
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-464168)
Le lapin est retenu ici parce qu’il figure au deuxième rang des espèces les plus utilisées en recherche. 96 lapins vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Chacun peut recevoir jusqu’à trente administrations, par voie orale, sous-cutanée, intradermique, intramusculaire ou intraveineuse, et subir jusqu’à dix prélèvements de sang à l’artère de l’oreille ou à la veine jugulaire, tous réalisés sur animal vigile par des élèves. Une dizaine des plus âgés sont tués chaque année pour des dissections de BTS, 30 sur l’ensemble du projet, quand 46 restent dans l’animalerie pédagogique et 20 sont proposés à l’adoption à deux ans.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet consiste à former des personnes travaillant au sein d’établissements utilisateurs d’animaux à des fins scientifiques en tant qu’applicateur de procédures expérimentales sur l’espèce lapin. Le but est d’acquérir les techniques de manipulations classiques pour réaliser des administrations et des prélèvements en évitant toute souffrance pour l’animal et en garantissant la sécurité de l’opérateur et de l’animal. En parallèle, avec l’utilisation de l’animalerie pédagogique, les apprenants avec encadrement sont initiés aux différentes techniques de base en matière d’hébergement, élevage , techniques d’anesthésie, soins pré/post opératoires et observations des animaux dans le respect du bien être animal.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces travaux pratiques font partie intégrante de la formation des techniciens applicateur de procédures utilisant des animaux à des fins scientifiques. L’obtention de leur diplôme ou habilitation leur donne la possibilité de travailler dans le cadre de projets scientifiques sur animaux vivants et permet aux employeurs de bénéficier de techniciens compétents techniquement et opérationnels réglementairement dès leur entrée dans l’entreprise. La méthode d’apprentissage basée sur les règles de bien être animal permet d’acquérir les bons gestes afin de garantir sécurité et respect éthique de l’animal. L’animalerie pédagogique permet aux apprenants d’acquérir d’autres notions importantes tel que le maintien des ces animaux en milieu confiné, l’observation quotidienne, l’élevage, l’hygiène et la prophylaxie. L’acquisition des ces compétences théoriques et pratiques démontre l’importance d’avoir des animaux hébergés dans de bonnes conditions et une approche des règles de bien être animal facilite leur manipulation. Les entreprises sont à la recherche de personnel formé et autonome rapidement. Notre établissement est très réputé dans la formation de techniciens applicateurs grâce à l’expertise technique de formateurs reconnus depuis de nombreuses années et un outil pédagogique tel que l’animalerie complètement rénovée cette année.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Toutes les administrations et prélèvements sont réalisées sur animaux vigiles. Les différentes voies d’administrations sont la voie sous cutanée, intra dermique, intra musculaire, intra veineuse et orale. L’animal est soumis à 2 administrations maximum par semaine pour toutes les administrations sauf la voie intra dermique réalisée une ofis par an avec anesthésie locale au préalable. La durée d’administration est inférieure à 1 minute. Le nombre d’administrations pour un animal est inférieur à 30. Les prélèvements sanguins sont effectués à l’artère auriculaire et à la veine jugulaire 1 fois par semaine maximum. La durée de prélèvement est inférieure à 1 minute. Le nombre de prélèvements pour un animal est inférieur à 10.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les procédures réalisées dans ces séances de travaux pratiques sont faiblement invasives. Les nuisances attendues pour les animaux seront liées au stress de la manipulation et aux douleurs éventuelles associées aux injections effectuées par des étudiants en apprentissage. La prise de sang peut également engendrer un hématome au niveau du site de prélèvement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont conservés à l’issue de cette procédure sauf 10 animaux maximum par an (les plus âgés) utilisés dans le cadre du programme de BTS pour des dissections. Le reste des animaux est maintenu dans l’animalerie et sert aux apprenants pour l’acquisitions de compétences comme l’observation, l’entretien, ou la manipulation. Ces animaux sont proposés à l’adoption à l’âge de 2 ans.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de valider la formation réglementaire à l’expérimentation animale (niveau applicateur), il est nécessaire que les personnes pratiquent les techniques les plus usuelles et les moins invasives (intramusculaire, sous cutanée, intraveineuse et voie orale sur animal vigile) pour les maîtriser au mieux et ceci en complément des autres supports utilisés (vidéos, démonstrations sans animal ou avec « peluche »). La réalisation d’interventions directes sur l’animal, avec encadrement professionnel, est incontournable et reste l’objectif principal de ces formations professionnelles. Le but étant de permettre aux futurs applicateurs d’acquérir les bons gestes en évitant stress et souffrance aux animaux.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés a été calculé de manière à prendre en compte le degré de stress et/ou de douleur potentiellement occasionné chez l’animal, tout en permettant une bonne formation pratique des personnes (voir annexe 3). Ce calcul est fonction du nombre de sesssions réalisées pendant une semaine en tenant compte du nombre maximum d’apprenants. Les animaux utilisés dans le cadre de ce projet sont aussi utilisés pour des travaux pratiques hors projet comme le sexage, la préhension, les contentions,les activités zootechniques. Cette double utilisation permet de réduire le nombre d’animaux. Le nombre de lapins utilisés au maximum sur 1 semaine est 56 lapins. Cependant afin de réduire le nombre d’animaux utilisés tout en maintenant des phases de repos nécessaires au bien être de nos lapins, les sessions de travaux pratiques sont réparties tout au long de la semaine en alternant travaux pratiques « projet » avec des travaux pratiques « hors projet ». Le lapin est utilisée 1 fois par jour ouvré au maximum avec 2 administrations différentes par semaine ou 1 prélèvement sanguin par semaine. Cette organisation nous permet de diminuer le nombre de lapins à 32 par an soit une diminution de 40%. Ce nombre sera adapté chaque année scolaire en fonction du nombre d’apprenants. A partir de 2 ans d’âge les animaux sortent du projet pour être maintenu dans l’élevage, ils sont également proposés à l’adoption. La réhabilitation d’animaux fait partie intégrante du cursus d’apprentissage de nos futurs techniciens.
3. Raffinement
Les animaux utilisés dans ce projet sont hébergés en groupe socialement harmonieux de 2 ou 3 individus. Les animaux bénéficient d’un programme d’enrichissement alternatif et évolutif (Exemple: bâton à ronger, tunnel, foin, plateforme, balle, altère…). Tous les animaux sont entraînés en début d’année scolaire par les apprenants en classe de terminale, lors des premières séances de travaux pratiques. Les classes de seconde ou premières années débutent par l’habituation au contact applicateur/animal puis par la préhension de l’animal. Une attention particulière est portée sur la nécessité de travailler dans le calme afin d’éviter tout stress inutile chez l’animal. Les élèves peuvent également proposer des mesures de raffinement observées pendant leur période de stage en entreprise comme une nouvelle technique de contention. Après chaque procédure d’administration ou de prélèvement, les apprenants effectuent un acte de renforcement positif (récompense alimentaire, caressing).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le lapin est une espèce nécessaire à l’apprentissage du futur technicien applicateur de procédures expérimentales sur animaux. Cette espèce est une des plus utilisée en recherche (2ème au classement en 2022 avec environ 8.96%). Les lapins sont âgés au minimum de 4 semaines en début de projet et sont mis en réforme à 2 ans d’âge pour une adoption éventuelle. L’âge de réforme et la proposition à l’adoption se fait en fin d’année scolaire généralement. Avec des animaux de 2 ans, l’espérance de vie pour les adoptants reste intéressante.