
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 04/11/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-389473)
1 130 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue car porteuses d’une pathologie qualifiée de létale, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent une chirurgie, des injections répétées par plusieurs voies et une nébulisation pour tester des nanoparticules chargées de chimiothérapie contre la carcinose péritonéale. Le porteur indique des douleurs post-opératoires, un gonflement de l’abdomen et une possible perte de poids, l’imagerie servant à repérer les points limites. Il affirme que les interactions entre système immunitaire et tumeur ne peuvent être reproduites in vitro, les bénéfices étant présentés comme une amélioration attendue du traitement.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet vise à étudier de nouveaux traitements à base de nanoparticules pour la carcinose du péritoine. La carcinose péritonéale est une évolution fréquente de plusieurs cancers intestinaux et gynécologiques et constitue la principale cause de décès chez ces patients. Les thérapies actuelles ne permettent pas aux agents de chimiothérapie d’atteindre efficacement le péritoine. Cela entraîne une mauvaise distribution et pénétration des principes actifs dans la tumeur, générant une mauvaise réponse au traitement pouvant évoluer vers une résistance aux thérapies.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’intérêt de cette approche réside dans l’amélioration du traitement et du pronostic des patients souffrant de carcinose péritonéale. Plus largement, l’utilisation de la nébulisation combinée à l’utilisation de nanoparticules pour délivrer des chimiothérapies améliorera la diffusion des médicaments dans la cavité péritonéale et augmentera la pénétration des médicaments dans les nodules tumoraux. Le bénéfice immédiat pour les patients sera la réduction de la fréquence des traitements, la réduction des effets secondaires dus à l’administration systémique des principes actifs et la détermination d’un nouveau mécanisme d’action des nanoparticules basé sur la modulation de la réponse immunitaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– procédure chirurgicale – 15 min ; imagerie par bioluminescence – 2 min ; injections – >1 min (voie intraveineuse, voie intrapéritonéale, voie sous-cutanée); nebulisation 5 sec; anesthesie – max 20 min. Nombre d’injections: Si bioluminescence: 15 maximum (1 chaque dueux jours) (voie intrapéritonéale) Si tumeur: 1 (voie intrapéritonéale) Si traitment:1 (voie intrapéritonéale ou voie intraveineuse) Si analgesie: maximum 3 ( voie sous-cutanée)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Effets dus à la chirurgie: – doleur post-operatoire – diminution des mouvements dans la cage. Effets dus au modele tumoral: – un gonflement de l’abdomen – une éventuelle perte de poids. Effet dus à l’administration des produits: – aucun
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis a mort a la fin des procedures car, ils sont tous atteint d’une pathologie lethale
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilité prédictive des modèles tumoraux chez la souris ne peut pas être remplacée par des études in vitro. L’activité des cellules immunitaires liée à des tumeurs est régulée par de nombreux facteurs dont la plupart sont encore inconnus et donc impossible à reproduire in vitro. Il est très compliqué de recréer in vitro toutes les interactions entre le système immunitaire, les cellules accessoires secondaires et la tumeur car, à l’heure actuelle, toutes ces interactions ne sont pas encore totalement maitrisées. De plus, l’évaluation d’une nouvelle approche thérapeutique, comme celle décrite dans ce projet, doit tenir compte de l’effet du principe actif et de la procédure sur la santé globale de l’animal, ce qui ne peut être réalisé in vitro. Des tests in vitro ont déjà été réalisés pour évaluer la cytotoxicité des nanoparticules sur les lignées tumorales et la capacité des nanoparticules à libérer correctement le médicament et le moment de la libération.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été estimé par les biostatisticiens comme étant le minimum nécessaire pour obtenir des résultats exploitables. Cette estimation permettra d’analyser avec précision un nombre suffisant d’animaux et d’obtenir des résultats avec une marge d’erreur très faible, évitant ainsi des résultats non concluants et la nécessité de répéter l’étude pour valider les données. Le projet étant conçu par étapes successives, le nombre d’animaux calculé à chaque étape peut être réduit en fonction des résultats obtenus aux étapes précédentes : en fonction de la précision et de la reproductibilité interindividuelle de la croissance tumorale dans le temps, il sera possible de réduire le nombre d’animaux requis pour les expériences suivantes. Par ailleurs, en cas de croissance tumorale lente, il sera possible d’échelonner les séances de bioluminescence afin de réduire le nombre d’anesthésies et d’injections intrapéritonéales que les animaux devront subir.
3. Raffinement
Les protocoles les moins invasif et le moins douloureux possibles sont privilégies. Des mesures sont prises pour améliorer les conditions d’élevage et de bien-être afin d’enrichir l’environnement des souris. Les animaux porteurs de tumeur sont suivis quotidiennement pour éviter tout souffrances inutiles, et prendre les mesures adéquate dans le cas éventuelle d’apparition de nuisances. Les animaux ayant subit une chirurgie seront monitorés plus suivant et un protocole antalgique est mis en place. L’imagerie par bioluminescence nous permet de déterminer de manière précoce l’apparition des signes de catégorie point limite et ainsi, d’intensifié le suivi des animaux lors de cette étape intermédiaire et d’agir en conséquence (Analgésique ou mise a mort). L’apparition de signe point limite conduit automatiquement a une mise à mort de l’animale concerné pour lui éviter toute souffrance inutile
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris utilisées sont le modèle primaire et le plus utilisé pour les études oncologiques impliquant le système immunitaire. Le mécanisme immunitaire des souris est largement décrit dans la littérature et de nombreux outils de diagnostic sont disponibles pour effectuer des analyses immunologiques par rapport à d’autres modèles comme les rats. De plus, la disponibilité de différentes lignées cellulaires tumorales murines qui imitent les tumeurs humaines permet d’utiliser des animaux immunocompétents. Les souris seront adultes, âgées de 8 à 10 semaines, car il est nécessaire que le système immunitaire soit développé et mature.