
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 14/08/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-469295)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet vise à répondre à deux questions scientifiques, à savoir : -La privation intermittent d’oxygène (induite pas l’apnée obstructive du sommeil AOS) provoque-t-elle des dérèglements de l’activation sur système nerveux autonome ? -Si oui, ces dérèglements sont-ils responsables des troubles métaboliques hépatique associés à ce stress hypoxique et plus largement à cette pathologie (AOS) ? Pour cela le projet met en place une collaboration multi-équipes pour mutualiser les expertises et le matériel. Le projet sera donc réalisé dans 3 établissements utilisateurs voisins.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’activation du système sympathique dans les apnées obstrutives du sommeil commence d’être décrite en clinique par des observations cardiaques (ECG). Par ailleurs, cette activation a sans doute des répercussions sur le plan métabolique que nous allons tenter de comprendre. Si une activation de la voie sympathique s’avère dans notre modèle d’exposition à l’hypoxie intermittente avec des désordres métaboliques associés, nous allons pouvoir envisager des traitements d’inactivation de cette voie (Béta bloquant ou autre) avec des répercussions importantes. Au final, l’idée est de développer une nouvelle thérapie pour lutter contre les déréglements métaboliques associés au syndrome d’apnées obstrutives du sommeil.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans l’EU1 Les animaux seront soumis à de l’hypoxie intermittente 8 heure par jour, pendant 16 semaines de 8h à 16h. Ils suivront des tests de stimulations à différentes drogues connues afin d’évaluer leur sensibilité à celles-ci (3 tests à la 2ème, 8ème et 16ème semaine d’exposition à l’hypoxie). Ils auront des mesures de glycémie par microprélèvements (goutte de sang prélevée à la queue, 3 tests). Il suivront 3 ECG et 3 echographies cardiaques non invasifs, réalisés sous anesthésie générale (durée moyenne 10 min) dans l’EU2. . Certains d’entres eux (5 par groupes et par souches soit 70 animaux), suivront une chirurgie permettant la pose d’implant de télémétrie nécessaire au suivi en temps réel de leurs paramètres vitaux (ECG, glycémie et pression) (durée de la chirurgie 30 min) dans l’EU1. Les animaux seront hébergés en cage adaptée à la mesure des échanges de gaz respiratoires pendant 48 heures (24 heures d’acclimatation et 24 heures de mesures) afin de mesurer la dépense énergétique des animaux dans l’EU2. Ces cages sont conformes aux normes européennes sur le bien-être des animaux, elles contiennent des enrichissements (tunnel) et un accès à l’eau et à la nourriture ad libitum. Enfin des mesures de pressions artérielles seront réalisées sur les animaux à la fin de l’exposition à l’hypoxie deux fois 15 min à intervalle de 4 jours (sur 280 animaux (140 de chaque souche)).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle d’exposition à la privation d’oxygène intermittente est bien connu au laboratoire et les effets secondaires sur les animaux sont bien décrits (augmentation de la ventilation et augmentation de l’hématocrite sans conséquence majeure). Les traitements utilisés sont déjà connus dans la litérature et au laboratoire, il ne devrait pas y avoir de problème. Les injections de glucagons devraient augmenter la glycémie des animaux (mais sans excés). Les injection d’insuline devraient provoquer une baisse de la glycémie. Si celle-ci devient inférieure à 40mg/dl les animaux recevront une injection de glucose). Les injections d’adrénaline, d’isoprénaline, de noradrénaline et de dexaméthazone sont attendues pour augmenter légèrement la fréquence cardiaque. Les mesures de pression artérielle à la queue étant réalisées en placant les animaux dans un tube de contention, les animaux pourront être stressés lors de ces mesures. Ils seront donc habitués progressivement et plusieurs fois à cette contention avant les mesures. Les animaux opérés pour être équipés d’implants de télémétrie auront besoin de quelques jours de récupération avec un suivi quotidien avec vérification des points limites décrits en procédure expérimentale (sur 14jours). Comme lors de toute chirurgie, un risque infectieux existe. La mise en cage colarimétrie n’induit pas de nuissance particulière car elles sont de taille identiques à celles de l’hébergement et avec le même enrichissement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront euthanasiés à l’issue des 16 semaines d’hypoxie afin de prélever différents organes. Une mutualisation des prélèvements pour d’autres analyses ou mises au points techniques pourra être faite avec d’autres chercheurs du laboratoire.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous avons pris en compte la règle des 3 R car ces expérimentations seront réalisées avec le souci de remplacer l’expérimentation animale. Seulement à ce jour aucun moyen ne nous permet de remplacer ce modèle animal pour analyser les dérèglements des systèmes intégrés comme l’activation du système nerveux autonome.
2. Réduction
Nous réduisons le nombre d’expérience en multipliant les tests à partir d’un seul animal grâce a des analyses non invasives (ECG+Echographie) à différents temps (avant le sacrifice terminal). Nous utilisons également le nombre minimal d’animaux nécessaires pour obtenir des résultats statistiquement fiables. Le nombre d’animaux a été évalué avec un test statistique tenant compte de la variabilité des précédentes expériences déjà réalisées au laboratoire en ce qui concerne les analyses métaboliques et en intégrant un effet de la privation de l’oxygène à hauteur de 20-30%. Nous obtenons un minimum de 10 animaux par groupe avec un risque de 5%. Les résultats obtenus seront analysés par des tests statistiques. Pour les données générées par la télémétrie, un n=5 devrait suffire car ces mesures sont très précises, réalisées sans stress des animaux et en continue (nombre de mesure supérieur à 1000).
3. Raffinement
Cette étude est menée avec un grand souci de raffinement d’autant que ces analyses sont très sensibles aux moindres perturbations des animaux (stress etc). Ainsi nous veillerons à respecter scrupuleusement les cycles jours/nuit et limiterons fortement les allers et venues dans l’animalerie ainsi que le bruit pour ne pas déranger les animaux. Les animaux suivront également des habituations de manipulation par les expérimentateurs afin de limiter fortement le stress des animaux durant les analyses en particulier celles de mesure de pression. Les animaux seront anesthésiés durant les ECG et les échographies. Les animaux qui suivront la chirurgie implantatatoire pour la télémétrie bénéficieront d’un traitement antalgique. Enfin, des points limites adaptés et des critères d’arrêt de souffrance sont définis pour la procédure que suivront les animaux de ce projet. La mise en cage colarimétrie n’induit pas de nuissance particulière car elles sont de taille identiques à celles de l’hébergement et nous les aménagerons avec le même enrichissement. Un éventuel stress des animaux pourrait être engendré par le transport entre les différents EU mais les distances sont faibles entre eux. L’EU3 est situé un étage plus bas de l ‘EU1 et l’EU2 est situé à 10 min de voiture. Ces transports seront réalisés par l’expérimentateur lui même (pour limiter le stress des animaux) avec le plus grand soin (voiture climatisée, conduite souple etc…)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un mammifère dont certaines caractéristiques biologiques peuvent être extrapolées à l’Homme, notamment dans le cadre d’études systémiques, premettant ainsi de comprendre les mécanismes physiologiques et physiopathologiques avant d’entreprendre des études cliniques. Enfin la pertinence du choix de cette espèce animale repose sur le fait de la comparativité des études scientifiques. Le modèle d’exposition des souris à l’hypoxie intermittente étant déjà bien caractérisé et publié dans la litérature. L’utilisation d’animaux transgénique est le seul moyen d’évaluer spécifiquement l’implication du gène ciblé sur les perturbations métaboliques associées à l’hypoxie intermittente, la souris est l’espèce de choix pour ces expériences. Les animaux seront utilisés au stade jeune adulte ou adulte afin de mimer au mieux la pathologie clinique qui survient à l’age adulte. Age de 16 semaines à l’entrée dans l’étude.