Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

52 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent du tamoxifène par différentes voies, dont l’injection dans la cavité abdominale, trois fois à deux jours d’intervalle, avec prélèvements sanguins sous sédation, avant d’être tuées pour analyse des organes. Le porteur indique que l’injection abdominale de tamoxifène provoque une péritonite systématique et une inflammation douloureuse souvent négligée. Il présente ce travail comme un projet de raffinement destiné à établir des recommandations pour les nombreuses souris soumises chaque année à ce type d’administration, ces mêmes souris étant ici tuées pour le documenter.

NTS-FR-496282v1
Types de recherche
· Bien-être animal · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Tamoxifène, Huile, Injection intrapéritonéale, Inflammation, Raffinement
Souris : 52

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le tamoxifène est un anticancéreux majeur utilisé en particulier pour le contrôle du cancer du sein chez la femme. Chez la souris, des constructions génétiques ont été créées pour permettre l’induction d’une modification génétique suite à une administration de tamoxifène. Il s’agit là d’un outil génétique très utilisé pour générer une modification génétique à un moment précis. L’induction de cette modification génétique par le tamoxifène nécessite une dose importante, sur plusieurs jours. Le tamoxifène est une molécule soluble dans les lipides très bien absorbée par voie orale, ce qui permet de l’administrer par l’alimentation ou par gavage. Cependant, à l’échelle mondiale et notamment en France, le tamoxifène est la plupart du temps injecté, à plusieurs reprises, dans la cavité abdominale après dissolution dans une huile (huile de maïs le plus souvent). Or en bonnes pratiques vétérinaires, un excipient huileux n’est pas censé être injecté dans la cavité abdominale et notre expérience personnelle de vétérinaires en animalerie nous a amenées à observer une péritonite systématique, clinique ou subclinique, chez tous les animaux injectés avec du tamoxifène dans la cavité abdominale, même une seule fois. Il s’agit là d’une cause de douleur, souvent négligée, et d’une cause d’inflammation systémique, susceptible d’interférer avec la question scientifique posée. Nous souhaitons donc conduire une étude robuste documentant les effets inflammatoires de l’injection dans la cavité abdominale de tamoxifène, comparés à ceux générés par d’autres voies d’administration, également décrites dans la littérature pour leur efficacité et a priori moins délétères, à savoir la voie sous-cutanée, orale et transdermique, afin de permettre d’établir des recommandations pour une utilisation du tamoxifène chez la souris qui respecte au mieux le bien-être des animaux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Notre projet a pour but de démontrer le risque d’interférence scientifique et de réduction du bien-être des souris suite à l’injection dans la cavité abdominale de tamoxifène et de proposer des voies d’administration alternatives, connues dans la littérature pour être également efficaces, et qui ne présenteront pas ces inconvénients. La publication de ces résultats permettra d’éditer des recommandations en matière d’administration du tamoxifène afin d’améliorer la condition des souris impliquées dans des stratégies de recombinaison induite par le tamoxifène, ce qui correspond à un grand nombre d’animaux chaque année dans un pays comme le nôtre. Il s’agit donc d’un projet de raffinement destiné aux souris.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux subiront les interventions suivantes : – Administrations d’une solution soit dans la cavité abdominale, soit par voie sous-cutanée, soit par gavage, soit par application transdermique. Ces administrations seront réalisées 3 fois à 2 jours d’intervalle et chaque administration durera environ 30 secondes. – Si besoin d’une sédation ou d’une anesthésie pour ces administrations, elles seront induites par une injection sous-cutanée puis une seconde injection sous-cutanée sera réalisée pour induire le réveil (environ 30 secondes par injection). – Deux prélèvements de sang seront réalisés à 2 semaines d’intervalle à la veine mandibulaire, avec sédation et analgésie. La sédation avec analgésie sera induite par une injection sous-cutanée (environ 30 secondes pour l’injection) et sera effective en 10 min environ. Le prélèvement de sang durera alors environ 30 secondes. Une seconde injection sous-cutanée d’un antagoniste permettra le réveil de l’animal. – Avant la mise à mort en fin de procédure, les animaux recevront une sédation avec analgésie via une injection sous-cutanée (environ 30 secondes pour l’injection) qui sera effective en 10 min environ.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les gestes de prélèvements et d’administration seront susceptibles de causer un stress et une douleur légers aux animaux. Les composés injectés seront susceptibles de créer une inflammation potentiellement douloureuse, d’intensité modérée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort pour récupérer les prélèvements nécessaires à de nombreuses analyses anatomopathologiques et biochimiques qui permettront d’évaluer les effets inflammatoires des différentes administrations.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

La démonstration des effets inflammatoires de l’injection dans la cavité abdominale de tamoxifène et de l’intérêt potentiel de voies d’administration alternatives nécessite d’utiliser des organismes entiers pour caractériser les lésions des organes et l’inflammation au niveau sanguin. L’étude sera réalisée chez la souris, espèce-cible de l’utilisation du tamoxifène, qui bénéficiera donc directement de l’étude menée.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre de groupes et sous-groupes proposé a été pensé pour répondre au plus près aux attentes des chercheurs quant à la démonstration des effets inflammatoires de l’injection dans la cavité abdominale de tamoxifène et à la proposition de voies alternatives. Au sein de chaque sous-groupe, le nombre d’animaux utilisé est aussi réduit que possible, tout en permettant d’atteindre une pertinence statistique.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront stabulés en portoirs à cages ventilées, dans des pièces dont la température et l’hygrométrie sont contrôlées, monitorées et fidèles à la réglementation. Les animaux auront un accès ad libitum à la nourriture et à l’eau. Le cycle d’éclairage est de 12h par jour. Le comportement des mâles est particulièrement surveillé et en cas de bagarre grave amenant à des plaies, le mâle agresseur est séparé de ses congénères et ses congénères sont pris en charge de manière adaptée (mise à mort compassionnelle si blessures trop graves, soins dans les autres cas). Le milieu est enrichi avec des lanières de papier Kraft ou du coton, un bâton de bois à ronger et une maison en carton. Pour éviter une réponse de stress induite par les divers tests, les animaux seront habitués dès leur plus jeune âge à être manipulés régulièrement, le plus en douceur possible. Tous les gestes seront réalisés avec une attention très forte au respect physique et émotionnel des animaux. Des points limites ont été établis et seront constamment évalués en observant individuellement les animaux chaque jour, week-ends et jours fériés inclus. Tout dépassement des points limites sera suivi d’une action correctrice, au besoin pharmacologique, et en cas d’absence de bénéfice, nous procèderons à la mise à mort compassionnelle de l’animal. Le suivi des animaux sera conduit par un personnel autorisé et compétent pour reconnaître, quantifier et atténuer ou supprimer les signes de douleur ressentie par les animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est l’espèce-cible de ce projet de raffinement. En effet, cette espèce pour laquelle de nombreux outils génétiques ont été développés est celle utilisée pour des modifications génétiques induites par l’administration de tamoxifène. Les animaux utilisés auront entre 2 et 4 mois, soit un âge classique pour une modification génétique induite par le tamoxifène par des équipes de recherche.