
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-20 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-573307)
800 souris porteuses par modification génétique d’une inflammation des articulations vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées pour une collecte terminale de sang. L’arthrite s’exprime de la sixième à la dix-septième semaine de vie, avec un pic vers huit à dix semaines, et chaque souris subit trois prélèvements de sang dans la joue en étant éveillée, contenue trois minutes. Le sérum obtenu part vers un autre laboratoire, pour déclencher la même maladie chez d’autres souris. Le porteur présente la répétition des prélèvements sur les mêmes individus comme une contribution à la réduction du nombre d’animaux non-humains utilisés.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’objectif de ce projet est de prélever du sang sur une souche transgénique de souris qui présente une inflammation marquée des articulations et d’en extraire des molécules de l’inflammation pour pouvoir le fournir au scientifique. Le scientifique a pour objectif d’utiliser ces molécules pour déclencher la même maladie chez d’autres souris mais dont l’évolution et la réponse aux traitements se rapprochent plus de ce qui se passe chez l’homme, afin de mieux comprendre la maladie et de trouver de nouveaux traitements.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce modèle est un des modèles les plus pertinents et stables pour l’induction d’une inflammation marquée des articulations chez la souris afin de pouvoir l’étudier par la suite. Comprendre cette maladie articulaire, comment elle apparaît, quels sont les mécanismes associés permet de mieux apprendre à la soigner et d’identifier notamment de nouveaux traitements, véritable enjeu de santé publique (5 % des maladies humaines sont d’origine articulaire).
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Chaque souris exprimera l’arthrite de ses 6 semaines à ses 17 semaines d’âge, avec un pic d’expression des symptômes à 8/10 semaines. Chaque souris sera pesée (entre 3 et 6 fois) et subira 3 prélèvements sanguins submandibulaires en étant vigile (durée, 3 minutes), les prélèvements étant espacés d’au moins 2 semaines. Enfin les souris seront euthanasiées au CO2, puis un prélèvement cardiaque sera réalisé en post-mortem.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Douleur et stress associés à l’expression du phénotype d’arthrite, stress lié à la pesée. Douleur et stress lié au prélèvement sanguin répété et à la contention.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront mis à mort pour collecte terminale de sang.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Il n’existe pas à ce jour de méthode in vitro permettant de produire un sérum contenant les molécules inflammatoires d’intérêt pour étudier le modèle en question.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Afin de pouvoir obtenir le modèle d’arthrite induit, un volume assez conséquent de sang est nécessaire. Par des prélèvements de sang répétés, cela permet la réduction du nombre d’animaux prélevés pour le volume attendu. De plus, la répétition des prélèvements permet une concentration optimale des molécules et par conséquent l’utilisation d’un volume minimal pour induire la pathologie, contribuant à l’utilisation d’un nombre minimal d’animaux pour obtenir ce sérum.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les cages sont enrichies avec du matériel de nidification. Pour améliorer le confort de ces souris, le niveau de litière est augmenté pour faciliter l’accès à la nourriture, et de l’aliment mouillé est déposé dans la cage. Les souris sont manipulées avec des méthodes limitant le stress (creux de la main, manipulation par le corps). Lors des contentions, un matelas à poils épais est utilisé pour que cette surface molle réduise l’impact de la contention sur les articulations. La voie submandibulaire, nécessitant une contention par la peau du dos, est celle qui exerce le moins de pression sur les articulations en permettant d’obtenir le volume souhaité. Chaque prélèvement est suivi d’une réhydratation sous-cutanée de NaCL 0,9% d’un volume équivalent au volume prélevé.De plus, seuls les techniciens ayant un niveau de maitrise élevé du prélèvement submandibulaire sont autorisés à réaliser ces prélèvements. Lors du transfert vers le laboratoire d’analyse pour le prélèvement terminal, l’enrichissement et le nid sont transférés dans la boite de transport, et le temps de transfert de ces animaux fragiles est planifié et organisé à l’avance pour réduire le temps et les nuisances associées au transport.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’utilisation de la souris est particulièrement adaptée lors de la création de modèles transgéniques par sa reproduction rapide, et l’étendue et la maitrise des méthodes de manipulation génétiques validées chez cette espèce. Dans le cas de ce modèle d’arthrite, le fait qu’il s’exprime chez un animal léger de petite taille permet de réduire la pression et la douleur sur les articulations. Les animaux seront utilisés à l’âge adulte de 6 semaines à 17 semaines, car c’est pendant cette période que s’exprime l’arthrite permettant de voir l’inflammation dans le sang, les molécules de l’inflammation étant ce que le scientifique souhaite prélever pour son étude.