Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’atrophie multisystématisée (AMS) est une maladie rare et grave du cerveau. Elle apparaît généralement chez des personnes âgées de 50 à 60 ans et entraîne rapidement une détérioration de la santé, avec un décès souvent en moins de 10 ans. Malheureusement, on ne connaît pas encore son origine et il n’existe pas de traitement curatif aujourd’hui. Dans l’AMS, une protéine appelée alpha-synucléine s’accumule anormalement dans le cerveau. Au début, ces dépôts se forment dans les neurones. Plus tard, ils s’accumulent surtout dans des cellules de soutien du cerveau, qui normalement n’ont pas d’alpha-synucléine. Ces dépôts sont spécifiques à l’AMS et sont liés à la destruction progressive des neurones. Une forme particulière d’alpha-synucléine, appelée fibrille 1B a été synthétisée. Cette forme reproduit très fidèlement les anomalies observées dans le cerveau des patients. Quand ces fibrilles 1B sont injectées à des souris, elles déclenchent les mêmes dépôts d’alpha-synucléine que dans l’AMS, et ce dans les neurones et les cellules de soutien. Dans notre étude, nous cherchons à comprendre d’une part comment les neurones prennent en charge cette protéine anormale. Pourquoi et comment elle change de forme pour devenir toxique. De plus, nous espérons comprendre comment elle se propage d’un neurone à l’autre et finit par atteindre les cellules de soutien. L’objectif final est de mieux comprendre l’AMS pour, à terme, ouvrir la voie à de futurs traitements.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats de nos études apporteront probablement un éclairage moléculaire sur les mécanismes pathologiques de la MSA, pouvant expliquer la propagation des fibrilles et la destruction des fonctions cellulaires. Ces résultats pourraient être transférables à d’autres pathologies semblables, telles que la maladie de Parkinson et la démence à corps de Lewy.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux subiront des injections cérébrales par chirurgie stéréotaxique. Une chirurgie sera réalisée par animal. L’intervention dure 30 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances et effets indésirables peuvent être causées par les chirurgies réalisées sur les animaux. Ces nuisances peuvent être l’hypothermie (pendant la chirurgie, l’animal est profondément endormi, ce qui réduit son métabolisme). On pourrait observer des douleurs locales du fait des injections de médicaments, et aussi un stress du fait des manipulations. Néanmoins, les produits injectés ont un impact très limité sur le comportement (moteur par exemple) et ont une symptomatologie très réduite, car les effets attendus sont moléculaires, concernent peu de neurones et sont liés à la mécanistique de la pathologie. De plus, les injections de médicaments sont réduites (l’anesthésie est faite au gaz isoflurane), la chirurgie est faite sur tapis chauffant, l’animal est mis au réveil dans une cage chauffée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Après les chirurgies, les animaux sont maintenus en vie afin de laisser progresser la maladie moléculairement. Ensuite, à différents stades, les animaux seront euthanasiés afin de récupérer les tissus (essentiellement le cerveau), dans le but de réaliser différentes analyses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Nous souhaitons étudier et caractériser des modèles mimant la pathologie chez l’humain nécessitant ainsi l’utilisation de modèles animaux. L’intérêt du projet est d’étudier et d’évaluer la circulation de fibrilles au sein du cerveau, afin de déterminer comment se propage la pathologie chez l’humain. Ainsi, bien que les modèles de culture cellulaire soient des outils très performants ils ne permettent pas de mimer l’organe, (ici le cerveau) dans sa totalité avec tous les échanges qui s’y opèrent. Ainsi, les animaux sont requis afin de mener à bien le projet.

2. Réduction

3R / Réduction :

La souris a été choisie car nos études antérieures ont montré une bonne stabilité et reproductivité, permettant ainsi de limiter le nombre d’animaux pour réaliser ces études. De plus, le statut sanitaire des animaux étant maîtrisé, la stabilité du modèle est éprouvée. Le nombre d’individu sera ajusté au minimum afin d’obtenir une réponse statistique robuste. Le maximum de tissu sera récupéré par animal afin de servir aux différents projets de l’équipe.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux seront hébergés en collectivité afin de réduire le stress et répondre au besoin de sociabilisation de l’espèce. Chaque procédure chirurgicale sera précédée de médication (anesthésique et analgésique). Un suivi post opératoire de plusieurs jours sera effectué afin d’évaluer le rétablissement post chirurgical et s’assurer de l’absence de douleur. Si présence de douleur, un antalgique sera administré. Si l’animal ne présente pas de signe d’améliorations dans les deux jours suivant la procédure chirurgicale, une mise à mort sera effectuée. De plus, des points limites ont été mises en place et seront vérifiés tout au long de la vie de l’animal. Dès lors que ces points limites sont atteints, l’animal est euthanasié.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous avons besoin des animaux afin d’obtenir du matériel biologique, base de nos études. Les stratégies utilisant des modèles synthétiques ne répondent pas à des exigences d’études de mécanismes cellulaires et pathologiques. Seule une approche in vivo permet la modélisation de la progression de la maladie et l’étude des interactions entre les acteurs moléculaires clés qui interviennent dans les mécanismes physiopathologiques. C’est pourquoi, les expériences débuteront sur des animaux adultes (âgés d’au moins 8 semaines), qui seront étudiés ensuite jusqu’au stade « animal âgé » (3 semaines, 6 semaines, 6 mois, 8 mois, 12 mois, 18 mois et 24 mois après les injections). Cela nous permettra de mimer la progression cellulaire de la pathologie qui s’exprime à l’âge adulte chez l’humain.