
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/06/2022
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-415298)
Jusqu’à 18 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chaque femelle reçoit un gavage unique d’un composé de toxicité inconnue puis des pesées, selon la ligne directrice 423 de l’OCDE, les effets pouvant aller jusqu’à la perte de poids, l’immobilité et une respiration altérée, avec mise à mort si un point limite est atteint. L’objectif est d’évaluer la toxicité aiguë orale d’un composé destiné à traiter la mucoviscidose. Le porteur affirme qu' »il n’existe pas de méthode alternative » à ce test réglementaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de déterminer la toxicité aiguë orale d’un composé pour le traitement de la mucoviscidose. Pour évaluer sa potentielle toxicité, nous utiliserons la méthode décrite dans la ligne directrice 423 de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE). Il s’agit d’un processus séquentiel utilisant trois à six animaux d’un seul sexe par dose. Suivant l’apparition de point limite déclenchant la mise à mort des animaux et/ou l’état moribond des animaux, deux à quatre étapes sont en moyenne nécessaires pour évaluer la toxicité aiguë de la substance. Cette procédure est reproductible, utilise un maximum de 6 à 18 animaux et, comparée aux autres méthodes de toxicité aiguë (Lignes directrices 420 et 425), elle permet de classer des substances par ordre de toxicité de façon similaire. La ligne directrice 423 est basée sur des évaluations biométriques avec des doses prédéterminées, convenablement séparées pour permettre de classer une substance pour des besoins de classification et d’évaluation des dangers.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La mucoviscidose est une maladie héréditaire monogénique autosomique récessive grave affectant chaque année un nouveau-né sur 4200 en France. Chez les patients atteints de mucoviscidose, le dysfonctionnement du canal ionique « cystic fibrosis transmembrane conductance regulator » (CFTR) modifie le mucus, qui devient visqueux et adhère aux parois des bronches et du tube digestif. Ce mucus hyper concentré entraîne la compression et l’immobilisation des cils des cellules épithéliales des bronchioles, ce qui ralentit la clairance pulmonaire. Le composé évalué dans cette étude constitue une approche médicale pour faciliter la clairance muco-ciliaire chez les patients atteints de mucoviscidose, ce nouveau traitement permettra d’avoir un bénéfice direct pour les patients et leur entourage ainsi qu’un bénéfice pour la société ayant d’importantes conséquences médico-sociaux-économiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris vigiles seront soumises à un gavage unique, à l’aide d’une sonde souple, qui durera moins de 30 secondes et à trois pesées d’une durée de moins de 30 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La préhension et le gavage de l’animal peut induire un stress d’intensité faible et d’une durée environ 30 secondes. Concernant les effets indésirables du composé dont nous ne connaissons pas la toxicité, nous posons l’hypothèse que des effets indésirables de gravité légère à sévère (apparence, perte de poids, inactivité ou une mobilité réduite, respiration modifiée) de durée variable allant de quelques minutes à plusieurs heures peuvent être observés. En cas d’effet indésirables sévères et de points limites définis, les animaux seront mis à mort.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de la procédure, les animaux seront mis à mort et autopsiés pour observer d’éventuelles lésions.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif étant de déterminer la toxicité aigüe d’un composé, il n’existe pas de méthode alternative à la réalisation de ce projet, ceci impose d’avoir recours à des animaux pour atteindre l’objectif.
2. Réduction
Conformément à la ligne directrice de l’OCDE 423, chaque dose inclut 3 à 6 souris maximum, en fonction des effets observés sur les animaux et des doses qui seront testées, le projet utilisera un total de 6 à 18 souris maximum. Aucune analyse statistique ne sera réalisée.
3. Raffinement
Les souris seront acclimatées durant 4-7 jours à l’animalerie avant d’être incluses dans la procédure qui a été conçue de manière à minimiser les dommages causés aux animaux. Il s’agit d’une procédure de classe sévère. Du stress pourra être généré lors la préhension des animaux pour le gavage et les pesées (durée de moins de 30 secondes par animal). Les animaux seront suivis tout au long de la procédure. Un monitoring continu des animaux sera réalisé durant les 30 premières minutes suivant le gavage, puis 4 fois par heure durant les 4 premières heures, puis une fois toutes les heures et ensuite quotidiennement pendant 14 jours après l’administration. Un registre de soins incluant des critères spécifiques de suivi a été mis en place afin de déterminer toute douleur ou souffrance afin de mettre en place une analgésie adaptée permettant de soulager les animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rongeurs (rat et souris) sont les espèces les plus couramment être utilisées pour les études de toxicité et qui sont recommandées dans les lignes directrices de l’OCDE. Des femelles nullipares et non gravides, âgées de 8 à 12 semaines, seront utilisées conformémant aux recommandations de la ligne directrice de l’OCDE 423.