
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/02/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-366178)
45 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, gardés vivants ensuite pour une éventuelle réutilisation ou un placement. Leur peau est lésée avec un adhésif puis exposée à un allergène pour déclencher une dermatite de contact, avec jusqu’à huit biopsies cutanées par animal sous anesthésie locale, dans le but de tester des traitements de la dermatite atopique canine. Le porteur héberge une partie des chiens en cage individuelle quelques jours et revendique un modèle applicable « rapidement sur le terrain ». Il affirme que la maladie met en jeu des réactions impossibles à reproduire sur peau artificielle et justifie le recours à l’animal par l’observation des effets sur un « organisme entier ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
dermatite de contact est une maladie inflammatoire qui représente 1 à 10% des maladies de peau chez le chien. C’est une maladie qui est responsable d’abandons ou euthanasies. Une molécule étrangère traverse la peau et entre en contact avec les cellules de Langerhans. Ces cellules, après avoir phagocyté la molécule, vont présenter l’antigène aux lymphocytes T helper. Ces lymphocytes T activés produisent des interleukines qui induisent la prolifération des lymphocytes T spécifiques, effecteurs et mémoires, qui circulent alors dans tout le corps. Lors d’un second contact avec la molécule étrangère, les cellules de Langerhans activent les lymphocytes T se trouvant au point d’entrée de la molécule étrangère ce qui déclenche l’inflammation. L’objectif de ce projet consiste à : – Induire plusieurs modèles de dermatite de contact par allergie à un allergène chez le chien – Evaluer l’allergie de contact par un ensemble de critères afin de mieux comprendre l’allergie et de pouvoir la caractériser d’un point de vue physiologique et clinique. – Evaluer différents traitements innovants
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous attendons de ce projet de disposer d’un modèle pour étudier des médicaments de traitement de la dermatite atopique du chien.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Nous réalisons une application d’un allergène sur la peau après avoir lésé la peau avec un adhésif type scotch. Ensuite, une fois le chien sensibilité, nous appliquons à nouveau l’allergène sur la peau lésée en un autre endroit et évaluon la réactions allergique locale. Pour suivre la réactions cutantée nous réalisons des biopsies cutanées de 6-8mm à raison d’un maximum de 8 biopsiées sur la totalité du protocole par chien, sous anesthésie locale.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances pour le chiens sont : l’hébergement temporairement en cage individuelle, mais limité à quelques jours suivant l’application des haptènes, ainsi que les biopsies cutanées sous anesthésie locale (maximum de 8 biopsies par procédures)
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
0Les chiens sont conservés pour une éventuelle réutilisation ou ils pourront ensuite être placés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La dermatite de contact par allergie est une affection complexe. Cette maladie met en jeu des réactions locales et systémiques qui ne peuvent être reproduites sur peau artificielle ou par toute autre technique de substitution. Il est, donc, nécessaire, pour la mise en place et l’évaluation de traitements innovants, de disposer d’un modèle animal en vu d’un traitement chez le chien, voire chez l’homme. Le fait d’utiliser des animaux permet d’observer les effets de la maladie sur un organisme entier.
2. Réduction
Nous utiisons le nombre minimum nécessaire de chiens pour avoir des indications applicables rapidement sur le terrain. Avec 4 à 5 animaux par haptène et par traitement, nous pouvons orienter le choix d’un traitement.
3. Raffinement
La procédure est peu invasive. Les contraintes sontlimitées. La plupart du temps, les chiens sont hébergés en groupes sociaux, avec un enrichissement adapté et l’accès à l’extérieur. Les procédures sont réalisées par des vétérinaires spécialisés en dermatologie. L’hébergement et les soins quotidiens sont assurés par une équipe formée au suivi des chiens et à la détection des signes d’inconfort. Les chiens peuvent ensuite être réutilisés voire placés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le chien est la seul espèce animale qui présente une dermatite de contact aux protéines semblable à celle de l’homme sur le plan clinique et pathogénique. C’est également une maladie fréquente avec des formes graves. L’utilisation de chiens permettra, d’une part, d’approfondir les connaissances sur la dermatite de contact et ainsi de pourvoir explorer le rôle de l’allergène dans le déclenchement ou l’aggravation de la maladie et, d’autre part, de tester un traitement basé sur l’application de micro ou nanoparticules. Adultes, car l’étude de l’allergie nécessite un système immunitaire mature.