
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-07-26 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-491018)
400 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Privées de défenses immunitaires, elles reçoivent une greffe de cellules de cancer du foie humain, laissent croître une tumeur pendant un à deux mois, puis sont gavées chaque jour pendant dix à vingt jours, avec nécroses tumorales et pertes de poids possibles, avant d’être tuées pour analyse des tumeurs. Le projet teste des sucres issus d’algues marines comme traitement du cancer du foie, retombée que le porteur renvoie au long terme. Il indique avoir d’abord évalué ces molécules in vitro.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer du foie est le 6ème cancer par ordre de fréquence dans le monde. Parmi les facteurs impliqués dans la propagation de ce cancer on retrouve une protéine appelée héparanase qui dégrade les sucres biologiques entourant les cellules, et favorise ainsi la propagation du cancer. L’inhibition de l’activité de cette protéine, pour contrôler et limiter la propagation des cellules cancéreuses dans le foie, apparaît comme une stratégie de recherche prometteuse. Ainsi, ce projet vise à utiliser des sucres naturels issus d’algues dont le rôle principal est de diminuer l’action de l’héparanase. Notre problématique est d’évaluer une nouvelle stratégie de lutte contre le cancer du foie basée sur l’utilisation de ces potentiels traitements sur des tumeurs humaines ayant été developpées chez des souris. Le but de ce projet est de trouver un traitement original et innovant du cancer du foie, qui pourrait être administré en plus des stratégies thérapeutiques actuelles pour améliorer les chances de survie des patients.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu à court terme pour ce projet est la détermination du traitement ayant le plus d’effets sur les tumeurs du cancer du foie. Le bénéfice attendu à moyen terme est l’identification des mécanismes qui ont lieu au sein de la tumeur. Les bénéfices attendus à long terme seraient d’envisager un traitement du cancer du foie par ces traitements naturels à base d’algues marines, mais cela nécessitera alors des expérimentations supplémentaires pour s’assurer de leur potentielle efficacité dans ce cadre.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
a.Une injection sous la peau de cellules humaines (sous anesthésie). Cette injection devrait prendre quelques secondes par souris. b. Développement d’une tumeur sous la peau après l’injection de cellules humaines du cancer du foie aux souris. Il faudra environ 1,5 à 2 mois pour que la tumeur atteigne une taille adéquate permettant de commencer les traitements. La taille maximale des tumeurs ne devrait pas dépasser un volume de 200mm^3 c. Traitement quotidien (7 jours/7), une fois par jour pendant 10 ou 20 jours par gavage avec une sonde de gavage (volume de gavage : 200 µL). La durée de chaque gavage peut varier, mais en général, cette procédure est assez rapide et peut être effectuée en quelques secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration des traitements à l’aide d’une sonde métallique dans l’estomac des souris sera effectué tous les jours pendant 10 ou 20 jours (week-ends compris). Ce mode d’administration appelé gavage entraîne une nuisance et un stress de sévérité modérée aux souris, on note aussi une nuisance liée à la croissance des tumeurs. Parmi les effets indésirables possibles on note les effets suivants : Blessures ou nécrose des tumeurs – Perte de poids suite aux manipulations quotidiennes – Risque de propagation de la tumeur dans d’autres parties du corps.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés à la fin de la procédure éxperimentale afin de récuperer les tumeurs et les analyser.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans un premier temps, nous avons étudié l’effet de nos molécules thérapeutiques dans un modèle de cellules au laboratoire, les résultats obtenus confirment l’efficacité anti-cancéreuse de notre traitement. Désormais notre objectif est de confirmer les effets observés sur les cellules dans un modèle animal. On voudrait également comprendre les interactions et les mécanisme biologiques qui ont lieu entre les cellules cancereuses et le milieu dans lequels elles baignent avec et sans traitement, notamment sur la création de nouveaux vaisseaux sanguins. Les modèles sur animaux pour étudier le cancer sont les seuls permettant de reconstituer la complexité des tumeurs humaines sur l’animal. Les résultats obtenus sur ces modèles permettent ainsi une réelle extrapolation en médecine humaine
2. Réduction
Le nombre total d’animaux impliqués dans cette étude est de 400 souris. Le nombre d’individus par groupe expérimental a été réduit au minimum requis pour l’obtention de résultats statistiquement significatifs. Une étude sur des cellules a été préalablement faite au sein de notre laboratoire et a démontré un effet anti-cancéreux de 3 sucres issus d’algues marines. Malgré l’importance des trois molécules, seulement deux ont été sélectionnés pour l’étude sur les souris. Toujours dans le but de limiter le nombre d’animaux, nous nous sommes référés aux données bibliographiques pour determiner le nombre de cellules à injecter aux souris. Et dans la mesure du possible, les tissus obtenus à partir d’une souris serviront à plusieurs analyses biologiques à la fois. Par ailleurs, la taille des effectifs a été établie grace à un calcul de puissance statistique, et les résultats obtenus permettront d’établir des analyses statistiques pour une interprétation fiable des résultats.
3. Raffinement
Les animaux proviennent d’un éleveur agréé .Une periode d’acclimatation de 7 jours est prévue suite à leur réception, L’hébergement est assuré en cages enrichies (nid végétal et/ou bûchettes) à raison de 5 animaux par cage conformément à la réglementation mais d’éventuels désagréments observés au cours du projet et inhérents à la promiscuité avec les autres animaux pourront nous conduire à réduire ce nombre. Pour assurer le bien-être des animaux et éviter de les stresser, l’injection de cellules sous la peau se fera sous anesthésie légère. Les animaux seront sous surveillance avec un accès facilité à la nourriture et à l’eau. Une surveillance quotidienne sera exercée pour s’assurer du bon état général des animaux. Le personnel de zootechnie est formé à l’observation des animaux et tout signe de mal-être est immédiatement signalé au responsable du projet qui prendra la décision sur leur devenir, en accord avec le vétérinaire référent si nécessaire. Les souris seront suivies 3 fois par semaine par un score clinique.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi dans notre modèle d’étude des souris sans thymus dites athymiques. Ces souris présentent une immunodéficience qui limite le risque de rejet de la greffe des cellules humaines. Pour maximiser nos chances de prise de greffe nous avons choisi de faire notre étude sur des souris de 7 semaines d’age lors de l’injection de cellules cancéreuses humaines, elles auront au moins 13 semaines lorsqu’on débutera l’administration des traitements. Notre choix est fondé sur les données bibliographiques des études cancérologiques.