Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

9 660 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger, 8 882 transférées vers d’autres projets d’expérimentation et les autres tuées. Issues du croisement de deux lignées immunodéficientes, elles portent un phénotype déclaré dommageable qui les rend vulnérables à toute infection, et sont élevées en conditions stériles pour que ce phénotype ne s’exprime pas. Le porteur indique que le génotypage combine tatouage des phalanges et biopsie de la queue sur des animaux de dix jours, geste qui peut provoquer un inconfort. Il revendique l’intérêt de ces souris pour « mimer les cancers humains » et présente la demande comme une simple déclaration d’élevage imposée par la réglementation.

NTS-FR-422582v1
Types de recherche
· Cancers · Oncologie · Recherche appliquée · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
immunodéficience, phénotype dommageable, élevage murin, statut sopf, barrière sanitaire
Souris : 9660

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La lignée de souris qui est l’objet de cette Demande d’Autorisation de Projet (DAP) est un croisement entre deux lignées immunodéprimées : les animaux issus de ce croisement sont donc fortement immunodéficients (sans défenses immunitaires). Leur phénotype (l’ensemble des caractères visibles) est par conséquent considéré comme dommageable : ils deviennent sensibles et vulnérables à tout pathogène, dont l’infection peut leur être délétère. Cependant, ce phénotype peut ne pas s’exprimer si leur élevage est réalisé dans des conditions sanitaires optimales : statut sanitaire contrôlé sans pathogène, hébergement en cages ventilées, manipulation sous hotte, utilisation d’équipements, d’aliment, d’eau de boisson et d’enrichissements stériles, ce qui est le cas dans notre Etablissement Utilisateur. Désormais la règlementation européenne nous demande de déclarer l’élevage de ces animaux à phénotype dommageable, même si ce phénotype ne s’exprime pas grâce aux conditions adéquates de maintien de cette lignée. C’est l’objet de cette demande.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Cette lignée est utilisée par de nombreuses équipes de notre Etablissement Utilisateur, étant immunodéficiente elle représente un modèle de choix en oncologie afin de pouvoir mimer les cancers humains. Elle est également très résistante aux rayons X, ce qui permet de combiner la chimiothérapie et radiothérapie lors de protocoles de traitement, et de s’approcher au plus près des protocoles thérapeutiques humains.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Il y aura une biopsie de queue (1-2 mm) sur certains nouveaux-nés d’environ 10 jours, une seule fois, pour leur génotypage. Ce prélèvement dure quelques secondes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

L’élevage en lui-même de la lignée de souris qui fait l’objet de cette DAP ne présente pas de nuisance ou d’effet indésirables : étant donné les conditions d’hébergement et de soin, le phénotype délétère ne s’exprime pas. La technique de génotypage décrite dans cette DAP pour les animaux nécessaires au rafraichissement génétique est composée de 2 actes techniques invasifs: l’identification par tatouage des phalanges, et la biopsie de queue. Chacun de ces actes à lui seul n’induit pas de douleur, mais le cumul des deux actes de manière très rapprochée (quelques secondes d’intervalle) peut induire un inconfort léger et transitoire pour l’animal âgé de 10 jours.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Procédure 1: Les animaux arrivant en fin de fertilité (environ 6 mois d’âge) sont mis à mort par inhalation d’un gradient de CO2. Les animaux destinés à être expérimentés sont transférés en zone d’Expérimentation et inclus dans d’autres DAP en utilisation continue. Procédure 2: Après génotypage, si le génotype n’est pas d’intérêt, les animaux seront mis à mort par inhalation d’un gradient de CO2. Si le génotype correspond à celui qui doit être utilisé pour le rafraichissement génétique, alors ils seront destinés à la mise en accouplement.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les méthodes alternatives à l’expérimentation animale se développent de plus en plus, cependant pour certaines problématiques telles que l’étude de phénomènes physiologiques elles restent incomplètes et insuffisantes, puisqu’elles ne mettent pas en jeu toutes les interactions au sein d’un organisme vivant. De plus, les lignées de souris immunodéficientes restent très intéressantes pour appliquer des paramètres humains en oncologie sans risque de rejet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous essayons de prévoir nos plans de production au plus précis afin de ne pas surproduire. Tous les animaux sont utilisés soit en expérimentation soit en renouvellement de géniteurs. Seuls les animaux qui n’ont pas le génotype d’intérêt au moment du rafraichissement génétique seront sacrifiés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Tous les animaux sont utilisés soit en expérimentation soit en renouvellement de géniteurs. Ils sont hébergés par couple pour les reproducteurs, ou par 5 pour les animaux de stock avant transfert en expérimentation. Nos conditions d’élevage permettent au phénotype dommageable de ne pas s’exprimer : cages ventilées, change sous hotte à la pince, litière, aliment, eau et enrichissements stérilisés. Ces derniers sont variés et adaptés au type d’animaux dans la cage (reproducteurs : plateforme+boule papier kraft+cotons; stock : plateforme+tunnel+cotons). Concernant les lots d’animaux qui doivent être génotypés (rafraichissement génétique), les préleveurs de notre Etablissement Utilisateur sont des expérimentateurs chevronnés et ont plusieurs années de pratique dans cette procédure de génotypage. Le geste est précis, rapide et maîtrisé. Ainsi l’inconfort et le stress de l’animal sont de courte durée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Au sein de notre Etablissement Utilisateur, l’ensemble des équipes de recherche utilise le modèle souris pour sa facilité de manipulation technique, génétique, la rapidité de production de lots expérimentaux, et le grand nombre de pathologies humaines qu’il est possible de mimer Les animaux utilisés dans cette DAP sont déclarés dès leur naissance, génotypés aux environs de 10 jours (procédure 2), puis mis en accouplement à l’âge de 8 semaines (procédure 1), jusqu’à la fin de leur période fertile (environ 6 mois).