
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-441910)
7 010 souris immunodéficientes ou dystrophiques vont être utilisées sur cinq ans dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. L’acte infligé est une biopsie de la queue, pratiquée une fois sur l’animal juvénile pour vérifier son génotype, avec une douleur brève et un risque d’infection au point de prélèvement que le porteur reconnaît. Ce projet ne produit par lui-même aucune connaissance, il sert à élever et à trier des lignées destinées à d’autres protocoles, le porteur affirmant que ces souris sans défense immunitaire sont « indispensables » pour tester des cellules humaines sans immunosuppression. La grande majorité des animaux part vers d’autres projets d’expérimentation, ceux du mauvais génotype et les anciens reproducteurs étant tués.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Nous travaillons avec quatre lignées de souris à phénotype dommageable où une biopsie sear nécessaire afin de génotyper les animaux : une lignée de souris immunodéficiente (sans défense immunitaire), deux lignées de souris immunodéficientes et dystrophiques et une lignée de souris dystrophiques. Nous nous intéressons au muscle squelettique et nos recherches sont orientées à comprendre la régénération musculaire, essentiellement chez l’homme. Les souris immunodéficientes et les immunodéficientes avec dystrophies sont essentielles puisqu’elles nous permettent de tester in vivo le comportement de cellules humaines, murines ou même des vecteurs viraux sans adopter un traitement d’immunosuppression de l’animal. La lignée de souris dystrophique est elle essentielle pour pouvoir étudier la régénération musculaire dans sa globalité en condition pathologique et pour pouvoir mettre au point des stratégies thérapeutiques. L’objectif est donc la génération de lots de souris immunodéficientes et dystrophiques du bon génotype indispensables pour mener à bien nos projets de recherche.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les souris générées dans ce projet (souris immunodéficientes et dystrophiques) permettront de réaliser des projets d’étude centrés sur la régénération musculaire dans les dystrophies musculaire chez l’homme, des maladies qui touchent le muscle et permettront ainsi de proposer des nouvelles stratégies thérapeutiques. La régénération musculaire est un processus qui est altéré notamment dans la dystrophie musculaire de Duchenne (la dystrophie la plus fréquente des maladies neuromusculaires chez l’enfant qui affecte l’ensemble des muscles du corps et qui touche un garçon sur 3500 nés) et dans la dystrophie musculaire des ceintures (un groupe de maladies neuromusculaires qui touchent les muscles situés dans la région scapulaire et pelvienne)
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Nous élèverons différentes lignées mutines à phénotype dommageable (immunodéficientes et/ou dystrophiques) pour lesquels un génotypage est nécessaire. Celui-ci sera effectué à partir d’une petite biopsie caudale réalisée sur un animal juvénile. Ce prélèvement aura lieu une seule fois au cours de la vie de l’animal et dure quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les prélèvements pour le génotypage (biopsie) pourraient induire une douleur légère et de courte durée chez l’animal. Il peut également avoir un risque minime d’infection au site de prélèvement. La manipulation des animaux pourra engendrer un stress. Si un phénotype se déclare, les animaux pourront avoir un risque d’infection accrue ou bien une attente musculaire légère pouvant induire une mobilité réduite (suivant le modèle animal).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La grande majorité des animaux seront transférés pour expérimentation et affectés à d’autres demandes d’expérimentation animale (utilisation continue). Plusieurs projets sont déjà en cours, d’autres sont en cours d’écriture pour soumission au comité d’éthique et d’autres encore le seront dans l’avenir. Les animaux du mauvais génotype et les anciens reproducteurs seront euthanasiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de recréer in vitro la complexité d’un organisme entier avec tous les acteurs cellulaires et moléculaire participant à la régénération musculaire et à la mise en place des pathologies musculaires. Un modèle animal est donc nécessaire pour étudier tous ces aspects.
2. Réduction
Les souris générées dans ce projet seront transférées pour expérimentation dans d’autres procédures expérimentales où le nombre des souris sera attentivement étudié et réduit au maximum utilisant par exemple des tests statistiques adéquats, des méthodes de calcul de la taille des groups (7010 animaux estimés pour 5 ans). Le choix attentif de ces éléments permettra de réduire aussi le nombre de souris à générer dans cette demande d’autorisation. En outre, le nombre d’accouplement en cours sera régulièrement réévalué en fonction des besoins des projets.
3. Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures a été mis au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress. Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation avec un cycle jour nuit automatique : les animaux sont hébergés avec leurs congénères en portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et un accès ad libitum à la nourriture et l’eau. Le milieu est enrichi avec un des enrichissements ci-après : carré de lanière kraft, carré de coton, bâtonnet en bois, rouleau en carton ou maisonnette. Pour éviter l’apparition du phénotype des animaux, ils sont maintenus sous un statut sanitaire stricte en conditions stériles, tout le matériel est stérilisé par autoclavage (enrichissement, cages) et l’eau est osmosée. Les conditions de températures et d’hygrométrie sont contrôlées et monitorées. Les animaux sont vérifiés quotidiennement. Une surveillance accrue sera réalisée lors des prélèvements de tissu pour génotypage : une compression de la zone d’incision sera effectuée pour stopper les petits saignements, le regroupement et la prise en charge des souriceaux par la mère seront vérifiés. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux en cours de procédure grâce à une surveillance attentive (point limite) et des soins adaptés.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris (Mus musculus) est le modèle le plus commun utilisé dans des études de régénération musculaire et de compréhension des mécanismes physiopathologique du muscle squelettique. Des animaux immunodéficientes sont indispensables pour pouvoir tester in vivo le comportement de cellules humaines ou des vecteurs viraux sans adopter un régime d’immunosuppression de l’animale. Les animaux dans cette procédure genotypés entre 7 et 14 jour de vie puis utilisés à l’âge adulte pour constituer des accouplements. Les animaux générés dans cette procédure et impliquée dans d’autres procédures seront utilisés à l’âge adulte.