Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

120 macaques de trois espèces vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, puis réutilisés, chaque animal subissant un examen IRM d’une à quatre heures sous anesthésie générale. Le projet compare la neuroanatomie et les comportements sociaux des espèces pour étudier l’hypothèse du « cerveau social » des primates. Le porteur affirme qu’il n’existe pas d’alternative non animale et que les rongeurs ne conviennent pas, l’étude de cerveaux post-mortem ne suffisant pas selon lui. Les retombées annoncées relèvent de la connaissance fondamentale, avec la constitution d’atlas anatomiques.

NTS-FR-379687v1
Types de recherche
· Éthologie / comportement / biologie animale · Oncologie · Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Macaques, Tolerance sociale, Neuroanatomie, IRM
Macaques à longue queue : 40
Macaques rhésus : 40
Autres primates : 40

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’hypothèse du « cerveau social » évoque la possibilité que certaines parties du cerveau des primates soient dédiées à la gestion des interactions sociales et la représentation abstraite de la structure du groupe social. En étudiant l’évolution biologique du système nerveux de différentes espèces de macaques montrant des comportements sociaux différents (ici Macaca mulatta, M. fascicularis et M. tonkeana), le but ultime de nos recherches est de participer à l’étude du fonctionnement et des origines du cerveau social des primates. À terme, notre projet de recherche permettra de comparer les comportements et la neuroanatomie de différentes espèces de primates non-humains. Un maximum de 120 macaques (jusqu’à 40 individus de chaque espèce de macaques) sera étudié. Leurs comportements sociaux seront étudiés par des observations éthologiques classiques et des prises de données semi-automatisées. Leur neuroanatomie fonctionnelle sera étudiée par une technique d’imagerie par résonnance magéntique peu invasive (IRM). Des études complémentaires sont déjà effectuées par notre équipe sur des échantillons post-mortem de cerveaux de macaques. L’étude de macaques vivants est indispensable pour étudier, entre autres, l’activité cérébrale au repos des macaques (accessible dans le cadre d’acquisitions de données IRM chez le primate non-humain anesthésié). Nos recherches permettront de mieux comprendre l’architecture du système nerveux des primates en relation avec leurs comportements sociaux. Ces connaissances fondamentales pourraient apporter de nouvelles perspectives concernant les cibles biologiques dans la prise en charge des maladies mentales humaines se caractérisant par des comportements sociaux inadaptés à la vie en société.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les retombées potentielles de ce projet scientifique seront multiples. Elles permettront de mieux comprendre l’évolution et l’architecture du système nerveux des primates en relation avec leurs comportements sociaux. D’un point de vue fondamental, elles permettront d’émettre de nouvelles hypothèses concernant les causes biologiques des différences de socialité observées au sein du genre Macaca. Nos recherches participeront à établir des atlas de l’anatomie du cerveau pour des espèces de macaques, encore actuellement inconnue comme c’est le cas du macaque de Tonkean. D’un point de vue pratique, nos recherches pourraient nourrir de nouvelles perspectives quant aux cibles biologiques en lien avec des maladies mentales humaines, se caractérisant par des comportements sociaux maladaptés à la vie en société.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à un examen IRM non invasif d’une à quatre heures sous anesthésie générale.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Toutes les nuisances sont considérées comme légères. Les nuisances sont limitées au stress, en lien avec la capture, séparation des congénères, au transport et à l’anesthésie (nausée, hypothermie, désorientation).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux impliqués dans ce projet de recherche vivent en semi-liberté en groupe naturalistique multi-mâles, multi-femelles. L’utilisation des animaux dans le présent projet n’a pas d’impact sur leur santé physique et mentale future, d’où la possibilité de les garder en vie.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Il n’existe pas d’alternative non-animale à ce projet. Au vu des différences comportementales, neuroanatomiques et phylogénétiques, l’utilisation de rongeurs n’est pas une alternative envisageable pour décrire les différences de neuroanatomie fonctionelle corrélant avec les différences de socialité au sein du genre Macaca. Notre équipe étudie aussi des échantillons de cerveau post-mortem de différentes espèces de macaques. Toutefois, cette étude post-mortem ne permet pas d’acquérir des données de neuroanatomie fonctionelle, impliquant ainsi la nécessité d’étudier des individus vivants dont nous pouvons observer les comportements sociaux et les corréler aux images neuroanatomiques.

2. Réduction

3R / Réduction :

D’après la littérature, un nombre raisonnable d’individus pour étudier la neuroanatomie d’une espèce de primates non-humains, mâles et femelles, est de 30-40 individus. Notre projet impliquera donc un maximum de 40 individus par espèce considérée. Nos données seront comparées aux acquisitions IRM existante en libre accès web. La neuroanatomie de certaines espèces que nous étudierons (macaques rhésus et macaques crabiers) est déjà décrite dans la littérature. Toutefois, ces études concernent des sujets vivants dans des environnements peu ouverts et au sein de groupes sociaux peu nombreux – ce qui influence la neuroanatomie des individus. Les aménagements du site offrent des configurations de groupes sociaux unique, permettant ainsi d’avoir accès à des données neuroanatomiques plus fidèles et plus représentatives des conditions écologiques dans lesquelles ces animaux vivent à l’état sauvage.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux vivent en groupe social dans des parcs en semi-liberté. L’examen d’imagerie (IRM) auquel ils sont soumis est non invasif et sera réalisé sous anesthésie générale avec surveillance vétérinaire. L’examen IRM n’occasionne pas de capture supplémentaire des animaux, il sera réalisé à la faveur de leur contrôle sanitaire périodique.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Afin d’étudier l’évolution du cerveau social des primates, il est nécessaire d’impliquer différentes espèces de primates non-humains. En effet, les différences interspécifiques ont une importance cruciale concernant des mécanismes d’évolution biologique étudiés. De plus, nous savons qu’il existe un lien entre la phylogénie et les comportements sociaux au sein du genre Macaca. Ainsi, il existerait une dimension héréditaire et génétique, entre socialité et neuroanatomie chez ces différentes espèces de macaques. Par conséquent, l’utilisation du modèle macaque en IRM est indispensable et pleinement justifié par la nature et les objectifs de notre projet de recherche. Les animaux seront impliqués dans notre procédure à partir de l’âge de 18 mois, ce qui correspond à un âge supérieur où le sujet serait sevré en condition naturelle.