
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 31/03/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-450786)
210 lapereaux vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Âgés de un à deux jours, ils sont séparés de leur mère et exposés à des odeurs pendant 45 minutes, puis mis à mort immédiatement pour prélever leurs tissus olfactifs, afin d’étudier des enzymes de l’olfaction. Le porteur reconnaît un stress lié à la séparation de la mère et à la mise à mort. Il affirme qu’aucune culture cellulaire ne peut remplacer le tissu de lapereau et rattache les retombées à la survie des animaux non-humains en élevage.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Un sens de l’odorat fonctionnel est essentiel pour évaluer et apprécier les aliments, recevoir des informations sur les congénères détecter les menaces à l’aide de molécules odorantes transportées par l’air. Ainsi, un odorat défaillant est associé à une dégradation de la qualité de vie liée à une incidence plus élevée de troubles psychiques tels que la dépression et le sentiment d’insécurité sociale. Par ailleurs, il existe une population croissante de personnes âgées dont l’odorat est altéré par le vieillissement ainsi que par des traitements médicamenteux. Enfin, la perte d’odorat est un symptôme précoce des maladies dégénératives (Alzheimer, Parkinson) et des infections virales (COVID-19). Notre projet a pour objectif d’étudier des enzymes (protéines) présentent dans les tissus olfactifs de la cavité nasale dont le double rôle est (i) d’éliminer les molécules odorantes après qu’elles aient été détectées afin d’éviter de saturer le système olfactif et (ii) de produire, à partir des molécules odorantes de nouvelles molécules odorantes pouvant également être détectées et donc intervenir dans la perception olfactive. Ce mécanisme est très innovant dans la compréhension du processus de l’olfaction, il peut expliquer les troubles olfactifs dont souffrent certaines personnes en particulier lors de pathologies ou de leur traitement. Le lapereau est un modèle unique car il présente un réflexe de succion lorsqu’il perçoit de manière olfactive la phéromone mammaire, une molécule odorante naturellement émise dans le lait de la lapine. Nous avons beaucoup travaillé sur ce modèle et démontré la fonction des enzymes olfactives dans la perception de la phéromone mammaire. Ici, notre objectif est d’analyser la régulation des enzymes (expression et activité) après exposition des tissus olfactifs à des odorants et après apprentissage d’une molécule odorante par exposition in vivo.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Une meilleure connaissance de l’expression et de la localisation des enzymes olfactives de métabolisme de la phéromone mammaire, devrait nous aider à mieux comprendre la perception de cette phéromone par le lapereau ce qui pourrait permettre des retombées sur l’amélioration de la survie de l’animal en conditions écologiques ou d’élevages.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les lapereaux nouveau-nés sont exposés à des odeurs pendant 45 min en déposant quelques gouttes de l’odorant sur un papier filtre déposé dans une boule à thé. Cette dernière est placée dans une boite en polystyrène entre les copeaux et en contact avec les lapereaux. Les odeurs étudiées sont le 2-methyl-but-2-énal (la phéromone mammaire = PM), l’hexanal et la pentanedione à la concentration de 10-5 g/ml (concentration réactogène de la phéromone mammaire) et 10-2 g/ml. La mise à mort à lieu immédiatement après les 45 minutes d’exposition.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il peut y avoir un stress au moment de la séparation de la mère pour l’expostion des laperaux aux odorants puis la mise à mort. Lors de la séparation de la mère les petits sont transférés (par le personnel animalier) dans la salle d’euthanasie dans un nid rempli de coton afin de limiter le stress.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des analyses seront effectuées sur des prélèvements post-mortem, tous les animaux seront mis à mort
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de se passer des tissus de lapereau pour l’objectif de l’étude. Compte tenu de la complexité de ce tissu épithélial, aucune culture cellulaire ne peut présenter les caractéristiques d’un prélèvement chez le lapereau.
2. Réduction
Pour chacune des procédures, un maximum de 5 lapereaux sont utilisés pour chaque condition expérimentale, permettant une exploitation statistique des résultats (Test T) et une optimisation en vue de la Réduction du nombre d’animaux.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en cage de 3 avec enrichissement de milieu, les animaux ne subissent aucun geste technique durant leur hébergement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le lapereau présente un système olfactif très proche de l’homme et des enzymes aux fonctions équivalentes. Des résultats très probants ont déjà été publiés par notre équipe sur ce modèle permettant de mieux comprendre la fonction des enzymes du métabolisme des odorants. Le lapin est un modèle unique de perception d’une molécule odorante particulière aux propriétés phéromonales. Les animaux sont des lapereaux âgés de 1 à 2 jours. Il s’agit de l’âge optimal de réponse à la phéromone mammaire dont l’étude de la perception est l’objet de nos travaux.