
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/05/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-512244)
Greffées de tumeurs humaines puis irradiées cinq fois par semaine pendant quatre semaines, 2 430 souris immunodéficientes vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue. Elles reçoivent des traitements par gavage, par voie intraveineuse dans la queue ou en arrière de l’œil, gestes que le porteur associe à des risques de nécrose de la queue, d’œdème et d’atteinte de l’œil. Le projet teste des thérapies ciblées et des chimiothérapies sur des sarcomes des tissus mous, en lien avec des industriels du médicament. Les tumeurs sont prélevées après la mise à mort ou dès qu’un point limite est atteint.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les sarcomes des tissus mous sont des tumeurs rares très complexes et hétérogènes (plus de 70 sous-types différents). Après la chirurgie, peu de traitement sont disponibles hormis des chimiothérapies classiques souvent peu efficaces. Il existe donc dans cette pathologie un réel besoin de nouvelles thérapies plus ciblées permettant une meilleure efficacité et moins d’effets secondaires pour les patients. Notre équipe a mis en place une plateforme préclinique qui nous permet d’étudier les effets biologiques et pharmacologiques de nouveaux médicaments OU DISPOSITIFS MEDICAUX en développement. L’efficacité de ces nouveaux composés est dans un 1er temps testée in vitro sur des cellules en culture. Dans la mesure où les résultats sont concluants, nous souhaitons les tester sur des souris immunodéficientes implantées avec des lignées cellulaires issues de patients ou directement des morceaux de tumeurs de patients quand cela est possible.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces expérimentations s’inscrivent dans un projet de recherche translationnelle qui vise à élargir l’éventail thérapeutique dans le traitement des sarcomes des tissus mous. De part nos collaborations avec les industries pharmaceutiques développant ces nouvelles thérapies, notre localisation dans un centre expert de référence et notre forte interaction avec les oncologues médicaux impliqués dans la mise en place des essais de phases précoces, nous pouvons espérer l’ouverture rapide d’essais cliniques pour les molécules ayant montré leur efficacité dans nos modèles in vivo. Il y a donc un réel benéfice à court/moyen terme pour les patients qui pourraient prétendre à ces nouvelles thérapies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Greffe de tumeurs humaines ou injection des cellules humaines (1 fois par souris, 2 min par souris). Irradiations des tumeurs (radiothérapie) (durée 4 semaines à raison de 5 irradiations par semaine). MODIFICATION: PRELEVEMENT DE LIQUIDE INTRATUMORAL PAR ASPIRATION AVEC UN DISPOSITIF MEDICAL (5 SEQUENCES SUR 15 MIN). ADMINISTRATION DE TRAITEMENT PAR GAVAGE (ANIMAUX VIGILES, 30 SEC PAR SOURIS, MAX 2 FOIS PAR JOUR); ADMINISTRATION DE TRAITEMENT PAR VOIE INTRA-PERITONEALE (ANIMAUX VIGILES, 15 SEC PAR SOURIS, MAX 3 FOIS PAR SEMAINE); ADMINISTRATION DE TRAITEMENT EN INTRATUMORAL (ANIMAUX ANESTHESIES, 30 SEC PAR SOURIS, 1 FOIS PAR JOUR); ADMINISTRATION DE TRAITEMENT PAR INTRAVENEUSE, VOIE CAUDALE (ANIMAUX VIGILES, 3 MIN PAR SOURIS, 1 FOIS PAR SEMAINE); ADMINISTRATION DE TRAITEMENT PAR INTRAVENEUSE, VOIE RETRO-ORBITAIRE (ANIMAUX ANESTHESIES, 3 MIN PAR SOURIS, 1 FOIS PAR SEMAINE); IRRADIATION DES TUMEURS (ANIMAUX ANESTHESIES, 10 MIN, 1 FOIS PAR JOUR)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les procédures d’implantation de fragments de tumeur en sous-cutané peuvent provoquer un inconfort léger avec notamment une risque de nécrose et/ou ulcération et donc d’anémie. Le developpement des tumeurs peut entrainer des changements métaboliques associés notamment à une perte de poids. En ce qui concerne l’administration des traitements, les gestes sont réalisés par du personnels expérimentés maitrisant ces injections. Ces gestes sont donc réalisés rapidement et n’entrainent que peu de stress chez l’animal. Cependant, pour les injections intraveineuses DANS LA VEINE CAUDALE, des oedèmes éventuels et nécroses à la queue sont possible; LORSQU’ELLES SONT FAITES EN RETRO-ORBITAIRES SOUS ANESTHESIE, LE RISQUE EST QUE L’OEIL PEUT ETRE ABIMé ET PRESENTé UN GONFLEMENT ; pour les gavages: cas de fausse route possible ; pour les injections intrapéritonéales: peu de stress. En cas d’irradiation des tumeurs, l’apparition d’erythème et de désquamation de la peau est possible.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort à la fin des traitements ou lorsqu’un point limite est atteint. Les souris sont mises à mort puis leurs tumeurs sont prélevées pour analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans le cadre d’études précliniques visant à démontrer l’efficacité d’un nouveau médicament en monothérapie ou en combinaison avec une chimiothérapie, la réalisation de tests chez la souris greffées avec des tumeurs de patient semble être indispensable. Ces modèles de greffes sont ceux qui pour l’instant préservent le plus les caractéristiques de la tumeur du patient, c’est une vrai « copie » génétique de la tumeur d’origine. En effet, les modèles de culture en 3D dans des boites en plastique ou autre système de remplacement ne sont pas suffisamment complexes/intégrés pour répondre à la problématique mais une veille scientifique est réalisée pour se tenir informé des nouveaux modèles dans le domaine des sarcomes.
2. Réduction
Nous combinerons nos lots témoins dans le but de restreindre le nombre d’animaux. La croissance tumorale des cellules greffées sera suivie de manière longitudinale tout au long des expériences ce qui permettra de réduire le nombre d’animaux utilisés, le but étant d’obtenir des données significatives d’efficacité du médicament.
3. Raffinement
Toutes les expérimentations sont réalisées par du personnel qualifié. Le bien-être de nos animaux sera pris en compte de leur naissance à leur mort, les animaux seront hébergés en groupe et l’enrichissement de leur milieu de vie sera systématique. Les animaux recevront une surveillance quotidienne et des soins adaptés (administration d’analgésiques et anesthésiques en pré et/ou postopératoire, utilisation de tapis chauffant et de gel ophtalmique, mesure hebdomadaire du poids des souris et du volume tumoral, définition de points limites suffisamment précoces et mise en place de critères d’arrêt).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le but du projet étant de valider l’efficacité de nouvelles thérapies ciblées afin d’utiliser ces médicaments en clinique chez l’homme, il faut nécessairement un modèle de mammifères pour extrapoler les résultats. Nous avons donc choisi de réaliser nos expériences sur des souris immunodéficientes qui sont des modèles très immunodéprimés particulièrement adaptés à l’implantation de cellules tumorales d’origine humaine. Animaux âgés de 8-12 semaines (jeunes adultes) pour qu’ils puissent supporter la greffe et le développement de la tumeur.