Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

6 lapins vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Leur œil est exposé à un laser d’imagerie dont la puissance dépasse d’un facteur dix la norme au niveau de la cornée, le porteur indiquant que des ulcères, des lésions ou une cataracte peuvent apparaître, puis ils sont tués pour analyse histologique des tissus oculaires. L’objet est de vérifier l’innocuité d’un dispositif développé par une entreprise avant un éventuel passage chez l’humain. Le porteur affirme que ce test doit « obligatoirement » être mené in vivo, aucun modèle ex vivo ne pouvant reproduire l’œil.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Une startup française a développé une technologie de tomographie à cohérence optique (OCT) permettant d’effectuer des images proches de l’histologie classique ou des images du type confocale. Ces observations peuvent être compilées sous forme de stack permettant une reconstruction 3D du tissu en haute définition. Cette technologie est un excellent outil de diagnostic dermatologique et pourrait apporter les mêmes avantages en ophtalmologie, surtout dans le domaine des tissus de la surface oculaire. L’utilisation de cet OCT sur l’oeil pour des observations ne doit pas avoir d’effets indésirables sur les tissus de l’oeil. Des calculs de normes portent à penser que la rétine ne subira aucun dommage lors de l’imagerie de la cornée. La présente étude propose ainsi d’évaluer l’innocuité sur les tissus oculaires de cette nouvelle technologie d’OCT lors de l’imagerie de la cornée. Sera étudiée, à court terme, l’apparition d’œdème cornéen, de cataracte et de modifications rétiniennes.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet permettrait de connaître la sécurité de cette nouvelle technologie d’OCT comme outil de diagnostic clinique des atteintes des tissus de la surface oculaire proche d’une étude histologique. Avec les résultats de ce projet, l’entreprise développant ce dispositif pourra alors se tourner vers une étude clinique (si les résultats ne montrent pas d’effets délétères) et in fine la rédaction de dossiers pour autorisation par les instances de santé. Si des atteintes rétiniennes venaient à être observées, des atteintes de la vision sont possibles et par conséquent un éventuel stress pouvant se traduire par une perte de poids (supérieure ou égale à 10% en 3 jours) ; des perturbations comportementales graves et persistantes comme la piloérection, dos voûté, prostration, isolement, agressivité à l’ouverture de la cage et des perturbations graves et persistantes liées au système digestif (marqueur de stress chez le lapin)comme la constipation (absence de fèces), selles liquides.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à de l’imagerie ophtalmologique contact et sans contact avec l’œil sous sédation. Ces imageries de suivi seront faites 4 fois : à J0 (x2 + imagerie avec la nouvelle technique d’OCT), J2 et J7 pour le groupe 1 ou J0 préop post, J2 et J21 pour le groupe 2. La durée de chaque observation de suivi dure environ 45 minutes. L’imagerie avec la nouvelle technologie OCT (docking + imagerie) durera 10 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’éclairement du laser du LC OCT est de 0.82 mW/cm² au niveau de la cornée, 0.02 W/cm² au niveau de la rétine. En prenant en compte la norme ISO 15004-2, il a été déterminé que cela dépassait d’un facteur 10 la limitation en éclairement au niveau de la cornée, mais pour l’éclairement de la rétine la puissance est très inférieure à la limitation (inférieur à la limite d’éclairement d’un facteur 35).Au vu de ces données il est attendu aucun problème sur la rétine de l’animal, mais il est possible qu’une atteinte des tissus cornéens soit à prévoir (ulcères épithéliaux, lésions de la couche endothéliale). De plus, le système de mesure se fait en contact avec la cornée via une lame de verre. Il est donc possible, là aussi, que nous ayons des atteintes du tissu cornéen. Cette étude est justement faite pour se rendre compte de la présence de ces atteintes avec des paramètres de laser au-dessus de la norme. Le cristallin pourrait aussi être atteint par effet thermique (cataracte).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

En fin de procédure les animaux seront mis à mort pour étude histologique des tissus oculaires.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Ce nombre doit OBLIGATOIREMENT ÊTRE MIS EN ŒUVRE IN VIVO avant de pouvoir utiliser pour la première fois cet LC-OCT chez l’Humain. Aucun dispositif ex vivo ou in silico ne peut remplacer la complexité de l’organisation de l’oeil et de ses composants, ainsi que la réponse à un passage d’un laser potentiellement néfaste pour les tissus oculaire. L’effet cataractogène peut se déclarer 1 à 2 semaines après le passage du laser.

2. Réduction

3R / Réduction :

Il a été jugé que le nombre minimum, mais suffisant d’animaux était de 3 lapins par groupe pour prendre en compte les différences interindividuelles pour ce type d’imagerie indolore.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux arriveront au moins une semaine (7 jours) avant toute manipulation. Tout est mis en œuvre pour LIMITER AU MAXIMUM LE STRESS ET LA DOULEUR DE L’ANIMAL (séfdation pendant les observations). Chaque animal bénéficie d’une attention et de soins de qualité, par du personnel qualifié, pendant les interventions mais aussi en dehors de celles-ci afin d’assurer un bien-être optimal tout au long de l’étude. La douleur est rigoureusement contrôlée grâce à des points limites évalués en amont, et gérer grâce aux moyens pharmacologiques appropriés (myorelaxant/anesthésie). Par ailleurs, les lapins sont hébergés en cage règlementaire pouvant communiquer entre elles ; dans un environnement enrichi (jouet kong et autres jeux). Enfin, l’eau et la nourriture (granules et foin) sont mises à disposition « ad libitum » et de la musique est diffusée en salle d’hébergement pour diminuer le stress et atténuer les bruits environnementaux. Toutes les techniques d’imagerie de suivi in vivo se font sans contact avec l’oeil et sans docking. Seul l’observation avec l’OCT en contact avec l’oeil. Toutes les observations se feront sous anesthésie générale et l’OCT sera effectué sous AG + anesthésie locale. La mise à mort de l’animal est faite sous anesthésie générale

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

D’un point de vue éthique et pratique, les lapins sont les seuls animaux communément utilisés en expérimentation animale et présentant une anatomie oculaire proche de l’homme. Pour que l’observation soit représentative de ce qu’il puisse être chez l’homme dans le futur, la chambre antérieure de l’œil de l’animal ne doit pas être trop petite. C’est pour cela que nous optons pour des lapins âgés d’environ 3 mois (12 semaines).