Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Un tiers des 144 rats de ce projet sera hébergé seul en cage, précisément pour mesurer ce que l’isolement social leur fait. Les procédures relèvent d’un niveau de souffrance léger à modéré, avec deux prélèvements sanguins sous anesthésie et huit tests comportementaux répartis sur sept semaines, censés objectiver l’anxiété, la dépression, les capacités de réflexion et la sensibilité à la récompense, sans qu’aucun soit nommé. 96 rats seront tués pour prélèvement de tissus, les 48 autres proposés pour servir dans des formations à l’expérimentation animale. Le porteur présente ce travail comme une contribution au bien-être des animaux non-humains de laboratoire, et souligne que des rats moins craintifs seront aussi plus coopératifs lors des procédures scientifiques.

NTS-FR-378366v1
Types de recherche
· Bien-être animal · Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
manipulation des animaux, hébergement en cages individuelles, bien-être animal
Rats : 144

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Très peu d’études ont porté sur les effets de l’hébergement en cages individuelles réalisé à partir de l’âge adulte chez le rat, générant des données contradictoires. Ces études, encore plus rares chez la femelle, ne précisent que très rarement si les rats ont été ou non manipulés de façon quotidienne au cours de l’hébergement individuel. Nous nous proposons donc d’étudier, dans deux souches différentes de rats mâles et femelles adultes, l’effet de l’isolement social avec ou sans manipulation quotidienne sur le comportement du rat adulte. A noter que nos conditions expérimentales en cages ouvertes placées les unes à côté des autres en animalerie, permettent aux animaux de maintenir un certain nombre d’interactions sociales par le son et l’odorat, ce qui limite toutes nuisances associées à un isolement strict pouvant conduire à un inconfort de l’animal. Cette étude permettra de formuler des recommandations claires concernant la limitation des effets de l’hébergement individuel, ouvrant ainsi des perspectives de mise en œuvre de méthodes d’amélioration facilement transposables à d’autres structures de recherche, visant à réduire les nuisances chez les animaux de laboratoire, améliorant ainsi le bien-être animal.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus de notre projet sont l’amélioration des conditions d’hébergement des animaux de laboratoire afin d’atténuer l’impact comportemental de l’hébergement en cages individuelles sur l’humeur et le bien-être animal. Nos données, obtenues grâce à une évaluation comportementale, permettront d’identifier les différentes composantes de ces symptômes et d’établir clairement s’ils affectent non seulement les rats mâles, mais aussi les femelles de différentes souches. Ce projet contribuera à l’élaboration de recommandations précises concernant les précautions à prendre lors de l’isolement d’animaux sociaux, ouvrant ainsi la voie à la mise en œuvre de méthodes d’amélioration, telles que différentes manipulations quotidiennes, pour optimiser le bien-être des rats. Ces méthodes pourront être facilement transposées dans différents établissements animaliers. Les rongeurs seront ainsi moins craintifs envers les humains et plus coopératifs lors des procédures scientifiques, ce qui aura un impact positif tant sur les animaux que sur les expérimentateurs. Outre l’acclimatation et la manipulation quotidienne pendant la semaine suivant l’arrivée à l’animalerie, ces soins quotidiens tout au long du protocole expérimental devraient être considérés comme une composante standard d’un programme d’enrichissement du milieu de vie des rats (tel que le fait d’ajouter dans les cages des tunnels en cartons où se cacher, des bâtons en bois que les rats peuvent ronger, ou encore des bouts de papiers avec lesquels les animaux peuvent se construire un nid, ou tout autre type d’enrichissement permettant à l’animal d’exprimer les différents aspects de son comportement naturel). Garantir le bon déroulement des protocoles expérimentaux en réduisant les contraintes imposées à l’animal et en renforçant les interactions entre l’animal et l’expérimentateur tout au long des protocoles sera bénéfique pour l’ensemble de la communauté scientifique. Une telle approche est en effet une garantie de qualité et de reproductibilité des résultats, permet un gain de temps (en évitant les contraintes liées à la manipulation d’un animal trop fortement affecté par son isolement) et assure un environnement de travail de qualité. Ce projet présente également l’avantage de répondre aux attentes et aux préoccupations du public concernant la souffrance animale

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Des prélèvements sanguins seront effectués à deux reprises, à 2 mois d’intervalle, sur les animaux. Ces prélèvements seront réalisés sous anesthésie générale et dureront 1 à 2 minutes. Les animaux seront amenés à réaliser différents tests comportementaux qui s’échelonneront sur une durée de 7 semaines au maximum et seront réalisés dans un ordre précis afin de minimiser leur impact potentiel les uns sur les autres. 4 tests, à raison de 1 par jour, chacun d’une durée de 10 à 20 minutes, permettront d’objectiver des comportements de type anxieux et/ou dépressifs sur une semaine. La semaine suivante, 2 tests, à raison de 1 par jour, chacun d’une durée de 10 à 20 minutes permettront d’évaluer les capacités de réflexion des animaux. Et enfin, une semaine plus tard, 2 tests, chacun d’une durée de 10 à 20 minutes et dont les sessions sont quotidiennement répétées sur une à trois semaines au maximum, permettront d’objectiver l’état motivationnel des animaux et leur sensibilité à la récompense.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les effets indésirables attendus sur les animaux – et étant à considérer comme ayant un impact d’ordre modéré – sont les effets du stress lié à leur hébergement individuel et qui pourront concerner un tiers des animaux de cette étude (pouvant s’exprimer par un comportement de type anxieux et dépressif mais n’induisant pas par exemple de symptômes physiques de manque). Bien que maintenus en cages individuelles placées les unes à côté des autres, celles-ci seront ouvertes, proches les unes des autres, permettant le maintien d’un certain nombre d’interactions sociales entre les animaux (sons, odeurs,…). Une souffrance légère pourra être liée aux 2 prélèvements de sang réalisés à deux mois d’intervalle sur animal anesthésié, pouvant induire du stress chez l’animal. Enfin, l’ensemble des tests comportementaux pourra induire une nuisance légère à modérée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issue des procédures des 96 animaux pour lesquels une analyse comportementale fine est recherchée, tous seront euthanasiés et des prélèvements de tissus biologiques seront réalisés pour analyses. Les 48 autres animaux naïfs inclus dans cette étude et qui seront utilisés uniquement pour mettre en évidence des comportements d’interaction sociale avec les autres animaux, seront proposés pour être réutilisés dans le cadre de formations à l’expérimentation animale ou autre formation d’enseignement.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas de méthodes alternatives n’impliquant pas d’animaux vivants qui permettront l’évaluation des différents comportements étudiés.

2. Réduction

3R / Réduction :

Grâce à notre expertise en matière de tests comportementaux et dans le but de réduire le nombre d’animaux utilisés, nous prévoyons de n’inclure que 6 rats par lot, de 2 sexes et de 2 souches différentes par lot et dans 4 conditions d’hébergement (soit 96 animaux). 6 animaux sont suffisants étant donné que nous avons deux souches et que les réponses comportementales peuvent être similaires entre elles. La puissance des tests statistiques devrait donc être suffisante pour détecter tout effet potentiel lié au sexe. Nous choisissons également de limiter le nombre de rats naïfs supplémentaires pour l’un des tests comportementaux à 48, considérant que chacun permettra de tester un rat de la même souche et de même sexe hébergé individuellement et un des deux rats hébergés par 2. Ces rats naïfs seront proposés pour être réutilisés dans le cadre de formations à l’expérimentation animale ou autre formation d’enseignement. Le projet nécessitera donc un nombre total de 144 animaux.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les rats seront habitués à la manipulation (préhension, présence de l’expérimentateur) tout au long de la semaine d’acclimatation précédent les expériences pour limiter l’angoisse liée à leur nouvel environnement, aux contentions et aux manipulations. Nous serons obligés de maintenir un tiers des animaux de cette étude en cages individuelles, mais en cages ouvertes, ce qui limitera toutes nuisances associées à un isolement plus strict. Les animaux seront pesés toutes les semaines afin de prévenir toute perte de poids. Les tests comportementaux seront réalisés de manière successive de façon à générer le moins de stress possible sur les animaux tout en minimisant leur potentiel impact les uns sur les autres. Les 2 prélèvements de sang seront réalisés à deux mois de distance, après désinfection locale et sous anesthésie générale et les possibles hémorragies induites seront prévenues par compression et l’intégrité du processus cicatriciel après prélèvement sera renforcé par une nouvelle application de désinfectant local. Le suivi quotidien associé à la définition de points limites adaptés et les pesées hebdomadaires des animaux permettront de veiller à ce qu’ils ne souffrent pas.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le rat est l’espèce adéquate car la question posée par notre étude concerne cette espèce. De plus il existe dans cette espèce un haut degré de similitude avec le cerveau humain et les registres comportementaux que nous cherchons à étudier sont facilement appréhendables dans cette espèce. Dès le début de l’étude, les rats seront des adultes de 3 mois, issus de fratries hébergées ensemble, ce qui permettra de travailler sur des animaux matures ayant développé un registre comportemental et social de base.