
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-514631)
160 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent par voie intraveineuse un vecteur de thérapie génique, une prise de sang et un jeûne de seize heures, avant le prélèvement de leur foie auquel elles ne peuvent pas survivre. Le projet vise à faire exprimer une protéine modifiée pour la rendre reconnaissable par un anticorps du commerce et faciliter son étude. Le porteur situe les bénéfices dans la biologie fondamentale et affirme que le foie ne peut être reproduit fidèlement en culture cellulaire.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’utilisation d’anticorps pour purifier une protéine d’un fluide biologique est une stratégie bien connue et qui a fait ses preuves. Cependant, pour certaines protéines, il s’avère impossible d’obtenir un anticorps spécifique. Il est donc ici envisagé d’utiliser des souris transgéniques n’exprimant pas une protéine d’intérêt, et de réintroduire par thérapie génique la même protéine très légèrement modifiée afin qu’elle soit reconnue par un anticorps du commerce. Les souris obtenues exprimeront alors une protéine modifiée, ce qui rendra son étude possible. L’étude de protéines purifiées permet des avancées significatives dans le domaine de la biologie fondamentale, mais aussi des médecines humaine et vétérinaire. Il sera par exemple possible d’isoler la protéine d’intérêt afin de caractériser les autres molécules avec lesquelles elle entre en interaction.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
La purification spécifique d’une protéine permettra son étude approfondie (liaison à l’ADN, interaction protéine-protéine, identification de ligands). Les résultats obtenus lors de ces expériences apporteront une contribution aux domaines de la médecine, de la pharmacologie et de la nutrition.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevont une injection intraveineuse sous anesthésie locale (2 minutes de contention dans un dispositif prévu à cet effet), et il sera pratiqué une prise de sang (30 secondes de contention manuelle), ainsi qu’une mise à jeun de 16h, dont seulement 4h pendant la période nocturne.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’injection au niveau de la veine de la queue du virus pour la thérapie génique demande une contention de l’animal stressante, et l’injection engendre éventuellement une inflammation temporaire. La mise à jeun peut entrainer une légère hypoglycémie, mais qui ne devrait pas chuter en-dessous d’un seuil mettant en péril la santé de l’animal.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Comme les animaux ne peuvent pas survivre au prélèvement de leur foie, tous les animaux sont euthanasiés à la fin de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de l’animal entier est envisagée car le foie est un environnement complexe, qui ne peut pas être mimé avec fidélité en culture cellulaire. Cet organe est constitué d’une grande diversité de cellules et est affecté par des signaux hormonaux et nutritionnels provenant de tout l’organisme. Cependant, la phase animale n’est engagée que si des tests préliminaires sur des cellules en culture des différents transgènes utilisés sont concluants (gène rapporteur, reconnaissance par un anticorps du commerce). Ces tests ont déjà été fait sur des lignées cellulaires du commerce puis sur des cellules isolées d’un animal, et sont concluants.
2. Réduction
L’utilisation de lignées de grande proximité génétique permet de limiter le nombre d’animaux nécessaires. De plus, en fonction de l’amplitude de réponse à la transgénèse, les tests de puissance statistique pourront être refaits avec de nouvelles données, et le nombre d’individus par lot révisé au cours du projet
3. Raffinement
Le milieu d’élevage des souris est enrichi d’un abri en inox permettant aux souris de s’isoler de leurs congénères si besoin. Pour limiter le stress, les animaux sont manipulés régulièrement et habitués à la contention. Nous procèderons également à une surveillance accrue des souris (toutes les 2 heures le premier jour puis 2 fois par jour pendant 1 semaine) après l’injection à la veine de la queue et après le prélèvement sanguin à la joue. Concernant la gestion de la douleur nous appliquerons un analgésique local sur la queue avant l’injection. Une méthode d’évaluation du stress et de la douleur est prévue. Pour être la moins pénible, la période de jeûne est planifiée ainsi : 12h pendant toute la période de jour durant laquelle les souris dorment et ne mangent que 10% de leur bol alimentaire quotidien, et 4h en période de nuit. Ce jeûne permet d’arriver au pic d’activité de la protéine d’intérêt, tout en évitant une période de privation de nourriture trop longue.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les modèles d’invalidation de gène que nous utilisons ne sont disponible que chez la souris. Les animaux qui sont utilisés sont de jeunes adultes, dont le foie est arrivé à maturité. Comme l’étude porte sur le métabolisme et que la race de souris utilisée développe des troubles métaboliques spontanément avec l’âge, les animaux trop vieux sont à éviter.