
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/02/2026
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-742085)
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans notre corps, certaines cellules jouent un rôle de sentinelles : ce sont les cellules dendritiques. Elles font partie du système immunitaire et sont chargées de repérer les intrus, comme les virus ou les cellules cancéreuses. Dès qu’elles détectent un danger, elles déclenchent une réponse de défense adaptée. Pour remplir cette mission, les cellules dendritiques doivent se déplacer rapidement dans l’organisme. Ce mouvement dépend d’un bon fonctionnement de leur « squelette » interne, composé de deux éléments : l’actine et les microtubules. Ces deux structures doivent parfaitement collaborer, mais les détails de cette coordination sont encore mal compris. Notre recherche s’intéresse à un élément clé de ce mécanisme : un moteur moléculaire. Lorsqu’il est absent dans certaines cellules immunitaires, ces dernières ont plus de mal à présenter les signes d’alerte et à déclencher une réponse efficace contre les tumeurs. Nous cherchons donc à mieux comprendre le rôle de ce moteur dans le déplacement des cellules dendritiques. Pour cela, nous comparons deux groupes de souris : l’un avec ce moteur, l’autre sans. Si nous confirmons que son absence freine le déplacement des cellules, nous testerons des traitements pour tenter de rétablir leur mobilité. L’objectif final est d’améliorer la capacité du système immunitaire à réagir face aux menaces, comme les cancers.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet vise à fournir de nouvelles connaissances fondamentales sur les mécanismes moléculaires nécessaires à une motilité efficace des cellules dendritiques. Il permettra d’identifier des voies de régulation susceptibles d’améliorer l’efficacité des stratégies thérapeutiques basées sur les cellules dendritiques, qui pourraient être combinées avec les effets bénéfiques des inhibiteurs des points de contrôle immunitaire, ouvrant la voie à de potentielles thérapies cellulaires.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un marquage de l’oreille est réalisé sur un animal anesthésié, d’une durée de 30 secondes. Une injection dans le coussinet plantaire est réalisée sur un animal anesthésié, d’une durée de 30 secondes. L’intégralité des animaux seront également génotypés de manière invasive, avec une biopsie de queue effectuée vers 6 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une légère douleur de courte durée peut être ressentie suite au prélèvement d’une biopsie de queue pour le génotypage. Des nuisances consécutives aux injections dans le coussinet plantaire peuvent être envisagées, entraînant une légère boiterie dans les quelques minutes suivant l’injection. Des nuisances liées au marquage de l’oreille peuvent également être envisagées, entraînant une irritation légère au niveau de l’oreille ainsi que des changements comportementaux mineurs.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort à la fin de la procédure est nécessaire pour réaliser le prélèvement des organes et leurs analyses.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des approches alternatives ont été explorées dans la première partie de ce projet. Grâce à divers outils de microfluidique appliqués in vitro sur des cellules dendritiques primaires murines et humaines, nous avons mis en évidence un défaut migratoire des cellules dendritiques déficientes en ce moteur moléculaire, ainsi qu’une altération de leur capacité d’internalisation des antigènes. Afin de mieux comprendre le rôle de ce moteur moléculaire dans la réponse anti-tumorale chez l’homme, nous prévoyons d’étudier le profil migratoire des cellules dendritiques chez la souris, ainsi que de tester l’efficacité des drogues validées in vitro dans un contexte physiologique reproduisant le microenvironnement tumoral complexe. Ces résultats sont cruciaux et pourraient ouvrir la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques chez l’homme, notamment dans le cadre de pathologies impliquant un défaut de surveillance des cellules immunitaires.
2. Réduction
Des lots de 25 souris sont nécessaires afin de pouvoir réaliser des analyses statistiques. Sur la base des travaux publiés et d’une analyse associée, le nombre de souris à utiliser a été déterminé.
3. Raffinement
Toutes les souris seront surveillées, tout d’abord au moment du réveil, puis 3h après le réveil par l’expérimentateur, afin de vérifier l’absence de signes de souffrance ou de gênes physiques. Les souris sont groupées par 5. Un enrichissement des cages, composé de maisonnettes en carton et de coton d’enrichissement, est prévu afin de diminuer le stress des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est particulièrement adaptée pour étudier la migration des cellules dendritiques, car elle partage avec l’humain les principaux sous-types de cellules dendritiques ainsi que les mécanismes de migration. Ces processus de migration sont fortement conservés entre les espèces, ce qui permet des extrapolations pertinentes chez l’homme. Enfin, ces expériences s’appuient sur des études publiées menées chez la souris, ce qui justifie l’utilisation de ce modèle afin d’appliquer ces protocoles dans notre propre étude. Comme décrit dans la littérature, les souris utilisées auront entre 6 et 8 semaines. A cet âge les souris sont matures et le système immunitaire complétement développé.