
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 05/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-381271)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Parmi les cancers à cellules B, le lymphome folliculaire (LF) est le plus fréquent de ceux à évolution lente et le lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) de ceux à caractère agressif. Ils représentent un enjeu clinique majeur puisque le LF reste incurable et se transforme au fil du temps vers un profil plus aggressif de LDGCB chez plus de 20 % des patients. Les cellules tumorales du LF se caractérisent par une grande dépendance vis-à-vis des cellules les environnant, les cellules stromales qui soutiennent leur croissance. Les cellules tumorales du LF se caractérisent également par la présence de plusieurs mutations génétiques, notamment, environ 30 % présentent des mutations activatrices dans un gène appelé EZH2, qui joue un rôle clé dans la régulation de l’expression des gènes. Ces mutations provoquent des changements dans le comportement des cellules B, entraînant leur prolifération excessive et modifiant leurs interactions avec les cellules stromales de leur environnement. Actuellement, des inhibiteurs d’EZH2 sont en cours d’essais pour traiter ces lymphomes. Cependant, les résultats des traitements varient d’un patient à l’autre, sans que ces différences soient comprises. Mais nos résultats préliminaires in vitro suggèrent que ces différences de réponses au traitement pourraient être liées à la présence d’autres mutations touchant d’autres gènes de la régulation génique fréquemment associées aux mutations d’EZH2. Nos objectifs sont donc d’améliorer la compréhension de ces différences de réponses aux traitements observées chez les patients ainsi que de trouver et valider de nouvelles cibles thérapeutiques pour ces lymphomes B. Ainsi nous aurons deux approches : une approche de criblage pour rechercher de nouvelles cibles thérapeutiques pour impacter la croissance des cellules B tumorales, et une approche de caractérisation des réponses aux traitements du type inhibiteur d’EZH2 en des mutations présentes chez les patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Nous espérons obtenir, grâce à ce projet, une meilleure compréhension des réponses hétérogènes des patients atteints de lymphome B suite aux traitements par les inhibiteurs d’EZH2 et ainsi pouvoir proposer une thérapie plus personnalisée en fonction du profil mutationnel des patients. Egalement, ces travaux pourraient permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une intervention chirurgicale sous anesthésie et analgésie (injection unique sous-cutanée en pré-opératoire de quelques secondes) : greffe de cellules tumorales sous la caspule du rein (la durée de la réalisation de l’ensemble de la greffe est estimée à 20 minutes) ou dans le fémur (la durée de la réalisation de l’ensemble de la greffe est estimée à 5 minutes). Dans le cadre du suivi de ces animaux, des prélèvements de sang, dont la fréquence sera au maximum hebdomadaire et la durée de moins de 30 secondes, seront réalisés. Les animaux pourront recevoir 3 à 5 jours par semaine un traitement par voie orale ou intrapéritonéale (1 minue).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Possible stress et douleur à la piqûre liés à l’anesthésie par agent chimique lors des chirurgies. Possible stress et douleur liés à la contention pour les traitements par différentes voies d’administration (douleur équivalente à la piqure d’une aiguille). Le développement tumoral peut entraîner un affaiblissement de l’animal, c’est pourquoi les souris expérimentées seront suivies régulièrement avec une attention particulière à la perte de poids, au comportement et à la mobilité des animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Euthanasie des animaux pour réaliser des prélèvements d’organes pour analyse.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
La compréhension des mécanismes de réponses aux traitements des lymphomes ne peut se faire que partiellement in vitro/ex vivo puisque les modèles de culture ne nous permettent pas encore de reproduire l’entière complexité de l’environnement tumoral (présence de tous les acteurs cellulaires impliqués et complexité 3D) qui est particulièrement crucial dans la cadre du lymphome folliculaire dont les cellules tumorales se caractérisent par une grande dépendance vis-à-vis des cellules les environnant : les cellules stromales qui soutiennent leur croissance. Cette compréhension passe donc par la mise en place et la caractérisation de modèles murins robustes et pertinents pour reproduire la pathologie humaine (utilisation de cellules tumorales humaines, implantation au site d’origine du cancer…).
2. Réduction
Les procédures expérimentales sont rigoureusement planifiées afin de n’utiliser que le nombre d’animaux strictement nécessaire pour obtenir des résultats exploitables, ainsi le nombre de souris par lot est adapté à chaque type d’analyse. Le nombre d’animaux peut être limité à 5 pour un groupe contrôle, être augmenté à 8 pour les mises au point et jusqu’à 10 pour permettre d’étudier la cinétique du développement tumoral (dissémination, atteinte des points limites) ainsi que la niche médullaire (cellules tumorales et stromales de la moelle osseuse). En effet, pour l’étude d’atteinte des points limites, un calcul d’effectif a été réalisé et a permis de déterminer que des groupes de 10 souris recevant les cellules modifiées comparés à des groupes de 10 souris recevant les cellules de référence étaient nécessaires pour visualiser la différence espérée. L’analyse des résultats d’atteinte des points limites sera ensuite réalisée par l’établissement de courbes de survies suivi d’une analyse statistique de rang. Egalement certains lots d’animaux sont optionnels, en fonction de résultats préalables ils seront réalisés ou pas. Enfin pour l’étude des combinaisons de mutations, 3 combinaisons par lignées tumorales seront étudiées dans un premier temps, puis seule la plus pertinente pour chaque lignée au vu des résultats sera conservée pour la suite des expérimentations.
3. Raffinement
Dans ce projet, le raffinement sera obtenu par : • la mise au point de procédures rigoureuses, • des conditions d’hébergement garantissant la non-contamination des animaux immunodéficients • la formation du personnel, • un suivi adapté des animaux et des points limites pertinents permettant de détecter rapidement les signes de souffrance , • le recours à des anti-douleurs adaptés et aux procédures d’euthanasie dès que nécessaire, • un protocole analgésique adapté pour la chirurgie et la période post-opératoire avec des dispositions adaptées (prévention de la sécheresse occulaire, maintien à 37°C…) pour permettre une bonne récupération des animaux. Le stress sera également limité au maximum grâce à un enrichissement (coton, « maisons » en carton, boîtes à oeufs) et grâce à une habituation progressive à la manipulation.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est l’une des espèces animales les plus pertinentes et les plus couramment utilisées notamment pour évaluer l’efficacité de traitements anti-tumoraux, de par leurs facilités d’entretien, de stabulation, de manipulation, et leurs similitudes physiologiques avec l’espèce humaine. De plus, les lignées de souris immunodéprimées permettent la greffe de cellules tumorales humaines permettant ainsi de valider de nouvelles cibles thérapeutiques. Les animaux seront âgés de 7 à 12 semaines pour avoir une croissance tumorale optimale.