
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/03/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-507091)
Les souris seront mises à mort dès l’apparition de lésions oculaires ou cutanées sévères, ou d’une perte de poids supérieure à 20 % de leur poids initial. 700 souris immunodéficientes greffées de cellules immunitaires humaines vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 640 d’entre elles. Elles sont rasées sous anesthésie, reçoivent trois injections sous-cutanées, une à deux injections intraveineuses au niveau de l’œil, des injections abdominales cinq jours par semaine pendant deux semaines, un gavage sur le même rythme, un traitement cutané et trois à cinq prélèvements sanguins. Le projet déclenche chez elles une nécrolyse épidermique toxique, réaction allergique médicamenteuse qui détruit la peau, et les retombées annoncées se limitent à une meilleure compréhension de la maladie et à de futures pistes thérapeutiques, quand les atteintes attendues sont des rougeurs et larmoiements puis des plaies et décollements cutanés.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La nécrolyse épidermique toxique (NET) est une réaction allergique rare mais très grave à certains médicaments. Elle provoque la destruction d’une partie importante de la peau, pouvant mettre en danger la vie du patient, avec des symptômes semblables à ceux observés chez les grands brûlés. Cette réaction est due à une réponse excessive du système immunitaire, lorsque certaines cellules de défense s’attaquent aux cellules de la peau après la prise d’un médicament. À ce jour, il n’existe aucun traitement spécifique, et la prise en charge repose sur l’arrêt du médicament responsable et sur des soins intensifs destinés à prévenir les complications et à favoriser la cicatrisation. Un des premiers signes observés est une douleur cutanée intense, ressentie avant l’apparition des lésions visibles. Cela suggère que le système nerveux sensoriel, responsable de la perception de la douleur, pourrait jouer un rôle dans le développement de la maladie. Le projet utilise un modèle de souris humanisées, dans lequel des cellules immunitaires humaines sont greffées à des souris dépourvues de système immunitaire. Ce modèle présente l’intérêt d’intégrer le médicament déclencheur directement dans le processus immunitaire, permettant d’étudier plus fidèlement les mécanismes à l’origine de cette pathologie. Ces recherches visent à mieux comprendre les interactions entre le système immunitaire et les neurones sensoriels, afin d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Meilleure compréhension de la réponse immunitaire mise en place dans cette pathologie, du rôle du médicament et des neurones sensoriels. À long terme, ces travaux aideront à mieux comprendre la nécrolyse épidermique toxique et à favoriser la recherche de nouvelles pistes thérapeutiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront rasées, une seule fois par animal, sous anesthésie gazeuse (durée environ 30 secondes). Les injections sous-cutanées seront réalisées à raison de trois injections consécutives, d’une durée de 30 secondes chacune, également sous anesthésie au niveau du train arrière. Les injections intraveineuses au niveau de l’œil seront effectuées une ou deux fois par animal sous anesthésie, après application d’un collyre anesthésiant local, pour une durée d’environ 40 secondes. Les injections au niveau du ventre seront réalisées 5 fois par semaine pendant maximum 2 semaines et dureront environ 30 secondes chacune. Les animaux recevront un traitement administré par gavage oral cinq jours par semaine, hors week-end, pendant une durée maximale de deux semaines ; chaque gavage dure environ 30 secondes et ne nécessite pas d’anesthésie. Les animaux recevront un traitement cutané cinq jours par semaine, sur une durée maximale de deux semaines sous anesthésie générale. Trois à cinq prélèvements sanguins seront réalisés sous anesthésie gazeuse d’une durée d’environ une minute chacun, chacun espacé d’au moins 1 semaine exceptée celui de la mise à mort. Les souris seront pesées et observées chaque jour (durée environ 30 secondes par animal et par jour). En fin de protocole, ou dès l’apparition de signes cliniques définis, les animaux seront mis à mort par dislocation cervicale (durée inférieure à 30 secondes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris sont anesthésiées pour les gestes nécessitant une immobilisation. Des injections seront réalisées selon le protocole ; elles peuvent provoquer un stress bref ou une gêne passagère. La déplétion des neurones sensoriels, réalisée à l’aide d’un produit spécifique, peut entraîner dans l’heure suivant l’injection une baisse temporaire de la température corporelle et de légères démangeaisons ; les animaux sont alors placés sur un tapis ou dans une armoire chauffante jusqu’à récupération complète. À plus long terme, ce traitement peut réduire la sensibilité à la chaleur et provoquer de petites zones de dépigmentation du pelage (taches blanches), sans modification du comportement ni impact sur le bien-être. Les animaux reçoivent également un traitement par voie orale à l’aide d’une sonde souple adaptée à leur taille. Après chaque administration, ils sont surveillés attentivement pour détecter tout signe de gêne respiratoire, de régurgitation ou de distension abdominale ; si cela se produit, l’animal est retiré de l’étude et mis à mort. Un contrôle sanguin est effectué au cours du suivi pour vérifier le bon équilibre des cellules greffées. Si le taux mesuré est trop élevé, l’animal sera également mis à mort. Les premiers signes cliniques attendus concernent essentiellement les yeux (rougeur, larmoiement), observés généralement une quinzaine de jours après l’initiation de la procédure, et potentiellement des signes cutanés (plaies, décollement). Les souris sont observées cinq jours sur sept et seront mises à mort dès l’apparition de signes oculaires ou cutanés sévères, ou d’une perte de poids supérieure à 20 % de leur poids initial.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort afin de réaliser des analyses sur les tissus, notamment au niveau des yeux, de la peau et des organes lymphoïdes. Ces analyses permettront de caractériser la réponse immunitaire induite dans le modèle humanisé et d’évaluer l’implication des neurones sensoriels dans le développement et la modulation de la nécrolyse épidermique toxique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet vise à mieux comprendre comment le système immunitaire réagit dans la nécrolyse épidermique toxique (NET), une réaction allergique grave à certains médicaments, et à explorer le rôle des nerfs sensoriels dans ce processus. Le modèle utilisé reproduit de façon très proche ce qui se passe chez l’être humain, car la réaction immunitaire y est déclenchée par un médicament, comme dans la maladie réelle. Le principal signe observé dans ce modèle est une atteinte des yeux. Ce type de réaction complexe ne peut pas être reproduit dans des cellules cultivées en laboratoire ; l’expérimentation sur l’animal reste donc indispensable pour comprendre comment le système nerveux et le système immunitaire interagissent dans cette pathologie.
2. Réduction
Le nombre de souris a été déterminé de façon à obtenir des résultats fiables tout en limitant au maximum l’utilisation d’animaux. Environ 30 % des souris ne développant pas la réponse immunitaire attendue, chaque groupe comprendra environ 20 animaux. Ce nombre est suffisant pour assurer la robustesse des analyses statistiques et permettre une interprétation adéquate des résultats. Les procédures seront réalisées en deux temps, en cas de réussite à la première les suivantes ne seront pas engagées.
3. Raffinement
Tout est mis en œuvre pour réduire le stress et l’inconfort des animaux. Les souris sont hébergées par groupes de cinq pour conserver leurs repères sociaux. Leur état général, leur comportement et leurs yeux sont observés quotidiennement. Le poids est suivi chaque jour ; si une perte modérée est constatée, une alimentation gélifiée est ajoutée pour encourager l’appétit. Les manipulations comme le rasage ou les injections sont réalisées sous anesthésie gazeuse pour éviter la douleur. Une goutte d’anesthésiant local est également appliquée avant les injections près de l’œil. Enfin, des matériaux de nidification (cotons et abris en carton) sont ajoutés pour améliorer leur confort et leur thermorégulation après les interventions. En cas d’atteinte de points limites (mauvais équilibre des cellules greffées, gêne respiratoire, atteintes occulaire ou cutanées sévères, perte de poids importante), l’animal sera mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un modèle très utilisé pour étudier les maladies liées au système immunitaire, comme les allergies ou les inflammations de la peau. Elle partage avec l’être humain plusieurs mécanismes de défense similaires, ce qui permet d’obtenir des résultats pertinents. Dans ce projet, on utilise des lignées particulières de souris qui possèdent un système immunitaire affaibli. Cela permet de greffer des cellules humaines sans risque de rejet. Les souris sont utilisées à l’âge adulte, à partir de 5 semaines, afin que le système immunitaire soit mature.