
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 13/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-579309)
80 rats vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La moitié est irradiée neuf minutes aux rayons X puis reçoit en intraveineuse la moelle osseuse prélevée sur les autres, et la moitié subit un prélèvement de sang derrière l’orbite de l’œil. Une lignée porte la mutation humaine du syndrome de DAVID, une maladie rare associant immunodéficience sévère et auto-immunité, ce que le porteur nomme un « phénotype dommageable ». Il écrit que les études in vitro ont « largement validé » l’effet de cette mutation sur les lymphocytes, puis conclut que le recours aux rats reste « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Des mutations sur le gène étudié ont été identifiées chez des patients atteints du syndrome de DAVID, maladie autosomique rare associant des syndromes d’immunodéficience sévère et d’autoimmunité, ainsi que des déficits de certaines hormones hypophysaires. Nous disposons au laboratoire d’un modèle rat porteur d’une des mutations identifiées chez des patients atteints du syndrome de DAVID. L’objectif est d’utiliser ce modèle pour analyser l’impact de cette mutation dans la fonction et la différenciation des lymphocytes, dans les phénomènes auto-immuns sévères et dans les mécanismes de « tolérance centrale thymique », mécanismes qui permettent à ces lymphocytes de ne pas attaquer le corps lui-même.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettra d’évaluer si la transplantation de cellules souches hématopoïétiques (cellules spécialisées qui se trouvent dans la moelle osseuse, l’organe responsable de la production de toutes les cellules sanguines : globules rouges, globules blancs, et plaquettes) serait susceptible de réduire la sensibilité aux infections récurrentes et de réduire les symptômes d’autoimmunité chez les patients porteurs de cette mutation dans le gène étudié.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
– 1 irradiation de 9 min aux rayons X (la moitié des animaux du projet) – une injection en intraveineuse de cellules de la moelle osseuse d’animaux donneurs. Les animaux seront ensuite placés sous lampe chauffante et surveillés jusqu’à leur réveil (la moitié des animaux). – Un prélèvement de sang derrière l’orbite de l’œil sous anesthésie et analgésie locale (gel ophtalmique) (la moitié des animaux). En cas d’atteintes de points limites avant la fin de la procédure, les animaux seraient mis à mort pour abréger leur souffrance.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sont principalement 1. légère douleur liée à l’injection de cellules de la moelle osseuse ; 2. douleur légère et de courte durée, ainsi qu’un stress lié au prélèvement sanguin réalisé derrière l’orbite de l’œil.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort de l’ensemble des animaux à la fin de l’expérimentation pour effectuer des prélèvements de tissus post-mortem.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des études « in vitro » ont largement validé l’impact de la mutation du gène étudié dans la fonction et la différenciation des lymphocytes. Néanmoins, ces études in vitro ne sont pas suffisantes pour répondre au défaut de « tolérance centrale thymique » (mécanismes qui permettent aux lymphocytes de ne pas attaquer le corps lui-même) à l’origine des troubles auto-immuns sévères observés chez les patients atteints du syndrome de DAVID. Des études chez l’animal en utilisant ce modèle de rats génétiquement altéré sont donc indispensables.
2. Réduction
Le nombre d’animaux par groupe est réduit au nombre nécessaire et suffisant pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Quatre-vingt rats maximum ont été estimés pour réaliser ce projet. Ce chiffre pourra être revu à la baisse, pour: – les donneurs de moelle osseuse si la quantité de cellules obtenues est bien au-delà de la quantité nécessaire. Le surplus de cellules sera congelé pour être utilisé dans une autre expérience. – le nombre d’expériences indépendante pourra être réduit à 3 si les résultats sont fiables et assez reproductibles pour en tirer des conclusions solides.
3. Raffinement
Les animaux seront surveillés à chaque étape critique de la procédure: – suite à l’irradiation des animaux aux rayons X, – suite à l’injection de cellules de la moelle osseuse – suite au prélèvement de sang. Si un signe clinique sévère est observé et/ou un point limite atteint, l’animal sera sacrifié pour des raisons éthiques. Afin de réduire le stress, différents types d’enrichissement (briquettes de bois, tunnel en carton) sont placés dans les cages et les rats seront à 2-3 par cage pour éviter leur isolement. Si un animal présente des signes de faiblesse mais sans atteintes de points limites, il pourra faire l’objet d’un isolement temporaire pour éviter tout comportement agressif de ses congénères. Les animaux à phénotype dommageable seront suivis comme les autres : suivi de poids, surveillance de prostration éventuelle.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les rats sont de bons modèles d’étude de par leur facilité d’entretien, de stabulation, de manipulation, et leurs similitudes physiologiques avec l’espèce humaine. L’utilisation préalable de ces animaux par des équipes scientifiques internationales permet à d’autres travaux de recherche de débuter avec une base solide (connaissances théoriques, modèles, équipement, …). De plus, le modèle rat a été choisi car nous disposons de 2 lignées de rats génétiquement modifiés pour ce projet: – une lignée de rats exprimant constitutivement une protéine fluorescente verte, utilisée comme donneurs de moelle osseuse – une lignée de rats porteurs de la mutation d’intérêt dans le gène étudié, utilisée comme receveurs de moelle osseuse. Nous utilisons cette lignée à phénotype dommageable parce que ces animaux sont porteurs d’une mutation dans le gène étudié, comme celle présente chez les patients atteints du syndrome de DAVID, et qui est à l’origine des troubles auto-immuns sévères observés chez ces patients. Les rats utilisés auront entre 6 et 7 semaines.