
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-04-08 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-559981)
Établir le dossier préclinique d’une molécule anticancéreuse avant de premiers essais chez l’humain passe ici par six modèles de cancer colorectal humain greffés sous la peau de souris privées de système immunitaire. 540 souris de cinq à six semaines vont être utilisées, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées au 56e jour ou plus tôt si un point limite est atteint. Chacune reçoit une injection de cellules tumorales sous anesthésie gazeuse, puis trois injections dans la veine de la queue ou dans l’abdomen, sur animal vigile. Le porteur indique que l’efficacité du produit a déjà été validée sur lignées cellulaires « par toutes les techniques pertinentes », et que le passage chez la souris devient « nécessaire » pour l’évaluer sur un « organisme entier ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer colorectal est l’un des cancers le plus fréquent dans le monde avec, en 2020, 1,93 millions de nouveaux cas et 916 000 de décès. En France, il constitue le troisième cancer le plus fréquent chez l’homme et le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme. La mise en place du programme de dépistage organisé en France permet la prise en charge des patients à un stade précoce et améliore ainsi le pronostic de ces patients. Malgré cela la majorité des patients sont diagnostiqués alors que la maladie est à un stade avancé, diminuant fortement l’espérance de vie des patients, et cela en dépit des avancées thérapeutiques. Récemment, de nouveaux traitements ont permis une avancée majeure dans la prise en charge des patients. Dans ce sens, une molécule a été mise en évidence pour son efficacité à stimuler le système immunitaire. Le présent projet vise à établir évaluer l’efficacité cette nouvelle molécule dans ces différents modèles de cancer colorectal humain chez la souris.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus de ce projet sont la démonstration de l’efficacité anti-tumorale d’une nouvelle molécule dans le traitement des cancers colorectaux. Ces résultats sont nécessaires afin de procéder à l’évaluation ultérieure de ce produit dans le cadre d’études cliniques précoces chez l’Homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour chaque souris : – 1 injection sous-cutanée de cellules tumorales sous vapeur d’isoflurane (3,5 %) (durée < 1 minute) - 3 injections intraveineuses (animal vigile) du composé testé ou intrapéritonéales du contrôle positif + contention (durée < 5 minutes)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– Douleur de courte durée lors de l’injection des cellules tumorales en sous cutanée (quelques secondes maximum) – Injection dans la veine caudale : douleur caudale si inflammation du point d’injection (très peu probable) – Douleur de courte durée lors de l’injection intrapéritonéale (quelques secondes maximum) – Stress lié à la contention et aux mesures des volumes tumoraux cutanés (quelques minutes maximum) – Perte de poids < 10% et transitoire (moins de 24h) suite à l’injection de notre produit sous forme liposomale - Gêne à la locomotion, nuisances possibles si le volume tumoral au site d’injection atteint le point limite
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour les deux procédures, tous les animaux seront mis à mort 56 jours après le début de la procédure si aucun point limite n’a été atteint avant ce délai.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant le passage chez l’animal, l’efficacité de notre produit a été validé sur les lignées cellulaires par toutes les techniques pertinentes pour l’étude de notre produit. Le passage chez la souris, est désormais nécessaire pour évaluer l’effet du produit sur un organisme entier.
2. Réduction
La procédure sera réalisée sur le nombre minimal d’animaux nécessaires pour permettre de conclure de façon statistiquement fiable. La partie mise au point sera réalisée de façon séquentielle afin d’arrêter cette mise au point dès que la prise tumorale sera suffisante.
3. Raffinement
Avant toute manipulation, les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation et d’habituation au(x) manipulateur(s) pendant 7 jours. Les souris seront observées trois fois par semaine en surveillant leur état général, leur comportement (activité, isolement…), des critères physiques (poils hérissés, dos voussé (signe de douleur chez la souris) …), ou le moindre signe de douleur. Lors des manipulations, les souris seront anesthésiées sous vapeur d’Isoflurane. Des points limites détectés via une grille de score permettront, en fonction des observations, la mise en place des mesures nécessaires afin que le bien-être de l’animal soit respecté. Si souffrance animale, de la buprénorphine sera injectée aux souris. Chaque cage présentera des enrichissements (cotons de nidation, tunnel).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont particulièrement adaptées pour l’étude des cancers. La souris immunodéprimée (déprouvue de système immunitaire) est un modèle reconnu pour l’implantation de xénogreffes. Les animaux seront utilisés à l’âge de 5 à 6 semaines afin de favoriser la prise tumorale.