
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-03-18 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-554656)
1 188 souris vont être utilisées dans ce projet, toutes amputées d’un morceau d’oreille pour le génotypage, et 594 d’entre elles recevront chacune quarante-quatre injections dans l’abdomen. Les 594 autres reçoivent une injection sous la peau et une instillation dans la trachée. Le niveau de souffrance déclaré est sévère pour la moitié des animaux, léger pour l’autre, et toutes sont tuées pour prélever leurs poumons, organe vital dont le prélèvement impose la mise à mort selon le porteur. Les souris développent un cancer pulmonaire avec les difficultés respiratoires, la prostration et la perte de poids qui l’accompagnent, quand la culture de cellules respiratoires mise au point au laboratoire est écartée comme « encore très expérimentale ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les cancers pulmonaires sont le résultat de la transformation d’une cellule saine en cellule cancéreuse. Ces transformations sont liées à l’apparition de mutations génétiques. Cependant, les mutations, seules, ne sont pas suffisantes pour induire la formation de tumeur. Nous étudions le rôle de l’environnement des cellules dans leur transformation de cellules saines à cellules cancéreuses. Nous utilisons des souris pour étudier ces mécanismes, dans l’espoir de développer des traitements plus adaptés et efficaces pour combattre ces cancers.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Comprendre comment l’environnement tumoral impacte les tumeurs permettrait de mieux comprendre la complexicité tumorale. En élucidant les mécanismes qui régissent le comportement des cellules et leur transformation, nous pouvons ouvrir la voie à des interventions thérapeutiques plus ciblées et efficaces pour traiter ces cancers.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Ce projet est basé sur un total de 1188 souris qui subiront toutes une biopsie d’oreille (1x 30 secondes). 594 souris seront injectées 44x en injection intrapéritonéale . Durée de l’intervention : 1minute par souris par injection. 594 souris recevront une injection en sous-cutanée (durée de l’intervention 1 min), et une instillation intratrachéale 1x, durée de l’intervention 5 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux vont développer un cancer avec les nuisances associées qui sont une difficulté́ respiratoire (respiration lente, saccadée ou très rapide), une prostration et une perte de poids. Les injections peuvent entrainer des plaies au niveau des sites d’injection. La nuisance liée au prélèvement auriculaire se manifeste parfois par un léger saignement de l’oreille.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Cette étude vise à comprendre les mécanismes de tumorigenèse pulmonaire pour mieux appréhender les cancers pulmonaires humains . Afin de valider nos hypothèses, nous devons collecter le matériel biologique, c’est à dire le poumon. Le poumon étant un organe vital, nous devons mettre à mort les animaux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les cultures primaires de cellules bronchiolaires et alvéolaires murines et humaines en culture interface air-liquide (ALI) sont établies au laboratoire. La culture ALI est une méthode de culture cellulaire utilisée pour étudier les cellules épithéliales respiratoires. Cette technique reproduit de manière plus réaliste les conditions in vivo en maintenant une interface entre un environnement liquide et une exposition directe à l’air. Les cellules sont cultivées sur une membrane poreuse intégrée à un insert de culture. La membrane sépare un compartiment apical exposé à l’air et un compartiment basal immergé dans un milieu de culture liquide.Cependant, ces cultures sont encore très expérimentales et à ce jour, ne recapitulent pas l’hétérogénéité cellulaire de l’épithélium pulmonaire, c’est pourquoi, nous avons besoin de valider nos résultats in vivo en ayant recours à des animaux.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé dans ce projet a été choisi afin d’obtenir des résultats statistiquement significatifs avec le nombre de souris minimum selon la méthode statistique prédictive en tenant compte de l’hétérogénéité des modèles. En fonction des resultats obtenus, toutes les conditions ne seront pas realisées.
3. Raffinement
Les animaux sont observés 1x par jour et pesés 1x par semaine tout au long des expériences. Des points limites adaptes à la procédure et généraux, prédictifs seront appliqués. De plus, pour le prélèvement auriculaire pour génotypage, actuellement nos zootechniciens et moi-même, sommes formés au prélèvement buccal (en remplacement de la biopsie d’oreille). Tant que cette technique n’est pas maitrisée et les résultats validés, nous continuerons le prélèvement à l’oreille ; puis, quand nous la maitriserons, elle deviendra la méthode standard de prélèvement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin utilisé dans cette procédure est un modèle de référence pour l’étude du cancer pulmonaire et nous permettra de comparer nos résultats avec ceux de la communauté scientifique. Les animaux seront âgés d’au moins 8 semaines (adultes) pour ne pas interférer avec le développement pulmonaire embryonnaire qui continue jusqu’à trente jours après la naissance. Pour cette procédure, nous utiliserons des mâles et des femelles.