régule ne peut se faire qu’in vivo. L’étude de composés favorisant la régénération musculaire ne peut se faire qu’in vivo, justifiant le recours à l’expérimentation animale. En outre, cette étude ayant pour but de raffiner un protocole expérimental in vivo, l’expérimentation animale est indispensable.
2. Réduction
L’expérience du laboratoire permet de réduire au maximum le nombre d’animaux utilisés pour les analyses. Les deux pattes des animaux sont utilisées, réduisant par deux le nombre d’animaux utilisés, car des analyses différentielles peuvent être réalisées sur les deux pattes (e.g., histologie pour une patte, cytométrie pour l’autre).
3. Raffinement
L’étude vise à évaluer la meilleure prise en charge de la douleur à la suite d’une induction de lésion musculaire. L’évaluation de la douleur sera donc estimée par la mesure de l’activité physique des souris et en réponse à une évaluation de la sensibilité mécanique. Lors de l’induction de la lésion, des anesthésiques sont utilisés, et différents analgésiques seront comparés. Des points limites suffisamment prédictifs et précoces sont mis en place pour limiter la douleur.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Des travaux précédents ont montré que les processus mis en œuvre au cours de la régénération musculaire chez la souris sont proches de ceux observés chez l’homme. Les animaux sont utilisés entre 6-8 semaines, à l’âge adulte car nos précédents travaux et ceux de la littérature ont été majoritairement conduits à ce stade de maturation.