Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Deux des six macaques rhésus de ce projet viennent d’un projet antérieur reposant sur la même approche, ce qui leur épargne la pose d’un implant crânien. Les quatre autres subissent une chirurgie de quatre heures pour fixer une pièce de contention sur le crâne, suivie de plusieurs semaines de convalescence, puis d’un conditionnement comportemental sous restriction hydrique. Tous passent une dizaine de périodes d’enregistrement en IRM fonctionnelle vigile, d’une à deux semaines chacune et de nouveau sous restriction hydrique, plus six sessions sous sédation, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Aucun n’est tué à l’issue, quatre étant réutilisés dans des projets de même nature et deux retournant à l’animalerie après désimplantation, ce que le porteur qualifie d’approche « très économe en termes d’individus impliqués ».

NTS-FR-354563v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
imagerie cérébrale multi-modale, singe macaque, système visuel, réseaux corticaux, cognition
Macaques rhésus : 6

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet de recherche vise à caractériser les réseaux corticaux qui sous-tendent cognition spatiale et cognition sociale chez le singe macaque. L’objectif est double: (1) comprendre comment ces réseaux s’articulent chez le singe et (2) estimer leur degré d’homologie avec les réseaux supportant les mêmes fonctions cognitives chez l’Homme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les connaissances que ce projet dégageront doivent permettre de mieux comprendre comment cognition spatiale et cognition sociale sont implémentées chez le primate, et en quoi cette implémentation diffère entre l’Homme et le singe macaque. Il s’agit de connaissances fondamentales dont il est difficile de prévoir, par essence, la façon dont elles contribueront à améliorer la santé humaine et/ou animale. Cependant, les troubles touchant la cognition sociale et/ou spatiale chez l’Homme sont suffisament nombreux et invalidants pour justifier de faire progresser nos connaissances fondamentales dans ces domaines.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les 6 macaques rhesus qui participent à ce projet seront impliqués dans une unique procédure qui comporte 4 phases. Deux des animaux seront ré-utilisés d’un projet antérieur (si avis vétérinaire conforme) qui s’appuyait sur la même approche expérimentale, ils n’auront donc pas à repasser les 2 premières des 4 phases décrites ci-après: (A) Pose de la pièce de fixation de tête (n=4): implique une chirurgie d’environ 4 heures sous anesthésie et dans des conditions aseptiques, puis un suivi post-opératoire et une période de convalescence de plusieurs semaines. (B) Conditionnement comportemental (n=4): implique des manipulations quotidiennes d’acclimation à la manipulation, puis un conditionnement comportemental à une tâche de fixation s’accompagnant d’une restriction hydrique contrôlée (quelques semaines à plusiers mois selon les individus). (C) Sessions d’enregistrements IRMf vigile (n=6): implique pour chaque individus une dizaine de périodes d’enregistrement en IRMf, chacune durant entre 1 à 2 semaines. Ces périodes d’enregistrement s’accompagne d’une restriction hydrique et elles sont donc espacées d’au moins un mois pour chaque individus. (D) Sessions d’enregistrements IRMf anesthésié (n=6): implique pour chaque individus 6 sessions d’enregitrement de 45 minutes environ, sous légère sédation et hors périodes de restriction hydriques.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances et effets indésirables potentiels sur les animaux impliqués dans ce projet sont: (1) le stress que peut générer la phase d’habituation à la manipulation, à la chaise à primate et à l’immobilisation de tête, (2) les conséquences de l’anesthésie (déshydratation, dépression respiratoire ou dépression du rythme cardiaque), (3) les complications post-opératoires (douleur potentielle, risques d’infection) (4) le stress et la perte de poids associés à la restriction hydrique.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue de l’unique procédure de ce projet, il n’est prévu aucune mise à mort. Les animaux seront replacés ou réutilisés dans des projets scientifiques de même nature, selon leur âge, leur état de santé, conformément à l’avis vétérinaire qui sera émis le cas échéant.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les capacités cognitives spatiales et sociales que nous cherchons à comprendre s’expriment, par essence, dans des organismes entiers en interaction avec leur environnement. Comprendre comment ces capacités se sont développées chez les primates pour culminer chez l’homme nécessite une approche comparative homme/singe seule à même de nous apprendre comment fonctionnent les réseaux cérébraux sous-jacents. L’objectif est double (1) identifier les spécificités humaines, (2) caractériser les domaines de pertinence du modèle animal pour l’étude de la cognition spatiale et de la cognition sociale. Ces objectifs scientifiques ne peuvent être atteint qu’en étudiant l’organisation anatomo-fonctionnelle du cerveau chez des singes macaques et des humains placés dans des conditions expérimentales similaires.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux impliqués dans ce projet (n=6) est suffisant pour appliquer des tests statistiques classiques et extraire des connaissances robustes et généralisables sur les réseaux corticaux supportant cognition spatiale et cognition sociale chez le singe macaque. Du fait de la nature faiblement invasive des approches déployées ici, les mêmes animaux participeront à tous les protocoles d’imagerie fonctionnelle et structurelle, permettant de réduire le nombre d’individus à implanter. Il est a noté que 2 des 6 animaux inclus dans ce projet sont réutilisés suite à leur implication dans un projet antérieur reposant sur des méthodes similaires à celles proposées ici. De même, aucun animal ne sera sacrifié en fin de projet. Ils seront réutilisés dans des projets de même nature si leur âge et leur état de santé le permet, ou seront désimplantés et continueront à être hébergés dans notre animalerie. Cette approche est ainsi très économe en termes d’individus impliqués.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tout stress ou souffrance des animaux ayant un effet négatif sur les processus cognitifs étudiés, il convient de veiller à les diminuer au maximum. Dans le cadre de ce projet, cela passe notamment par une pose d’implant de tête sous anesthésie générale, l’utilisation d’analgésie en post-opératoire, une surveillance continue des animaux pour détecter tout signe de détresse et un conditionnement comportemental très graduel. Chacune de ses étapes est associée à un ensemble de points limites stricts qui, s’ils sont dépassés, justifieront l’arrêt temporaire ou définitif de la procédure en cours. Par ailleurs, une grande attention est portée à l’environnement de nos animaux, avec des enclos de 4 individus permettant les interactions sociales dans un milieu spacieux et enrichis (perchoirs, lianes, jouets, etc). Des bassines sont aussi présentes dans les enclos quand les animaux en restriction hydrique n’y sont pas. Tout sera mis en oeuvre pour minimiser les nuisances sur les animaux impliqués dans ce projet. Notre recul de 10 ans dans l’emploi de ces approches expérimentales nous permet d’affirmer que leur impact négatif sur la santé des animaux est généralement minime et réversible. Le stress potentiel engendré par la manipulation des animaux et leur contention est réduit au maximum par une acclimatation lente et progressive à ces manipulations. Le stress hydrique potentiel durant les phases de conditionnement ou d’enregistrement est contrôlé de façon fine (évolution du poids, de la prise alimentaire, screening comportemental, complémentation hydrique éventuelle pour assurer les besoins journaliers). Enfin, si la pose d’une pièce de fixation est généralement très bien tolérée par les animaux, nous veillons à prévenir toute infection éventuelle autour de cette pièce par des nettoyages fréquents (une fois par semaine en général et plus si nécessaire).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le singe macaque est un modèle central en Neurosciences Intégratives de par ses similitudes comportementales et cérébrales avec l’Homme et sa facilité de conditionnement sur des tâches cognitives complexes. Beaucoup de nos connaissances sur le cerveau proviennent d’études invasives menées sur ce primate. Avec l’avènement des techniques d’imagerie fonctionnelle chez l’Homme, puis leur implémentation chez le singe, il est devenu possible d’adresser la question des homologies interspécifiques de façon directe et ainsi de baser le transfert de connaissances sur des bases plus solides. Ces 2 espèces de primate ayant divergées il y a environ 25 millions d’années, le modèle singe offre de plus l’opportunité d’interroger d’un point de vue évolutif les substrats corticaux qui ont rendu possible l’émergence de certaines spécificités humaines liées à la cognition spatiale et/ou sociale (manipulation d’outils, hypersocialité, langage, etc.). Les animaux utilisés doivent avoir atteint l’âge adulte pour éviter des problèmes potentiels quand l’implant de tête est posé alors que le crâne n’a pas fini sa croissance. Ils ne doivent pas être trop vieux pour minimiser les risques liés à l’anesthésie et éviter la variabilité potentielle d’un déclin cognitif lié à l’âge.