
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/01/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-499500)
Nourries six semaines d’un régime gras, 180 souris génétiquement modifiées vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger. Quarante d’entre elles reçoivent en plus une injection intrapéritonéale cinq jours de suite, les 140 autres non. Le porteur décrit une augmentation de poids qui « ne dépasse cependant pas 40 % du poids classique » et affirme que les plaques d’athérome formées dans l’aorte et les carotides ne conduisent jamais à un accident cardiovasculaire. Toutes sont tuées, les cœurs et les aortes ne pouvant être prélevés qu’après la mise à mort.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet permettra d’étudier le potentiel d’une molécule d’adhésion comme cible thérapeutique dans l’athérosclérose et ses complications, en étudiant la possibilité de cibler cette molécule d’adhésion dans la formation des plaques d’athérome. Les plaques d’athérome sont les plaques de mauvais cholestérol présentes dans les artères de la majorité des individus adultes. Chez les patients à risque vasculaire., ces plaques peuvent progresser et engendrer des AVC ou infarctus du myocarde. Nous avons précédemment publié le rôle athéro-protecteur de cette molécule qui serait capable de diminuer l’inflammation vasculaire ainsi que la taille et la composition des plaques chez la souris développant des plaques d’athérosclérose. Il nous reste à préciser les mécanismes d’action de cette molécule en utilisant notamment des modèles animaux délétés spécifiquement pour cette molécule, afin de proposer de nouvelles thérapies dans les maladies cardiovasculaires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A terme, ce projet permettra de proposer une nouvelle stratégie thérapeutique dans la lutte contre l’athérosclérose. L’athérosclérose est une maladie chronique inflammatoire des gros vaisseaux. La maladie athéromateuse se traduit cliniquement par la survenue d’accidents ischémiques aigus tels que AVC ou infarctus du myocarde qui font suite à la rupture ou à l’érosion de la plaque d’athérosclérose et qui font de cette pathologie l’une des premières causes de mortalité dans le monde. La prévention de l’athérosclérose constitue donc un des enjeux essentiels de la cardiologie contemporaine et la compréhension des mécanismes fondamentaux de cette maladie est un pré-requis indispensable à l’élaboration de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une injection sera réalisée pendant 5 jours consécutifs par voie intrapéritonéale sur un groupe de 40 animaux vigiles (concerne 1 groupe d’animaux de la procédure 1). Les 140 autres animaux n’ont pas à subir cette injection. Tous les animaus seront soumis à un régime gras pendant 6 semaines.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Un groupe d’animaux subit une injection intra-péritonéale de 100uL pendant 5 jours consécutifs, et tous les animaux subissent une anesthésie pour prélèvement sanguin avant mise à mort. Cela pourra entrainer par exemple : un stress physique léger, un stress thermique ou une douleur légère chez l’animal. La mutation de la molécule d’adhésion n’entraîne aucun effet observable à l’état ‘animal sain’. L’autre mutation entraîne l’apparition de plaques d’athérosclérose dans l’aorte et les carotides, mais qui ne conduisent jamais à des accidents cardiovasculaires. En revanche, le régime gras induit une augmentation de poids qui ne dépasse cependant pas 40 % du poids classique. Aussi, si les animaux présentant des symptômes type infection visible cliniquement donc essentiellement cutanée (dermatite), ils seront écartés des protocoles. Nous serons attentif à toute souffrance animale lors de l’élevage. En effet, si l’animal présente des difficultés à respirer (visualisées par une augmentation des rythmes cardiaque et respiratoire répercutée au niveau des flancs de l’animal), si l’animal est prostré ou en retrait, l’analgésie peut être envisagée par administration d’antalgique , 1 injection par jour et si les signes de douleur persistent, l’avis du vétérinaire référent sera demandé.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort. En effet, les procédures nécessitent une analyse histologique des plaques d’athérosclérose dans les coeurs et aortes des animaux. Ces organes ne peuvent être prélevés qu’après la mise à mort des animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Il n’est pas possible de reproduire la complexité de la plaque d’athérosclérose in vitro, celle-ci comprend des cellules spumeuses regroupées en core lipidique entouré par une chape fibreuse de cellules musculaires lisses puis recouvert de cellules endothéliales. Les cultures 3D type sphéropides n’existent pas pour les plaques d’athérosclérose. Il n’existe malheureusement pas d’alternatives non animales. Seul le modèle animal se rapproche de la physiopathologie. De plus, la majorité des modèles animaux de pathologie telles que l’athérosclérose sont très bien décrits et explorés avec le modèle murin.
2. Réduction
Le calcul du nombre d’animaux a été obtenu en reprenant les paramètres de calcul statistique du nombre d’animaux et en fonction de nos études antérieures. Le calcul d’effectif est déterminé a priori afin de garantir la puissance statistique de l’essai. Nous estimons qu’une différence de 20% est cliniquement intéressante.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés au moins par 2 dans des cages contenant de l’enrichissement, type carrés de coton et dômes, et auront de la nourriture et de l’eau ad libitum. Aussi, si les animaux présentant des symptômes type infection visible cliniquement donc essentiellement cutanée (dermatite), ils seront écartés des protocoles. Nous serons attentif à toute souffrance animale lors de l’élevage. En effet, si l’animal présente des difficultés à respirer (visualisées par une augmentation des rythmes cardiaque et respiratoire répercutée au niveau des flancs de l’animal), si l’animal est prostré ou en retrait, l’analgésie pourra être envisagée et si les signes de douleur persistent, l’avis du vétérinaire référent sera demandé.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Ce projet nécessite l’utilisation d’un modèle animal de pathologie athéroscléreuse très bien décrit pour étudier l’athérosclérose. Le développement des plaques reproduit celui observé chez l’homme. En effet, la souris non modifiée génétiquement ne développera jamais de plaque d’athérosclérose et ce, même si elle est nourrie avec un régime gras. De plus, la souris est le modèle le plus utilisé pour générer un KO et en conséquence, pour étudier le rôle précis de la molécule délétée. Les animaux seront utilisés au stade adulte. En effet, l’athérosclérose touche le sujet humain adulte. Il faut donc utiliser le modèle murin adulte pour ces protocoles : les souris seront mises à mort à 18 semaines (modèle de plaque d’athérosclérose précoce) ou à 24 semaines (modèles de plaque d’athérosclérose compliquée).