Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

96 porcelets, sevrés à 28 jours et reçus à six ou huit kilos, vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués pour prélever foie, reins et tissus intestinaux. Ils subissent deux périodes de trois jours à six degrés au-dessus de leur zone de confort thermique, avec accélération de la respiration, baisse d’appétit, perte de poids et diminution de l’activité, ainsi que deux prises de sang à la jugulaire. L’aliment est complété en vitamine E, en polyphénols ou en métabolites de la vitamine D, pour voir si ces ajouts atténuent les effets de la chaleur du sevrage à l’engraissement. Le porteur présente ces stratégies comme un moyen d’améliorer « non seulement le bien-être animal, mais aussi les performances et la rentabilité des exploitations », et chiffre les pertes de productivité européennes de 5 à 15 %.

NTS-FR-404161v1
Types de recherche
· Alimentation animale · Recherche appliquée ·
Mots-clés
élévation de température, qualité de la viande, polyphénol, vitamine E et D, croissance et engraissement
Cochons : 96

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le réchauffement climatique entraîne des températures plus élevées et des fluctuations de température plus importantes, ce qui rend difficile le maintien d’un environnement confortable pour les animaux, [[ leur santé et pouvant conduire à de la mortalité au cours des mises bas et pendant le transport]]. [[Les principales lignées de porcs utilisées pour la production mondiale]], sont particulièrement sensibles aux élévations de température en raison de leur nombre limité de glandes sudoripares et de leur zone thermo-neutre restreinte. Par conséquent, lors d’épisodes de températures élevées, les porcs peinent à réguler leur température corporelle. En réponse aux températures élevées, la fréquence respiratoire des porcs augmente, ce qui les expose à un stress oxydatif susceptible d’altérer leur immunité mais également de compromettre la qualité de la viande. De plus, sans stratégie de gestion de la chaleur, les porcs réduisent instinctivement leur consommation d’aliments pour minimiser la chaleur générée par la digestion, ce qui affecte négativement leurs performances de croissance.[[Aussi, la mise en œuvre de stratégies d’adaptation est nécessaire pour améliorer non seulement le bien-être animal, mais aussi les performances et la rentabilité des exploitations. Lorsque l’atténuation des effets de la chaleur par la ventilation des exploitations n’est pas suffisante, une approche nutritionnelle peut être considérée en plus avec l’apport de teneur plus élevée en vitamines d’extrait de substances naturelles comme les polyphénols]]. En effet, une supplémentation alimentaire en vitamine E, supérieure aux recommendations, a démontré son efficacité à atténuer le stress oxydatif chez les porcs exposés à des températures élevées. Par ailleurs, en plus de leurs propriétés antioxydantes, les polyphénols amélioreraient le fonctionnement du système immunitaire via des propriétés anti-inflammatoires, mais leur apport nécessite des études plus approfondies chez le porc. De plus, une supplémentation alimentaire en vitamine D (ou de ses métabolites) pour atténuer les perturbations induites par une élévation de température n’a pas été spécifiquement ou peu étudiée chez les animaux d’élevage.L’objectif de ce projet est d’évaluer l’ajout dans l’aliment de vitamine E, de polyphénols ou de différents métabolites de la vitamine D sur la prise alimentaire, la santé intestinale et les statuts oxydatif et immunitaire de porcelets et leur avantage en conditions de températures élevées.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

[[Sans le développement de stratégies d’adaptation, le secteur porcins sera fortement vulnérable au changement climatique avec notamment des impacts sur la santé animale. L’alimentation constitue une stratégie d’adaptation pour faire face à l’augmentation des maladies liées à la chaleur, à l’altération de l’immunité, et aux risques de mortalité pendant le transport (les pertes pouvant atteindre 0.5% des animaux transportés en Europe) et la mise bas. La mise en place de stratégie permettra de réduire à court terme les pertes de productivité estimées de 5 à 15% au niveau européen. Aussi, ce projet permettra d’évaluer une stratégie d’adaptation alimentaire pour faire face aux impacts directs du changement climatique en déterminant]] : 1) si la vitamine D et ses métabolites, encore très peu étudiés, peuvent être utilisés comme stratégie nutritionnelle pour pallier aux changements physiologiques dus à une élévation de température chez le porcelet du post sevrage à l’engraissement, 2) dans quelle mesure les polyphénols, en tant qu’antioxydants, peuvent remplacer la vitamine E pour atténuer le stress oxydatif et l’alcalose respiratoire, tout en améliorant le bien-être des animaux et la qualité de la viande chez les porcelets, du sevrage à l’engraissement, dans des conditions de température élevée.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels. La moitié des animaux sera soumis à la procédure pour une durée de 5 semaines et l’autre de 14 semaines. Au cours des deux phases de la procédure, les animaux seront élevés en zone de confort thermique avec deux périodes de trois jours d’élévation de température pour la moitié des animaux. Les animaux seront soumis à des températures plus élevées (+6°C) par rapport à la zone de confort choisies de manière à déclencher les mécanismes de lutte contre la chaleur sur une courte durée de 3 jours, suffisante pour détecter des changements physiologiques sans induire de coup de chaleur ou de mortalité. Au cours de la procédure, les animaux seront soumis à deux prélèvements sanguins au niveau de la veine jugulaire. Les deux prélèvements sanguins seront réalisés avec une période de récupération inférieure à une semaine entre les deux. Pour chaque prise de sang, le temps de prélèvement ne dépassera pas 1 minute.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La durée de l’élévation de température de trois jours n’est pas assez longue pour enregistrer de la mortalité. Exposition d’une partie des animaux à deux périodes d’élévation de température avec une période de récupération de 9 semaines. Inconfort dû à la manipulation des animaux pour les pesées en phase 1 et en phase 2 de la procédure. Stress dû à la contention des animaux pour les prises de sang répétées. Augmentation de la fréquence respiratoire qui peut s’accompagner d’une diminution de l’appétit, d’une perte de poids et d’une diminution du niveau d’activité général.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

La moitié des animaux seront mis à mort pour le prélèvement d’échantillons biologiques (foie, reins, tissus intestinaux) à la fin de la phase 1 de la procédure et l’autre moitié à la fin de la phase 2 de la procédure.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La procédure expérimentale est nécessaire et ne peut pas être remplacée par une autre stratégie n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants. En effet la procédure vise à montrer l’impact d’une élévation de température sur les changements physiologiques chez l’animal qui sont complexes et nécessite de prendre en compte toutes les interactions cellulaires qui ont lieu afin de mieux appréhender le mode d’action des additifs alimentaires pour améliorer le bien-être des animaux.

2. Réduction

3R / Réduction :

Des calculs statistiques détaillés ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux minimum a utilisé pour évaluer l’hypothèse de ce projet exploratoire. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter des bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale essentielle au bien-être des animaux, et générer des données scientifiquement interprétables.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

La manipulation des animaux en vue de leur pesée est réalisée dans le calme en évitant de claquer les portes des cages métalliques, en attrapant les porcelets par la patte arrière juste au-dessus du jarret et en le soulevant en plaçant l’autre main sous la poitrine pour les sortir. La conduite des animaux pour leur pesée individuelle (phase 2), est optimisée en limitant les sources de stress. Cela inclut le déplacement des porcs en groupe dans le calme, sans claquement des portes métalliques, et en tenant compte du point de balance de l’animal. L’opérateur doit porter une tenue de couleur sombre, et stimuler les animaux par la voix et la main afin de guider leur déplacement. Des panneaux de conduites sont autorisés pour la conduite des animaux. Le transfert des animaux, de la salle de croissance à la salle d’engraissement, se fera sans perturber la hiérarchie sociale en maintenant la composition des groupes. Lors des prises de sang en phase 1 et 2 de la procédure, l’inconfort et le stress dus à l’immobilisation des animaux sont réduits par une manipulation compétente et rapide des animaux par les applicateurs de la procédure, par un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement comme décrit dans le procédure interne qui définit le volume limite de prélèvement sanguin et les périodes de récupération nécessaires entre les deux prélèvements. A la fin de la prise de sang, l’animal peut être caressé au niveau du groin ou sous le cou.[[Les températures sont choisies de manière à déclencher les mécanismes de lutte contre la chaleur sur une courte durée de 3 jours. Les animaux qui passeront dans la phase 2 de la procédure subiront la deuxième élévation de température après une période de récupération de 9 semaines. Un rafraichissement des animaux sera effectué en aspergeant de l’eau dans la cage en cas de coup de chaleur prononcé.Les conditions d’hébergement des animaux sont définies de sorte que la densité des animaux par cage, ou encore les paramètres environnementaux (température et hygrométrie) procurent le maximum de confort, et restent en accord avec la législation en vigueur. Des enrichissements (jouets suspendus en caoutchouc ou à mâcher) sont mis en place dans toutes les cages.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

L’évolution de l’industrie porcine vers des systèmes de production intensive à grande échelle a augmenté l’exposition des porcs aux facteurs de stress environnementaux et physiologiques. Les porcins constituent donc une cible privilégiée pour élaborer des stratégies efficaces de lutte et améliorer le bien-être et la santé des animaux en élevage. Procédure expérimentale réalisée en utilisant des porcelets sevrés à 28 jours d’âge au niveau de l’élevage et réceptionnés avec un poids vif de 6-8 kg en moyenne. Les animaux seront utilisés au stade de porcelets en post sevrage et conduit jusqu’au stade de l’engraissement afin dévaluer les stratégies alimentaires pour pallier les changements physiologiques dus à une élévation de température en fonction de l’âge des animaux.