Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

63 souris privées de système immunitaire fonctionnel vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles sont irradiées, puis reçoivent sans anesthésie une injection intraveineuse de cellules sanguines humaines, avant jusqu’à quatre anesthésies générales de quinze à trente minutes pour le suivi par imagerie. Le porteur attend une maladie du greffon contre l’hôte atteignant la peau, le tube digestif et le foie, une perte de poids progressive sur quatre à six semaines, une leucémie envahissant la rate, le foie et les ganglions, et des inflammations de la muqueuse buccale après l’irradiation. Il affirme qu’aucune simulation informatique ne reproduit ces interactions, que le modèle murin est « le seul modèle validé » et qu’une étude préclinique chez la souris est « indispensable » au dépôt du dossier auprès de l’agence du médicament.

NTS-FR-496842v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles immunitaires ·
Mots-clés
Greffe de cellules sanguines humaines, thérapie cellulaire
Souris : 63

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La greffe de cellules sanguines issues d’un donneur volontaire sain est considérée comme le seul traitement permettant d’obtenir la guérison de certains cancers du sang chez l’Homme. La greffe permet que le système immunitaire du donneur reconnaisse comme étrangères les cellules cancéreuses du receveur et les tue : c’est ce qu’on appelle l’effet anti- tumoral (ou anti-leucémique) du greffon. Toutefois, les cellules du système immunitaire du donneur sont incapables de faire la différence entre une cellule cancéreuse et une cellule saine du receveur. L’attaque des cellules saines du receveur par le système immunitaire du donneur s’appelle la maladie du greffon contre l’hôte. Une stratégie prometteuse qui permettrait de moduler la maladie du greffon contre l’hôte sans altérer l’effet l’effet anti- tumoral du greffon est la thérapie cellulaire, notamment avec les cellules myéloïdes régulatrices (MDSCs). Notre objectif est de développer un médicament de thérapie innovante pour moduler les conflits hôtes/greffon dans le contexte de la transplantation de cellules sanguines à partir d’un donneur volontaire sain. Nous avons développé une méthode pour obtenir rapidement des « MDSCs » obtenues à partir d’un échantillon de greffon de donneur sain, conduisant au dépot d’un brevet. Précedemment, nous avons identifié la dose injectée minimale pour obtenir une diminution de l’incidence et de la sévérité de la maladie du greffon contre l’hôte dans un modèle pré-clinique murin. L’objectif de ce projet est triple 1/Reproductibilité de l’efficacité des MDSCs injectées au moment de la transplantation, en injectant des MDSCs issues de 3 lots différents de production. 2/L’évaluation de la dispertion des cellules dans les organes cibles et l’infiltration/différenciation des cellules injectées dans ces organes. 3/ L’absence d’effet néfaste de la thérapie notamment de l’absence de favorisation de cellules leucémiques. Il s’agit d’un projet multisite dans deux EU différents.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les bénéfices attendus à moyen terme de ce projet sont de déposer un dossier technique complet (dossier non clinique) auprès de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) afin de proposer un jour notre thérapie cellulaire chez l’Homme. Le projet va permettre de 1/ de confirmer chez l’animal l’efficacité du produit de thérapie cellulaire. 2/Etudier la répartition tissulaire des cellules après l’injection. 3/ Vérifier l’absence d’aggravation de la leucémie (leucémie, principale indication actuelle en clinique pour la greffe de cellules sanguines humaines à partir d’un donneur sain). A plus long terme, si ce produit de thérapie cellulaire est efficace et peu toxique dans la greffe de cellules sanguines, il pourrait s’étendre à d’autres applications comme la transplantation d’organes solides pour moduler les conflits hôte/greffon.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

-Une irradiation faible dose, de chaque animal pour 63 souris réalisée une seule fois (durée d’environ 2 minutes sur une journée).: -Une injection intraveineuse sur animal conscient (non anesthésié) de cellules sanguines humaines, une seule fois en début d’expérience pour 63 souris (dure environ 5 secondes sur une journée). -Une anesthésie générale répétée (X4 maximum) pour 63 souris (anesthésie générale de 15 à 30 minutes maximum sur une journée). L’anesthésie générale est prévue soit 4 fois dans 1 semaine pour suivre par imagerie la dispertion et répartition tissulaire des cellules une fois par semaine (maximum 4 semaines) pour le suivi de la leucémie.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

-la douleur légère induite par la piqure d’aiguille à l’injection des cellules (J0) -stress modéré lors de la procédure d’irradiation à faible dose, -Potentielles mais rares lésions d’inflammation de la muqueuse de la bouche après irradiation (pendant 3-5 jours) -Stress lié aux injections et aux anesthésies générales -Potentiels signes de maladie du greffon contre l’hôte (atteinte de la peau, du tube digestif et/ou du foie), avec une sévérité habituellement modérée. Les souris vont alors très progressivement (sur 4 à 6 semaines) perdre du poids et montrer des signes de fatigue et d’altération de l’état général. -Développement leucémique lent infiltrant la rate, le foie et les ganglions. Cette infiltration leucémique des organes est contrôlé par l’imagerie hebdomadaire basée sur la bioluminescence (technique permettant de visualiser l’activité des cellules in vivo grâce à de la lumière produite par réaction chimique après injection d’une substance inoffensive) qui permet d’arrêter l’expérimentation à un volume tumoral cible sans laisser se développer les symptômes terminaux de la leucémie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Toutes les souris seront mises à mort pour confirmer les données cliniques et de bioluminescence (technique permettant de visualiser l’activité des cellules in vivo grâce à de la lumière produite par réaction chimique après injection d’une substance inoffensive) par des données microscopiques. Tâche1: prélèvement des organes cibles de la maladie du greffon contre l’hôte (peau, tube digestif, foie) pour analyse au microscope de la sévérité de la maladie développée. Tâche 2: prélèvement des organes cibles dans lesquels patrouillent les MDSCs pour observer par microscopie la localisation exacte et le devenir des MDSCs. Tâche 3: prélèvement des organes envahis par la leucémie pour explorer d’éventuels contacts cellulaires entre les cellules leucémiques et les MDSCs.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous avons optimisé in vitro nos connaisances sur le mécanisme d’action des MDSCs. Toutefois, pour proposer les MDSCs comme médicament de thérapie innovante chez l’Homme, une étude pré-clinique robuste dans un modèle murin est indispensable. En effet, dans les cancers liquides, aucune simulation informatique (« modèle in silico » )ne permet aujourd’hui de reproduire en laboratoire la complexité des interactions entre le système immunitaire et les cellules en thérapie. A ce jour, le seul modèle validé est le modèle murin.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nos études antérieures ont révélé un effet important de nos traitements, aboutissant à des différences significatives entre des groupes même avec un faible nombre d’animaux (n=3). Ainsi pour chaque tâche expérimentale, des groupes de taille minimale de trois animaux seront constitués.Des analyses statistiques seront réalisées pour interpréter les résultats. Afin de prendre en compte une viariabilité liée au donneur (variation d’efficacité d’un produit cellulaire en fonction du donneur humain d’origine), chaque tâche sera repétée trois fois avec des cellules issues de trois donneurs différents.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris seront hébergées dans un secteur spécifique pour les animaux avec une déficience profonde de leur système immunitaire, en animalerie exempte d’organisme pathogène spécifique. Leur état clinique sera surveillé quotidiennement et un score d’évaluation sera utilisé. Les expérimentations d’imagerie seront atourées d’une anesthésie. Les points limites sont clairement identifiés : des signes généraux sur l’évaluation clinique de l’état général de la souris et le développement de signes cliniques de conflits hôte/greffon) et des signes spécifiques de chaque expérimentation ( suivi de la croissance tumorale), conduisant à un arbre décisionnel pour l’arrêt anticipé de la souffrance.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La modèle animal murin utilisé est un modèle mondialement reconnu pour étudier la greffe de cellules sanguines humaines. Ces souris n’ont pas de système immunitaire fonctionnel capable de rejeter des cellules sanguines de l’Homme (ce qui permet une étude à long terme des cellules sanguines humaines injectées). En revanche elles ont des cellules présentatrices d’antigènes qui peuvent activer les cellules sanguines humaines acceptées. Ainsi, ce modèle reproduit la maladie du greffon contre l’hôte couramment observé chez les patients greffés. On observe une réactivité des cellules sanguines humaines contre les organes cibles de la souris ( la peau, le tube digestif et le foie), ce qui mime ce qui est observé chez l’Homme. D’autre part, la greffe de cellules sanguines d’un donneur sain vers un patient est en général indiquée pour véhiculer un effet du greffon contre la leucémie. Or l’adjonction de lignées leucémiques humaines dans ce modèle de souris reproduit le contexte leucémique d’un patient. Notre projet vise à étudier l’administration d’un nouveau médicament (produit à partir de cellules du greffon du donneur) dans ce contexte de greffe de cellules sanguines. Nous devons étudier l’impact de ce nouveau médicament sur l’incidence et la sévérité de la maladie du greffon contre l’hôte et l’absence d’effet qui pourrait favoriser la leucémie. Les souris sont expérimentées entre 8 et 12 semaines de vie, pour limiter la variabilité de poids, et parce que dans la littérature la prise de greffe de cellules humaines est meilleure dans cette période de vie