
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 26/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-494899)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le vieillissement de la population mondiale est un problème de santé publique majeur. À mesure que les gens vieillissent, de nombreux organes de leur corps commencent à fonctionner moins bien, ce qui augmente le risque de maladies liées à l’âge. Une des choses qui se passe lorsque nous vieillissons, c’est que la paroi de notre intestin devient plus perméable, ce qui provoque une inflammation dans tout notre corps, un phénomène que l’on appelle « inflammaging ». Cette inflammation est impliquée dans de nombreuses maladies qui surviennent avec l’âge, notamment les problèmes de foie et les infections. Le foie joue un rôle essentiel dans la régulation de l’inflammation et de l’immunité, car il filtre le sang provenant de l’intestin et contient des cellules spéciales qui combattent l’inflammation. Cependant, le foie lui-même peut être affecté par le vieillissement, ce qui peut contribuer à l’inflammation générale dans le corps et au développement de maladies liées à l’âge. Des recherches récentes ont montré que, chez la souris, le foie est l’organe qui accumule le plus de cellules « vieillissantes » au fil du temps. Parmi les cellules du foie, les cellules qui bordent les vaisseaux sanguins semblent être particulièrement touchées par ce processus de vieillissement. L’objectif de ce projet de recherche est d’étudier comment le vieillissement des cellules du foie affecte les maladies liées à l’âge, en mettant l’accent sur les infections et les problèmes de foie comme la stéatohépatite non alcoolique (NASH, maladie du foie gras) et la fibrose. À terme, cette recherche pourrait aider à développer de nouvelles thérapies qui ciblent spécifiquement le foie pour lutter contre l’inflammation liée à l’âge et prévenir certaines maladies liées au vieillissement.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’impact du vieillissement du foie, en particulier des cellules endothéliales et des hépatocytes (cellules majoritaire du foie), sur les maladies liées à l’âge, n’a pas encore été étudié. Les maladies chroniques du foie sont très courantes, avec environ 700 000 cas de maladie hépatique sévère (cirrhose) estimés en France. La stéatohépatite non alcoolique (maladie du foie gras) est l’une des principales causes de ces maladies, mais il n’existe actuellement aucun traitement efficace. De manière plus générale, les mécanismes sous-jacents à l’évolution des maladies du foie vers la cirrhose et ses complications, notamment le cancer du foie, demeurent mal compris. Une meilleure compréhension de ces mécanismes pourrait ouvrir la voie à de nouvelles options thérapeutiques. Ce travail se distingue par son choix de se concentrer sur les deux populations cellulaires les plus touchées par le vieillissement dans le foie. Le foie joue un rôle clé dans la gestion des agents pathogènes circulants du système digestif, les interactions avec le système immunitaire et la régulation de l’inflammation générale. En identifiant les altérations des processus immunitaires résultant du vieillissement et susceptibles d’augmenter la vulnérabilité aux infections et aux maladies du foie, il devient possible d’identifier des cibles thérapeutiques potentielles. De plus, le foie étant un organe facilement accessible, cela ouvre des perspectives prometteuses en termes de futurs traitements.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les procédures seront réalisées sur des lots d’animaux : – Un lot d’animaux subira une chirurgie sans réveil avec anesthésie générale afin de récupérer les cellules du foie et de les analyser. (15 minutes). – Un lot d’animaux subira une chirurgie avec anesthésie générale et réveil afin d’injecter des cellules dans un vaisseau (20minutes). – Un autre lot d’animaux subira une inoculation de virus afin de rétablir l’expression d’un gène (10 secondes avec contention de la souris). – Un lot de souris recevra une injection de bactéries afin d’étudier l’effet du vieillissement du foie sur la lutte contre l’infection.(10 secondes avec contention de la souris). – Un lot de souris sera soumis à un régime gras pendant 4 ou 12 semaines. – Un lot de souris subira des injections 2 fois par semaine dans le ventre d’un agent induisant une fibrose hépatique (10 secondes avec contention de la souris). Pour presque toutes les procédures, les animaux auront un prélèvement de sang (500 µl) sous anesthésie générale. (10 minutes avec ouverture de la souris et prélévement de sang) (MODIFICATION) – plusieurs lot de souris recevront des doses croissantes de bactéries afin de trouver la dose optimale pour induire une infection non léthal.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sont : * (MODIFICATION) Pour les modèles d’infections bactériennes, les fortes doses peuvent entrainer une mortalité chez une partie des souris. Mais nous avons mis en place un suivi afin de veiller au bien-être animal. * Dans le modèle de régime riche en graisses (modèle de la maladie du foie gras), les effets sur les souris incluent une prise de poids importante, ce qui peut limiter leur mobilité, ainsi qu’une croissance accrue des dents. De plus, le changement initial de régime alimentaire peut causer du stress aux souris pendant les premiers jours. * En ce qui concerne le traitement avec un agent agressant le foie, il peut initialement entraîner une perte de poids chez les souris, suivie d’une reprise de poids. Parmi les autres effets indésirables possibles, on peut citer des douleurs temporaires lors de l’injection intrapéritonéale (dans le ventre) et un éventuel stress initial lié à la nouveauté de la procédure, qui devrait diminuer avec le temps. * Il est essentiel de noter que la fibrose hépatique ou la cirrhose induite par l’agent agressant le foie et la maladie du foie gras induite par le régime riche en graisses sont indolores et n’affectent pas l’état général des souris, comme cela a été confirmé dans d’autres études, en accord avec notre propre expérience.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les souris seront euthanasiées à la fin de toutes les procédures afin de prélever et d’étudier les organes et notamment le foie.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous souhaitons étudier l’impact du vieillissement du foie sur l’ensemble du corps et sa réaction face aux infections qui touchent les personnes âgées, qui sont plus sensibles que les personnes jeunes (infections virales telles que la COVID-19 ou la grippe, ou infections bactériennes telles qu’E. Coli). Des expériences in vitro (sur des cellules) seront réalisées afin de caractériser le foie vieillissant. En revanche, pour étudier l’effet du foie sur le développement des infections, nous sommes obligés de passer par un modèle animal. Les modèles animaux permettent également de tester de nouvelles stratégies thérapeutiques, comme celles que nous proposons.
2. Réduction
Malheureusement, il n’existe pas de cellules saines commerciales à prolifération illimitée (cellules immortalisées) permettant de se passer du modèle animal. Nous avons réduit le nombre d’animaux au strict minimum afin d’être en mesure d’obtenir des résultats interprétables grâce à des outils statistiques. Les groupes seront mixtes (autant de mâles que de femelles). Travailler sur des souris provenant d’une même lignée permettra d’éviter les différences de réaction dues à la variation entre chaque individu et ainsi permettra de limiter le nombre de souris.
3. Raffinement
Toutes les mesures seront prises pour assurer le bien-être des animaux : surveillance quotidienne par le personnel technique de l’animalerie, enrichissement de l’environnement (bâtonnets en bois et cotons), analgésie et anesthésie lors des procédures douloureuses. Le bien-être sera également évalué à l’aide d’une grille d’évaluation (étude du comportement des animaux, de leur poids…) pour prendre en charge la douleur de manière anticipée. Des points limites représentant un seuil de douleur inacceptable adapté à chaque procédure ont également été définis.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le choix de l’espèce (ici, la souris) permet d’avoir accès à des animaux génétiquement modifiés. Les souris génétiquement modifiées permettent de mettre en évidence le rôle ou l’implication d’un processus donné dans un type cellulaire précis dans le développement de pathologies liées à l’âge. De plus, il existe de nos jours de nombreux outils adaptés à la souris (anticorps…) nécessaires à cette étude. Enfin, les infections bactériennes et les maladies hépatiques étant des maladies multifactorielles, la proximité de la souris vis-à-vis de l’Homme nous permettra de nous affranchir en partie de certaines variables inhérentes à l’espèce animale utilisée. S’agissant d’un projet sur le vieillissement, les souris non mutées seront utilisés à deux âges : – entre 20-24 mois pour être représentatif de patients de plus de 75 ans = « âgés » – des souris de 3 mois pour les controles « jeunes ». Pour les modèles génétiquement modifiés, ils reflétent un vieillisement accélérés seulement dans les cellules que l’ont souhaite étudier et le début des protocoles se fera à partir de 6 mois car il a été montré dans la littérature que ces souris montrent un vieillissement acceleré à partir de 6 mois.